samedi 30 juillet 2011

Retour sur Blogger...

   
... après 3 mois d'absence

Lac Kokonor - Heimahe
Trois mois déjà que la souris ne me conduit plus sur ce blog. Il faut le savoir, ce blog sur la Chine, écrit depuis la Chine, n'y est accessible que grâce à un proxy. Freesurf marchait bien jusque là. A télécharger avant d'aller en Chine, il n'est pas bloquable du fait qu'il se renouvelle régulièrement. Mais il a ses limites. Mon université, plus politisée et plus autoritaire que les universités fréquentées précédemment (elle a aussi un aspect très militaire) a décidé de renforcer son propre proxy et firewall. Du fait que l'on ne pouvait aller sur Internet qu'à travers son proxy, Internet a été beaucoup plus limité durant cette année et j'ai même dû renoncer à mon Mac Ibook sur lequel le programme du proxy universitaire ne tournait pas. Résultat, un Internet incroyablement lent, sur un ordinateur encore plus lent (20 min pour ouvrir un programme, 5 minutes pour réduire une fenêtre, s'en est trop pour quelqu'un qui aime la simultanéité et déteste attendre).

Bref, au final, je me suis beaucoup moins connectée, cela devenait trop astreignant et lorsque le proxy universitaire a été renforcé peu apèrs le dernier billet publié ici, je n'ai plus pu me connecter.

De retour en Suisse pour une vingtaine de jours, je vais donc rattraper un peu et l'année prochaine, ayant changé d'employeur et de politique de contrôle d'internet, je serai à nouveau régulièrement sur ce blog. J'entame cette année scolaire ma dernière année en Chine, ayant grand besoin de voir autre chose. Je n'ai donc plus qu'une année pour parcourir les régions que je tiens encore à explorer: le Xinjiang, la route entre le Sichuan et le Yunnan, les profondeurs du Qinghai, l'ouest du Yunnan, possiblement le Tibet. C'est sûr, je n'y arriverai pas. Difficile de voir toute la Chine en 5 ans. Mais je reviendrai...

Cet été, la route nous (j'étais accompagnée) a emmené sur les reliques bouddhistes de la route de la soie, à travers le Gansu, avec une petite excursion en Mongolie intérieure. Nous sommes parties de Pékin pour rejoindre Datong (splendide) puis Hohhot vu que c'est juste à côté avec une expérience extraordinaire dans la steppe et certainement le plus beau lever de soleil que j'aie vu à ce jour... dommage que j'aie oublié la batterie de mon Nikon à Hohhot. J'emprunterai donc les photos de mon amie. De Hohhot, nous avons rejoint Yinchuan (arrivée à 3h du mat - bol de nouilles) puis Zhongwei (étape repos-désert) avant d'aller explorerr les beautés alpines de Zhangye puis de rejoindre Dunhuang... et une tempête de sable. Retour sur Xining avec escale lever de soleil sur le lac Kokonor à Heimahe. Tout cela fera l'objet des prochains billets sur ce blog.

Important: pour les voyageurs qui veulent rejoindre Yushu das le Qinghai - détruite par un tremblement de terre l'année passée, Yushu a besoin d'aide. En discutant avec une femme originaire de Yushu, qui travaille à l'agence Tibetan Connections, juste au dessus du Lete Youthhostel, j'ai appris qu'il est possible de loger à Yushu, même si tout est encore en très mauvais état, et que le meilleur moyen d'aider les gens de Yushu et d'aller leur mettre les dons en personne dans les mains.

Retour à Chongqing...

 
... après deux ans


L'avion de Tianjin a fait une escale à Taiyuan, dans le Shanxi. Par ce jour clair et venteux (on a été bien secoué, merci, j'apprécie toujours autant les voyages en avion...) le Loess s'est déroulé sous nos yeux comme un grand drapé de terre. Des canyons, des villages de terre perchés sur les monts ou enfoncés dans les gorges rouges. Très peu de verdure. Après deux mois de sécheresse, c'est peu étonnant. Le paysage reste dramatique et il n'est pas difficile d'imaginer que l'on survole ici une terre misérable, peu accueillante. On comprend aussi pourquoi la région fournit la plus grande partie du charbon de Chine. Hostile et fascinant. Survoler le Loess, c'est comprendre enfin de quoi on parle quand on le mentionne.

