vendredi 28 mars 2014

Ca y est, c'est fait! J'ai 40 ans...


40 briques et des poussières

... et je suis toujours en Chine...


... et j'attends...

... je ne sais trop quoi...

... peut-être la tonne de briques sensée me tomber sur le coin de la figure...

... elle est où ma tonne de brique?

... diable, c'est aussi morne que quand j'avais 39 ans.

Les rêves ont évolué un peu quand même- à vingt ans je rêvais de faire le tour du monde à cheval. A 40 je rêve de faire le tour du monde à cheval (avec une selle western plus confortable) et d'avoir une cahute perdue dans la nature où revenir et me reposer un peu avant de reprendre la route. C'est devenu important de savoir où revenir. Va falloir se méfier - je risque de devenir sédentaire avec des sentiments comme ça.

La preuve par l'image? Mon tableau pinterest "maisons de rêve" grossit à vue d'oeil, les autres en revanche ...

Voilà, c'était juste pour écrire quelque chose sur le sujet. Faut bien. 40 ans, il paraît que c'est important.

mardi 25 mars 2014

Comment rattraper un dimanche de beau temps sur le point de devenir un cauchemar...


... un trésor au bout de la route

Ma mère - qui ne connaît pas la Chine et voit les choses à l'échelle de la Suisse - se demande souvent pourquoi je reste planquée chez moi quand il fait beau plutôt que de "partir à la découverte". J'admets souvent me poser la même question vu que j'adore partir à la découverte - mais pour moi cela signifie une immersion assez rapide dans la nature - de la belle vraie nature sauvage pleine... de nature. Pour cela je dois dire que la Suisse me manque - de Lausanne on se retrouve en pleine montagne en moins d'une heure.

Il y a beaucoup de choses à voir en Chine - et, pour le temps d'un weekend, il y a pas mal de choses à voir à Canton aussi - mais même au niveau régional, les distances sont énormes - les trajets longs et surtout laids. On peut encore se mettre en veille le temps d'un trajet pas trop inconfortable sur une ligne moins fréquentée de métro, cela devient plus difficile lorsqu'on se retrouve à avaler la poussière et les gaz d'échappement au bord d'une route morne et paumée (mais très fréquentée) à attendre un bus qui ne vient pas. Beau temps ou pas, on se met rapidement à regretter de ne pas être resté chez soi.

Ce dimanche, je me suis fixée comme objectif d'aller visiter un village dans le district de Huadu - Huang Keng - qui apparemment a son propre petit sakura, puisqu'il cultive les cerisiers. J'imagine un village un peu ancien à la périphérie de Canton avec des rues en fleurs. Ce que le site ne dit pas c'est qu'après être enfin parvenu à la station de métro d'où part le bus - qu'il faut attendre longtemps - on a environ une heure de trajet à faire (en fait il vaudrait mieux continuer en métro jusqu'à renhe) avant de devoir changer pour un autre bus plus rare qui en a encore pour une bonne demie-heure au moins. Partie de chez moi à 12h00, j'arrive enfin vers les 16h00 - 4 heures de transport publics donc dans des zones industrielles, commerciales, sans intérêt.

Le dernier tronçon de route prend en revanche une jolie tournure, le bus prend de petites routes de montagne verdoyante en suivant une rivière. On arrive tout d'abord à un village touristique - Hongshan - le mont rouge - ou des hordes de selfies fans sont venus se faire photographier dans des champs de colza dédiés au tourisme. Le bus continue jusqu'à des plantations de cerisiers - qui ne sont plus en fleurs. Le chauffeur explique que c'est la fin de la saison et qu'il reviendra dans un quart d'heure - ce sera la dernière occasion de prendre le bus de retour. Bien. 4 heures de voyage pour un quart dans au bord d'une route avec quelques cerisaies fanées. De quoi vraiment regretter de ne pas être allée se balader du côté de l'étang à côté de chez moi. Mais je constate que la montagne doit offrir de belles balades pour celui qui aurait le courage d'y revenir.

Il y a encore un ou deux arbres maigrichons en fleurs et - dans le feuillage de l'un deux, j'aperçois un reflet bleu métallique - sûrement un splendide papillon... Mon appareil photo refuse d'abord de prendre des photos - carte sd défectueuse - y'a des jours comme ça - mais la carte rapidement changée, voici le résultat et il vaut le détour...