L'arrivée à Chongqing est un choc... de verdure. Après les terres poussiéreuses et assoifées du Loess, la riche explosion d'émeraude de Chongqing fait un bien fou. Je ne me souvenais pas que Chongqing fut aussi verte! L'aéroport est planté dans les rizières et le villages que l'on se promet d'explorer plus tard (même si on ne sait pas trop comment les rejoindre ensuite). Sur la piste d'atterrissage, l'avion se dirige vers le terminal. Un poulet court à côté. Bienvenue à Chongqing! La plus grande métropole paysanne du monde!

Après deux ans, je suis curieuse de voir combien la ville a changé. Après tout, elle connaît le développement le plus rapide au monde. Et bien, Chongqing reste Chongqing. Un peu plus propre? Quelques nouveaux gratte-ciels? Oui, certes, quoi que... La où le développement a fait perdre une bonne partie de son âme à Xi'an, il n'a pas touché celle de Chongqing. Ici, les gens sont près à voir pousser des immeubles, des métros, des routes et de grands restaurants, ils n'arrêteront pas, cependant, d'aller se manger des sha kou dans la rue en pleine nuit, de vendre des légumes sur les trottoirs, de parler fort en gesticulant, de porter leurs enfants dans des paniers d'osier accrochés à leurs dos. Il faudrait plus que le développement pour changer les gens du Sichuan, et c'est tant mieux.

Bientôt, le métro va ouvrir. On pourra même le prendre à l'aéroport, au grand dame des chauffeurs de taxi qui le maudissent déjà. Je ne suis pas sûre que ça va désengorger Chongqing. Après tout, un million de paysans viennent s'y installer chaque année, d'où cette âme profondémment campagnarde, qui rend Chongqing si attreyante, car fascinante.

Ilôt de vieux Chongqing
Shapingba
Gele Shan à Shapingba

Article précédent sur Chongqing

samedi 28 mai 2011

Chengde, villégiature de l'empereur Qianlong...


... et merveilleuse pause de verdure loin de Pékin

Ce n'est pas pour le Palais d'été que l'on vient à Chengde, mais pour la verdure de son gigantesque parc (réserve de chasse de l'empereur) où autrefois galopaient les milliers de chevaux que Lang Shining peignait, entourés de rondes collines vertes sur lesquelles se dressent d'étranges rochers. On y vient aussi pour ses multiples temples - Qianlong était bouddhiste - dont une réplique du Potala bâtie en l'honneur du Dalaï Lama de l'époque, pour l'accueillir. Tous les temples ne sont pas fantastiques mais certains abritent des merveilles. il y a tout de même quelques merveilles à couper le souffle: la statue de Guanyin au temple Puning m'a donné le vertige et j'en avais les larmes aux yeux (je suis émotive) tant c'était beau! Quant à la réplique du Potala, elle contient deux superbes pagodes de bois de santal, de 19m de haut!

Chengde est aussi agréable le soir. Petites rues pleines de stands pour se nourrir, ambiance populaire et chaleureuse. Dommage, cependant, que le logement y soit aussi cher. Son aura touristique a fait exploser les prix (à se propos, ne surtout pas acheter de l'eau dans les parcs, elle coûte cinq fois plus cher que dans les supermarchés).

Photos!

Loin de la pollution de Pékin

Un "temple du ciel" abandonné dans les collines

De drôles de rochers sur les collines

Terrain de chasse au centre de la ville

Sur la muraille de Chengde, autour du Palais d'été

Une copie du Potala pour accueillir le Dalaï Lama

Dévotion
Drôle de posture, pour un éléphant

vendredi 22 avril 2011

Temple de Tanzhe à Pékin

Depuis Pinguoyuan, à l'extrême de la ligne 1 du métro, il est possible de s'évader un peu dans les montagnes. Le bus 931 (format tourisme, c'est-à-dire celui qu'il faut attendre très longtemps) va jusqu'au temple de Tanzhe en passant par le temple Jintai, près duquel il est aussi possible de s'arrêter (deux arrêtes plus loin il y a un croisement qui permet de partir simplement dans la montagne).

En cette saison, alors que cela fait deuxd mois qu'il n'a pas plu, la nature est un peu sèche mais la floraison des lilas et des pruniers vaut le coup d'oeil.

Le bus était bondé à l'aller (une heure coincée contre un homme qui serrait dans sa main un carton de cartouche à cigarettes avec un pigeon halluciné de peur dedans, qui assez régulièrement, se débattait). Au retour, le bus est toujours bondé, au grand dame de ceux qui ne sont pas montés à Tanzhe Si. Raison pour laquelle je ne visite pas Jietai Si. Au pied de la montagne, Pékin envahit la campagne. Un nouveau quartier, que dis-je, une nouvelle ville est en train de pousser. L'homme au pigeon conseille à deux femmes qui veulent voir Jietai SI, d'aller jusqu'à Tanzhe. L'une des raisons étant l'horrible chantier que domine le temple.

Tanzhe Si est sensé être très ancien. Ce n'est pas le cas des bâtiments, mais il y a dans la première cour un genko biloba de 1400 ans! Pour le reste, la balade vaut le détour seulement pour l'évasion dans la montagne et la beauté des arbres en fleur en cette saison. Les nombreux stupas sont un régal avec les fleurs. En revanche, la caverne du tigre ne vaut vraiment pas que l'on s'use les pieds. En effet, elle marque le fait qu'un moine médecin vivait là. Il soignait les gens gratuitement mais avait apparemment un très mauvais caractère. Du coup, les gens le prenait pour un fou ou un démon. Selon la légende, il aurait apprivoisé un tigre (métaphore de son caractère?) Mais qui a dit que la générosité s'accompagnait d'un bon caractère? Bref, pour marquer sa grotte, on peut admirer le tigre en plâtre le plus mal fichu et le plus pouilleux possible.

Parmis les choses intéressantes, il y a tout de même ce petit pavillon avec un labyrinthe d'eau (sans eau) qui vu dans un sens a la forme de la tête d'un dragon, et celle d'un tigre vu dans le sens opposé.

Anse d'une cloche: en voilà un qui a bu du Pu'er

L'eau du labyrinthe se déverse ici

et forme la tête d'un dragon

ou celle d'un tigre

Le printemps reste la saison idéale pour visiter

Pagodes et stupas marquent les tombes de moines prestigieux
dans la forêt des pagodes


lundi 18 avril 2011

Huxian...

   
... le "village" des paysans artistes

C'est ainsi qu'est présenté Huxian. En fait, c'est tout d'abord une municipalité et donc une petite ville, ensuite, le village des peintres est un quartier réservé aux peintres... qui n'ont plus grand chose à voir avec des paysans. A part leurs peintures peut-être qui reproduisent, pour la majorité, la vie quotidienne dans les campagnes chinoises. Celle d'autrefois et celle d'aujourd'hui.

En se baladant dans le quartier musulman de Xi'an, le touriste sera sûrement attiré par ces oeuvres naïves représentant des scènes de la vie quotidienne. J'ai d'ailleurs craqué pour trois peintures. Mais d'où viennent ces peintures? Cela faisait longtemps que j'avais envie d'aller jeter un oeil à Huxian, histoire de voir les artistes au travail. Ma vision romantique de la chose me faisait imaginer une vraie kermesse de peintures sur un marché ouvert dans un village des plus ruraux... avec de la nature autour, quoi. Le bus m'a emmené dans une petite ville des plus ordinaires et, après un passage au musée des peintres du Shaanxi, un petit tour dans le "village" des peintres m'a permis de visiter quelques galeries bien établies. Personne dans les rues, on est loin de la kermesse vivante imaginée... Et les gens ne se déplaçant pas forcémment jusqu'à Huxian, le meilleur choix reste à Xi'an.