C'est un Souimanga de Christina - forktail sunbird en anglais. Il n'y a pas de colibri en Chine mais il en a la taille et il see nourrit du pollen des fleurs. En revanche, il ne vole pas de la même manière qu'un colibri .

samedi 22 mars 2014

Tous au fourneau!


Sujet adoré des élèves - la bouffe!

Riganum = origan :-)
Les étudiants adorent voir des photos de plats - apprendre le vocabulaire des aliments à partir de photos qu'ils tentent de nommer. C'est toujours agréable d'aborder le chapitre. Mais lorsqu'il s'agit de leur demander de rédiger une recette - oh misère!

Ils perdent complètement le sens des réalités - et des proportions. On se retrouve donc avec des recettes sans titre dont on ne peut deviner le plat même à la fin - des quantités absurdes (500 ml d'huile et une pincée de sel... je sais que la cuisine chinoise use et abuse parfois de l'huile mais tout de même - ou 4 œufs et 20 gramme de farine pour faire une crêpe...)

Souvent, certaines étapes manquent - pas mal de travaux sont bâclés - bref, encore une production écrite qui les a blasé.

Partant du principe que l'étudiant moderne dispose d'un matériel sophistiqué qu'on lui interdit d'habitude d'utiliser en classe - et que les étudiants sont toujours motivés par la compétition - nous avons donc lancé un concours de vidéos de recettes. Peu accompagné, on s'est surtout contenté de donner les instructions, ensuite ils se débrouillent. Tous ont de quoi filmer avec leurs smartphones - quant à la créativité, elle est l'ombre de la motivation. Non seulement la plupart des travaux sont plutôt bons, mais les idées ne manquent pas - pas de cuisine? On dessine (j'ai beaucoup aimé le dessin de tomates remplacé aussitôt par un dessin de tomates coupées) - un oncle restaurateur? On lui emprunte son restaurant. Ou on squatte la cuisine à la aison entre amis. Un groupe a même loué une boulangerie!

Et au final nous avons obtenu des productions cohérentes, organisées avec des élèves qui parlent français, savent ou apprennent à filmer et à monter des films (certains sont allés jusqu'à mettre des diapositives de titre, photos, musique, instruction en sous-titre...) Je ne dis pas qu'on a pas vu de chose bizarres (le steak grillant dans un demi litre d'huile par exemple), mais ça tient du domaine culturel aussi (perso je ne mélange pas d'huile avec du beurre par exemple mais bon, je tiens fréquemment des débats culinaires avec mes collègues qui me montrent qu'il n'y a pas besoin d'aller à l'autre bout du monde pour s'étonner des pratiques culinaires des autres). Comme mes élèves disent avoir tous mangé et aimé leur production, on peut dire que c'est une réussite. 

Ceci me conforte dans mon idée (inébranlable) que la pédagogie de projet vaut bien plus que tous ce harcèlement grammatical dont on fait bien trop usage et qui cloisonne la connaissance sans donner l'occasion de l'exploiter vraiment - mais cela me confirme aussi que contrairement à ce qui lui est toujours opposé - manque de temps, manque de matériel - la pédagogie de projet ne mange pas plus de temps (efficacité et travail autonome) et les étudiants sont généralement déjà en possession du matériel! Autre chose à lui opposer?

Quelques perles de l'année passée ici.

jeudi 20 mars 2014

Debout les œufs!


A vos oeufs, prêt, partez!

Source: Chinadaily
Petit dialogue au passage comme ça au boulot ce soir 
- tiens, on est le premier jour du printemps!
Ma collègue chinoise:
-Oh c'est vrai? Alors on va pouvoir mettre les œufs debout!
- Pardon?
- Mon oncle, à minuit, faisait tenir des œufs debout le premier jour du printemps.

Je ne suis toujours pas sûre de comprendre mais peu à peu ça vient. Elle continue:
- C'est une tradition en Chine de mettre les œufs debout le premier jour du printemps.

8 ans que je suis dans les parages et je n'ai jamais vu un seul œuf tenir debout tout seul - mais ça peut faire un sujet d'article pour mon blog qui s'ennuie - donc petite recherche sur le net:

En français - que dalle. Personne ne s'intéresse au lever d'œufs en Chine. On se tourne donc vers l'anglais et hop! Photos à l'appui - des enfants s'entraînent à faire tenir en équilibre aux équinoxes du printemps et d'automne des œufs qu'ils ont décorés (et pas à minuit apparemment).