Le musée reste néanmoins intéressant, car les peintures évoluent de la propagande communiste (travailleurs heureux et unis tout sourire, beau et musclés, se mettant au travail ou posant devant de belles récoltes) à la peinture rupestre montrant plein de petits détails de la vie paysanne en Chine, comme la fabrication de la soie, la naissance d'un cochon, une grand-mère et son petit-fils... Un bon plat de nouilles du Shaanxi pour couronner le tout: la journée fut finalement intéressante, sinon surprenante.

Cliquer sur les photos pour les agrandir afin de voir les détails amusants:

Propagande pour un monde idéal...
... et anticapitaliste. Heureusement que le naturel
ne revient pas au galop!
Sur ces produits typiques du Shaanxi, des motifs récurrents d'insectes
apparaissent. Mes étudiants n'ont pas su me les expliquer. J'adorerais savoir
pourquoi les paysans du Shaanxi utilisent les insectes dans leurs décorations
Récolte de racines de lotus: hmmm!
Dans cette ferme, apparemment, on élève aussi des scorpions
Culture des vers à soie: et non, on ne teint pas la soie,
les cocons sont déjà colorés :-)

dimanche 17 avril 2011

"Meurtres pour tuer le temps" - Akagawa Jiro

  
Une panthère rose japonaise

La famille Hayakawa est pour le moins peu ordinaire, autant le dire. Chacun de ses membre a son petit secret que tous les autres ignorent: tueur à gage, arnaqueur ou cambrioleur. Seul Masami semble être honnête.

Le jour où Tachibana, japonais milliardaire et roi du pétrole, va exposer dans un hotel de luxe son incroyable collection de diamants, la convoitise autant que les haines rancunières sont attisées et chacun des membre de la famille se met à orbiter autour de l'hotel, en secret des autres. Provoquant ainsi quiproquos et situations cocasses.

"Meurtres pour tuer le temps" est avant tout un polar comique. Rythmé, enjoué, drôle, il présente moins des situations inattendues ou originales que des rires naturels en tirant sur les ficelles qui marchent. Difficile de ne pas penser au commissaire Clouzot dans cette enquête burlesque et légère qui fait passer un bon moment de détente pendant les vacances. Un livre pour la plage, une plage japonaise de préférence.

samedi 16 avril 2011

Plantons des arbres...


...pour la prospérité de Tianjin et l'amitié intercommunautaire

C'est du moins à cela que doit ressembler un bon discours politiquemment correct. Nous voilà donc réunis, apparemment pour la troisième année, dans un champ, entourés de pêchers, des pelles enrubannées nous attendent au bord du sentier bordé d'un tapis rouge qui mène à l'estrade aux discours qui vont bien prendre un heure, avec remise de diplômes de plantage à un groupe d'expats enrubannés. Tout cela sur le fond de l'habituelle musique militaire. La plantation des arbres ne prendra pas plus de 30 minutes. Planter des arbres (on ne nous a pas dit lesquels, peut-être des pêchers) n'est certes pas une mauvaise idée, surtout pour quelqu'un qui, comme c'est mon cas, rencontre parfois des problèmes embarrassant avec la photocopieuse. La fête de la plantation des arbres étant officielle, on en plante un peu partout en Chine. Mais tout cela reste surtout de la parade pour journalistes. La traditionnelle façade. Les travailleurs qui plantent les arbres d'habitude auraient mis moins de temps et seront de toute façon obligés de repasser derrière pour replanter ces pauvres arbustes symboliques plantés par des amateurs qui, pour la plupart, repartent les mains propres. Au moins, les enfants des écoles internationales présentes se sont (j'espère) bien amusés.

Tapis rouge pour "les amis de Tianjin"

Chaque école brandit son drapeau

Au boulot

vendredi 8 avril 2011

Un vent de printemps souffle...

 
... sur la tristesse des jours

Un mois à peu de chose près que ce blog sommeille. L'ordinateur de service fourni par l'université, qui se distingue par une lenteur à rendre fou le plus zen des informaticiens, couplé avec un accès à Internet scabreux et presque aussi lent que l'ordinateur (l'opposé de la vitesse de la lumière existe, faut lui trouver un nom) ne m'ont pas beaucoup encouragée. A cela s'ajoute beaucoup de travail (les étudiants n'arrêtent pas de passer des examens) et une routine morne dans ce petit coin isolé de la terre, loin de tout. D'autant plus morne que le contact avec l'extérieur par les journaux est franchement déprimant. Catastrophes, guerres, répression, emrpisonnements arbitraires... ça donne la nausée. Et je préfère ne pas écrire ici quand je suis en pétard.

Il est cependant impossible de rester insensible à la splendeur du printemps, même dans ce lieu désertique qu'est le campus - car heureusement, il y a quelques arbres fruitiers qui s'en donnent à coeur joie, sous un ciel splendide. S'ajoute à cela un petit voyage de Qing Ming à Xi'an (où le ciel était bien moins accueillant) qui vit son sakura kyotoïte. Car Xi'an est liée à Kyoto. En effet, à l'époque de sa construction, Kyoto a été conçue sur le modèle de Xi'an, qui alors était une grande capitale. Il semble qu'il est possible de retrouver Xi'an dans les rues de Kyoto, dans son plan de construction, mais je n'ai personnellement pas remarqué :-)

Voici donc la récolte de ce printemps.



Le parc de XinQing à Xi'an se reflète dans les bulles de savon des enfants


Celles de l'année passée sont ici

dimanche 13 mars 2011

Tableaux de pierres...

... qui rêvent.

La mer, un nuage, une ondée, quelques herbes qui tremblent sous la caresse de la brise, le printemps qui explose ou une nature figée sous le doigt givré de l'hiver. Des espaces vastes qui invitent au voyage, des détails précis qui émerveillent par leur délicatesse. Le temps qui passe, incrusté dans chaque pierre. On peut y voir tout cela, et même plus, dans ces tableaux de pierres brossés par la main de la plus grande artiste... la Nature.

Qui n'a jamais regardé les nuages prendre des formes fantaisistes mais familières? Observé un dragon de coton prendre un visage humain puis se diluer, un éléphant surgir, une aile se déployer dans les cumulus et les stratus? C'est de ces yeux-là, directement reliés à l'imagination, qu'il faut faire usage lorsque l'on pénètre dans le musée des "pierres de rêve" de Tongli. Une collection privée de tableaux de pierre aux titres poétiques appellent à l'imagination, et à la contemplation. Il faut rejoindre l'esprit voyageur du collectionneur, s'évader dans ces paysages de silice et de lychen. Un très beau musée qui en apprend long sur la perseption qu'on les chinois des paysages dasn l'art.

Un payasage de montagnes et de brume, un sentier pierreux,
des buissons que le vent caresse. Peut-être, quelqu'un vient de passer.
Delta vu du ciel? Ou pin se penchant sur un sentier
que gravit un homme, la tête penchée?
Aurore ou crépuscule?
Personnellement, j'y vois une chauve-souris de feu.

Pris d'une page d'un livre superbe
exposant les tableaux par thèmes


samedi 12 mars 2011

  
Très attristée et de tout coeur avec le Japon.

vendredi 11 mars 2011

Flâneries dans les ruelles anciennes...

 
... de la petite Venise Chinoise


Coup de coeur. On est dans le Jiangsu, région qui n'est touristique que vers son extrêmité sud, avec la célèbre ville des jardins chinois: Suzhou. Le car traverse des paysages monotones et industriels. Difficile d'imaginer que pas très loin, à une heure de route, je me plongerai dans un pittoresque vieux village traversé de canaux que surplombent de petits ponts et au bord desquels les aînés assis sur des bancs de pierre se perdent dans leur contemplations, papotent joyeusement ou jouent aux cartes ou au majong tandis que des lavandières me sourient au passage.

Tongli est un trésor. D'accord, je dis souvent ça, mais malgré le prix d'entrée (80 yuans) qui me faisait redouter un parc d'attraction culturel clinquant de faux et bourré de touristes en plein shopping, Tongli garde son charme de petit village ancien à la vie tranquille. En tout cas en hiver. 