J'apprends ainsi que le monde entier fait de même - ah. C'est fou tout de même cette aptitude que j'ai à passer à côté des choses les plus importantes. Mais que la tradition vient de Chine - du moins les pages visitées le disent - dont une très sceptique qui va jusqu'à remonter aux sources de ce "mythe urbain" - n'ayant pas testé la chose je ne peux me ranger à cette opinion.

Bon du coup va falloir essayer - à vos œufs crus! Oui le coup du cuit posé sans délicatesse ne compte pas. Et surtout - n'oubliez pas de veiller jusqu'à minuit et de me dire si ça marche dans les commentaires. Moi, je vais me coucher.

(C'est pas que j'essaie de me défiler mais je suis née avec 4 pieds gauches - j'arrive déjà pas à faire tenir debout des objets plats alors des œufs...)

dimanche 16 mars 2014

Grossesse et maternité en Chine


Croyances et tradition

J'ai fait récemment une petite recherche sur le net pour tenter de comprendre pourquoi mes collègues chinoises enceintes se coupent systématiquement les cheveux très court. J'ai aussi posé la question à plusieurs personnes qui m'ont toutes donné la même réponse - les cheveux (en poussant) consomment trop d'énergie.

Ma petite recherche sur le net ma menée à deux articles en anglais - le premier dans un magazine online de faits divers et le second sur le blog d'une australienne mariée à un Taiwanais et racontant les  croyances et traditions autour de sa seconde grossesse ainsi que les étapes vécues - sur plusieurs articles dont de nombreux sur le zuoyuezi. Les deux se recoupent sur plusieurs points.

Taiwanxifu énumère quelques tabous entourant la grossesse. Tous visent à protéger l'enfant à naître de mauvaises influences.Parmi ceux-ci: le fait de ne pas pouvoir approcher des ciseaux de la femme enceinte ou de son lit (risque de bec de lièvre chez l'enfant) vient à l'encontre du fait que mes collègues enceintes se coupent systématiquement les cheveux très court - en fait je n'ai rien trouvé sur le sujet.

Les femmes enceintes devraient aussi éviter d'aller à des funérailles et ne peuvent pas approcher la mariée à un mariage. Ensuite, elles doivent bien sûr rester dans le calme et beaucoup manger.

S'entourer d'images de beaux enfants: cela me rappelle ma collègue à Tianjin à qui j'avais donné le calendrier de l'Avent pour ouvrir la porte du jour - elle était tombée sur une poupée - fille. A ma grande surprise, elle s'est alors mise à ouvrir toutes les autres portes du calendrier - à la recherche d'un garçon. Elle a fini par tomber sur le Christ derrière la double porte du 24. Elle a finalement eu un garçon. Je doute qu'il se mette à prêcher plus tard mais on ne sait jamais.

On apprend aussi, par le premier article, qu'il est possible de consommer son placenta - riche en protéines. Ce n'est pas nouveau en ce qui me concerne, depuis que je suis en Chine j'ai beaucoup entendu parler de la consommation du placenta - surtout dans la région de Canton (mais les non cantonais disent beaucoup de choses sur les cantonais). Ce n'est donc pas nouveau. Et le fait que l'hôpital en fasse commerce non plus. Ce que j'ignorais en revanche, c'est que la femme qui voudrait récupérer son placenta doit le racheter à l'hôpital.

Vient ensuite la tradition du "mois assis" - zuo yuezi que Taiwanxifu décrit plus en détails au cours de son vécu. Et donne les bonnes recettes dont la nourrie son ayi.

La femme qui vient d'accoucher est confinée pendant un mois et ne peux rien faire - ni la cuisine, ni s'occuper d'elle-même. Pas de rapports sexuels non plus, ça va de soi. Elle doit rester au lit, sans se laver et est prise en charge et nourrie par une aide - ayi - lorsque ce n'est pas sa belle-mère. Apparemment, à Taiwan, avec la montée d'une classe économiquement plus favorisée, il y a un grand boum des centres de confinement postnatal de luxe - sortes d'hôtels de luxe dédiés au zuo yuezi.

Cette période permettrait à la mère de reprendre des forces, reprendre forme et se dédier entièrement à son enfant.

Voilà en résumé les quelques informations tirées des deux sources citées ci-dessus. Je laisse les anglophones parcourir les divers articles du blog de Taiwanxifu à ce sujet.

samedi 15 mars 2014

Datong revisité


Je me réjouis de voir les grottes de Yungang à Datong en 3D sur le net:

Cliquer sur la photo pour suivre le lien
Ce magnifique site m'avait profondément émue et reste, à mes yeux, le plus beau site bouddhiste que j'ai visité à ce jour.

Les grottes 5 et 6 sont les plus belles et il est interdit d'y prendre des photos - ce qui permet de ressentir un émerveillement pur en y entrant.

Le site ci-dessus élargira peut-être la collection, en attendant, c'est un excellent avant-goût. Ensuite, il faut aller sur place, c'est tout.

L'article que j'avais rédigé à l'époque.

jeudi 13 mars 2014

On pellete les nuages ici...


... et on a pas fini.

Revoilà donc la tchaf du mois de mars - un mois de mars tout à fait normal pour Canton - un mois humide et gris, ni chaud ni froid, juste mouillé et sans lumière.

Ce n'est pas tant qu'il pleut - il bruine plutôt - les tempêtes spectaculaires suivront un peu plus tard - non, on se balade avec le parapluie fermé tout en pompant l'eau comme des éponges - l'air est chargé d'eau. Le ciel s'est posé sur la terre comme une poule sur ses œufs et nous couve depuis  10 jours. Le sol est trempé - dehors comme dedans et il faut fermer les fenêtres pour garder la brume à l'extérieur. Le réflexe serait justement d'ouvrir les fenêtres pour sécher l'appartement - mais on comprend vite que l'intérieur est quand même un peu plus sec que l'extérieur qui suinte par dessous la porte et les fenêtres - et au travers du mur dont les longues tâches foncées croissent et se multiplient.

Le matin, une lumière grise filtre à travers l'épais plumage de l'oiseau aqueux qui a posé son cul sur nos têtes puis, épuisé, tente de transpercer le mur d'eau qui coule le long de la fenêtre - à l'intérieur. Et dire qu'il y en a qui paient une fortune pour voir un mur d'eau couler le long de leur vitrine - qu'ils viennent vivre à Canton au mois de mars - ça leur passera l'envie. Ou ça la remplacera contre une autre, puisque on en parle, celle de constamment devoir aller pisser - très certainement un effet psychologique du mur d'eau qui coule qui coule -mais à force de s'imbiber d'air mouillé comme une éponge, aussi...

L'appartement sent le marais - les oreillers le moisi - le duvet est froid et humide quand on se couche, les cheveux ne sèchent pas - ni les habits non plus. Retour au radiateur électrique qu'on pensait avoir rangé pour l'année - non pas pour chauffer car il ne fait pas froid, mais pour sécher l'appart et son habitante.

Au bureau - lutte avec les collègues qui veulent aérer - "Ferme la porte! Dehors, le(s) nuage(s)!" - les élèves font des glissades sur le sol carrelé des couloir recouvert d'un centimètre d'eau - les toilettes qui n'avaient pas bonne mine durant la saison sèche ressemblent de plus en plus aux Bayoux de Louisiane - les copies des élèves sont humides et fragiles, restent collées, se déchirent - tout comme les manuels et on est à deux doigts d'entendre des: "Excusez-moi Madame, mon devoir s'est dissous" à défaut de se perdre dans la brume.

Bien sûr c'est l'hécatombe, des élèves surtout - dont les dortoirs doivent très certainement être peu confortables en ce moment mais qui partagent volontiers avec les profs.

On profite tout de même - bonnes soupes - dernière fondue et surtout, on a pas encore trop chaud. Sachant que lorsque le nuage aura levé son gros postérieur sonnera la  fin des nuits profondes et complètes au chaud sous le duvet... et le début des insomnies des nuits chaudes et moites peuplées de moustiques... Mais pour la fatigue, ça ne changera pas grand chose - on est sur les rotules! On hibernerait si on pouvait.

Pourtant, hier, je me suis engagée à rester encore quelques années à Canton. Car mine de rien, j'aime ce climat, ses humeurs, le boom des fleurs dès le premier rayon de soleil annonciateur des grosses chaleurs, les tempêtes...

Afin de ne pas trop décourager ceux qui souhaiteraient venir s'installer sous nos tropiques, j'ai choisi de taire le problème des rhumatismes. Ils découvriront bien ça par eux-mêmes. Le prochain billet sur le climat de Canton se concentrera sur la Renaissance - les frangipaniers en fleurs (je me réjouis!)! Le boom floral du printemps! Le réveil des insectes pour le bonheur de mon objectif!

lundi 10 mars 2014

Solvabilité à l'affiche...