Il faut y passer la nuit pour vraiment en profiter. Premièrement parce que le coucher du soleil y est superbe. Mais aussi parce que cela vaut la peine de flâner, plutôt que de visiter au pas de guerre, les demeures anciennes pleines de jeux de trompe l'oeil, de couloirs, de pleins vides et d'intérieurs extérieurs, et de profiter des nombreux musées sur toutes sortes de thèmes différents, comme les ornements de bois sculptés (superbes), une collection de pierres de rêve, des lits traditionnels ou le musée du sexe qui joue sur les tabous des visiteurs... alors même que le sujet est plutôt inabordable en Chine. Un must pour tout visiteur sur Shanghai qui aurait envie de s'évader un peu, de fuir la modernité et les gratte-ciels (mais peut-être pas le week-end... car Tongli est le lieu d'évasion des shanghaiens).






dimanche 6 mars 2011

Une délicate touche d'art de vivre...

 
... à la japonaise.

En yukata, autour du kotatsu
dans la chambre d'un ryokan
Le Japon. La première idée qui me vient à l'esprit quand j'y pense, c'est le raffinement. Les étoffes finement décorées de fleurs de cerisiers, les bâtisses anciennes à la ligne pure et sobre, les jardins silencieux qui plongent dans la contemplation, le silence d'une porte de bois et de papier qui glisse, le frôlement d'un pied sur le tatami. C'est ce calme et ce raffinement que je vais y chercher chaque fois que je m'échappe de Chine par le Levant.

Les bourrasques de neige obscurcissent le paysage. Mon amie s'inquiète. Le train entre en gare. Sur le quai, quelques passionnés, bien armés sont en position et titillent énergiquement l'obturateur de leur appareil photo. Je suis toujours surprise de voir à quel point les japonais sont passionnés par leur propres trains. Pas une gare sans que quelques photographes se contorsionne dans tous les sens pour avoir la meilleure vue possible sur le train.

Le nez caché dans l'écharpe, la tête basse, nous affrontons la tempête de neige. De grosses pattes d'ours tombent sans discontinuer. Heureusement, le vent se repose un peu. Devant la station, un groupe est assis sous un bel auvent de bois, les pieds trempés dans un petit canal d'eau chaude. C'est le premier onsen, ou bain thermal. Kinosaki en regorge. C'est bien pour cela que nous sommes là.

La rue principale est bordée de petits magasins proposant principalement du crabe, souvent vivant, et franchement énorme, spécialité du coin. Un immense crabe-robot remue ses pattes contre l'une des façades. Nous ne sommes pas loin de la mer. On est jamais loin de la mer, au Japon, mais là, disons qu'on est encore plus proche que d'habitude. Même si au premier abord, nous sommes en montagne. Nous rejoignons notre ryokan.

Les chaussures abandonnées à l'entrée, les pantoufles devant la chambre, la porte de notre chambre glisse et notre hôtesse, agenouillée à l'entrée nous salue d'une révérence. Elle nous explique que le ryokan lui-même possède son propre onsen, nous donne notre carte pour accéder à tous les bains et nous sert un bon thé vert légèrement fumé. Deux friandises de sucre en forme de geta, la fameuse sandale de bois japonaise, l'accompagne. Nous nous réchauffons, les pieds sous le traditionnel kotatsu, la table chauffante (à infrarouge) recouverte d'une couverture, qui servira de chauffage pour toute la chambre pendant notre séjour. Puis nous nous changeons.

Pieds nus (et rouges) dans les getas, en yukata,
devant le 2ème onsen
Les yukatas nous attendent, identiques. Mon amie exprime à nouveau son inquiétude. Il commence à faire nuit dehors et la neige continue de tomber à gros flocons: ne ferions-nous pas mieux d'y aller avec nos habits d'hiver? On va mourir de froid en yukata! Mais le yukata est double et s'accompagne d'une troisième petite veste. Allez, ce sera beaucoup moins drôle si on ne joue pas le jeu jusqu'au bout! Je me débat avec les chaussettes à geta, dont le pouce du pied est séparé. C'est normal que l'ouverture pour les autres doigts de pied soient d ela même taille que celle pour le pouce seul? Après avoir bien trié et remis à leur place tous les doigts de pieds, la chaussette finit par presque s'enfiler. Il reste quand même un bon bout qui pend devant. Mon amie me regarde avec une pointe de désaccort dans le sourire. Euh... Y'a un truc qui joue pas? Le yukata. Il faut passer la pan droit sur le pan gauche, quand on est vivant. Ah. Nous chaussons nos geta de bois. Avec le sol pavé et enneigé dehors, ma première pensée est qu'on va se casser la g.... bobine! Parapluie verts en main, en harmonie avec nos vêtements, petit panier au bras, pour nos affaires de toilettes, nous nous attaquons à la nuit... et aux flocons. On va commencer par l'onsen le plus éloigné! Etonnament, il ne fait pas froid. Efficace, le double yakata. Et heureusement que le vent est allé se coucher avec la nuit!

La ruelle suit la rivière, qu'enjambe de vieux ponts de pierres. Des lanternes de pierre les éclairent. La neige fait un bruit doux en venant s'écraser sur le parapluie, tandis que nos geta claquent sur les pavés mouillés. Nous croisons des groupes en yukata et parapluie. Chaque hôtel a sa propre couleur et les groupes s'harmonisent entre eux. C'est superbe, c'est femmes en yukata et geta, sous leur parapluie, qui se dissolvent dans la nuit et la neige. Le rêve d'un peintre! De temps à autres, nous rencontreons des groupes qui se sont arrêtés en chemin pour se réchauffer les pieds dans un onsen publique, sous un vieux toit de bois. Des jeunes filles rient à ma curiosité et à mon étonnement. On y cuit aussi des oeufs durs!

Le peintre E. Delacroix aurait adoré ça. Femmes aux bains. Assises sur de petits tabourets de plastique, des femmes se savonnent énergiquement. Un bassin de bois à leur pied récolte l'eau pour se rincer, la douche chaude chante de tout côtés. Dans le bassin, des femmes papotent gaiement, c'est très bruyant, joyeux, vivant. Après m'être rincée méticuleusement, de manière à ne pas laisser une bulle de savon venir s'égayer dans le bassin, je m'y enfonce lentement. Très, lentement! Après avoir marché en geta-chaussettes sous la neige, mes peids sont gelés. Un peu le contraire de l'eau, qui est à deux doigts d'entrer en ébullition! Ouch! Le pire, c'est qu'on s'y fait! Mais ce n'est supportable que si la moitié supérieure du corps, et surtout les bras, restent dehors. Nous nous glissons rapidement vers le bain extérieure. Il est prit dans la forêt de montagne, pleine de nuit et de mystère, tandis que la neige virevolte à gros flocons. Nous nous amusons à attraper les flocons avec la langue, depuis notre bain chaud. Plus tard, après avoir visité trois onsen (à pieds nus dans nos geta, nos chaussettes n'ayant pas resisté au premier trajet dans la neige et les jets d'eau anti-givrant), nous irons déguster quelques sushis dans un petit restaurant familial. C'est beau, l'art de vire à la japonaise... en hiver.

Docteur es "jouissances de la vie au pays des onsens" à Yudanaka

Pour visiter Kinosaki

jeudi 3 mars 2011

Setsubun Mantoro à Nara

   
Des daims et 3000 lanternes qui éclairent la forêt

Le 3 février dernier, jour du Nouvel An en Chine et de mon arrivée au Japon, Nara fêtait le Setsubun Mantoro, ou festival des lanternes.

A une heure de Kyoto, Nara est une petite ville au charme fou, surtout dû à son superbe parc dans lequel reignent les daims, libres, curieux et gourmands, animaux sacrés et donc respectés, ce qui les rend peu timides. Ils sont la première attraction touristique de Nara. La seconde, c'est le festival du Setsubun Mantoro.

C'est l'après-midi, il fait beau et même chaud. Autour des premières pagodes, un groupe de touriste japonais ont remplacé l'appareil photo par des pinceaux et de l'aquarelle. J'adorerais rejoindre leur classe. Ah! Illustrer mon blog par des aquarelles! Peu après les pagodes, on quitte le parc et entre dans le monde des daims. Ils sont partout. Au premier daim, je dégaine l'appareil, mais comprends rapidement que je vais avoir beaucoup d'occasions de faire de très beaux portaits animaliers sans trop me fatiguer. Il y en a jusque dans les échoppes! Pour les passionnés absolus, il est même possible de s'offrir un sert-tête orné de cornes de daims en peluche!

Je monte la colline entre forêt et lanternes de pierres couvertes de mousse. Rejoins le temple Todai-ji pour voir le Grand Bouddha (mais arrive peu après la fermeture) et profite juste au bon moment du coucher de soleil depuis Nigatsu-do. Il va être temps de rejoindre la forêt, ou les lanternes de pierres ont été allumées. On se croirait dans un conte de fée. Tout autour du temple Kasuga Taisha. Il y en a 3000! Et les gens portent de petites lanternes. J'en achète une. Tout de suite, les gens réagissent à mon lampion. Ils sont contents de me voir prendre part activement au festival. On me sourit, me fait un hochement de tête.

A 19h00, je retourne aux pagodes du temple Kofuku-Ji ou les danses et la distribution de haricots va commencer à 19h00. Setsubun est le festival du jour d'avant le printemps. Afin de se protéger des démons, les croyants vont éparpiller des haricots qu'ils auront reçus des mains des prêtres devant leur maison. Les moines prient toujours à mon arrivée tandis que la foule grossit. Des officiels sont présentés, ils distribueront les haricots après les danses, puis deux danseurs portant des masques de démons entrent en scène, avec des armes et dansent une sorte de combat dans lequel ils prennent des pauses menaçantes. La foule s'aligne devant les tables pour recevoir ses haricots.

Ce festival a aussi lieu en été.

Quelques infos ici.

dimanche 27 février 2011

Voyage aux sources de la céramique - part. 3

 
La céramique japonaise

A Shanghai le dernier week-end de janvier, et désireuse de fuir les pétarades du Nouvel-An chinois, j'ai sauté sur le paquebot en partance pour Osaka, un voyage bon marché et agréable que je conseille à ceux qui aiment prendre le temps du voyage et rencontrer des gens. Car 46 heures sur un bateau, ça veut dire pas mal de rencontres, deux soirées karaoké, quelques parties de cartes et pas mal de tchatche, en anglais, en chinois et parfois même en français. Les chinois parlent japonais, les japonais parlent chinois, et quelques occidentaux qui pour la plupart vivent en Chine ou au Japon et sautent d'une langue à l'autre. Une très belle expérience.

Ayant commencé mon voyage sur le thème de la céramique, j'ai été tentée de continuer au Japon. Seuls les prix très élevés des transports (et de la vie en général, quand on vient de Chine ça fait un choc quand même) m'ont découragée de vraiment en faire le tour, craignant principalement de me retrouver, comme en Chine, à visiter des ateliers vides pour l'hiver. Surtout que les centres de la céramique japonaises sont assez éloignés les uns des autres. Il faut en fait descendre dans le Kyushu pour admirer les sites les plus intéressants de la poterie japonaise, surtout Imari et Arima, mais une virée au fameux Himeji, le château le plus célèbre du Japon, malheureusement en réfection en ce moment (il est complètement emballé), peut se combiner avec une petite escapade à Bizen. Je me suis contentée de Kanazawa, ayant guidé mes pas vers Nagano et les Alpes japonaises. Nostalgie de ma part?

A Kanazawa, un petit musée de la poterie permet de voir les différentes étapes de la production et de décorer soi-même sa porcelaine. Je n'ai en revanche pas trouvé le musée Ohi franchement passionnant.

La différence de chaleur répartie sur le plat pendant la cuisson fait
la différence de couleur que prend le vernis

L'or, le fer et l'argent sont utilisés dans les teintes de ce motif

En séchant, le gobelet perd 10% de sa masse et le vernis se craquelle

Motifs à base d'or et de fer

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