... non mais bon

C'est en essayant de rejoindre mon blog photo, qui a mon nom pour titre, que j'ai lancé par erreur une recherche google à mon nom. J'en connaissais déjà les résultats et allait passer à autre chose lorsque un lien a attiré mon attention - mon nom était associé à "moneyhouse" ce qui me semblait plutôt incongru, vu que j'ai pas grand chose à faire avec l'argent, l'économie et compagnie.

J'ai donc cliqué et me suis retrouvée sur un choix affichant mon nom à deux adresses - en Suisse - ce qui me rassure, le truc est loin d'être à jour - car il s'agissait de pouvoir vérifier ma solvabilité online. Comme ça. C'est tout de même étonnant que dans un pays où le pognon est plus tabou que le sexe, on expose la solvabilité des gens online sans rien leur dire. Cela donne vraiment très envie de s'effacer complètement du net - un aussi beau défi que le végétarisme (défi récent qui tient toujours) mais qui à mon avis risque d'être bien moins simple.

Le feu s'affichait sur les trois niveaux - je suppose qu'il faut payer pour
en voir plus

dimanche 9 mars 2014

Croisière du soir sur la rivière des Perles


Petite virée sous la pluie et dans le brouillard pour admirer la ville qui s'allume

Comme pour la plupart des villes asiatiques, on a pas vu Canton si on ne s'y est pas baladé le long de la rivière des Perles la nuit - de préférence, en bateau.

On pourra choisir une belle soirée étoilée - mais une croisière dans la brume donne aux feux de la ville un je ne sais quoi de mystérieux - j'aime beaucoup - et puis il y a bien sûr moins de monde sur le bateau.

La perle de la balade est bien sûr la tour de Canton qui s'illumine de toutes les couleurs et s'amusait ce soir avec les nuages.

L'occasion de m'amuser un peu avec le très mauvais appareil photo de mon iPod - et ses programmes sympas de retouche. Ici snapseed, pour changer un peu.





samedi 8 mars 2014

Métaphysique alimentaire...


... et astuces d'arnaqueurs

Voilà qui va me projeter jusque dans mes souvenirs ensoleillés du Kenya.


Ca commence avec un passage intéressé au rayon céréales, porridges et petit déj. à l'anglo-saxonne - rayon que j'évite habituellement mais mon regard tombe sur des flans de tofu et j'en avais goûté un absolument délicieux récemment - et si je pouvais en faire chez moi? Je choisis celui à la cacahuètes, histoire de ne pas prendre trop de risque question goût. Je déchiffre aussi un shuang pi nai - lait double peau - sur un autre pa,quet et me dit "cool, je vais pouvoir me faire mes propres shaung pi nai" - poudre, eau chaude, consommer - comme la soupe en sachet - et c'est tout aussi dégueulasse. On reviendra donc au shuang pi nai fait maison... et je retourne à mon flan de tofu au cacahuètes.




Même recette - il faut mettre la poudre dans une tasse, ajouter de l'eau chaude, brasser et attendre que le flan se forme. Sauf qu'il est bien précisé "qu'il ne faut pas brasser dans le sens contraire des aiguilles d'une montre si on veut que le flan se forme"... ah... ça doit expliquer pourquoi je me retrouve avec de l'eau aux cacahuètes avec des grumeaux de tofu.


Magie chinoise donc - au prochain essai je tourne dans l'autre sens et hop! Je me retrouve avec... de l'eau aux cacahuètes avec un peu moins de grumeaux et un peu plus de flan - on est au tiers du chemin de la réussite.

J'ai peut-être donné un coup de cuillère vers la droite sans le vouloir.

Je me demande aussi - de l'autre côté de l'équateur, on doit tourner dans le sens inverse?

Tentée aussi par l'alléchante image sur un paquet de barres d'avoine enrobées de chocolat - ce n'est pas cher et ça fera un excellent goûter - je parle du goût, pas de l'apport nutritif.

Là, je dois dire que le tour de magie m'époustoufle: du chocolat invisible! On y avait pas trop pensé en Suisse! je fais tout de même remarquer que tout invisible qu'il soit, il est au pur beurre de cacao - il y a une noix de cacao sur l'image, à droite qui se détache sur le fond brun du chocolat quand il n'a pas encore disparu au contact de l'air.


Magie pour magie, je ne peux m'empêcher de (re)raconter l'histoire de la poule.

On part donc pour le Kenya - soupir de nostalgie - alors que je vivais sur une ferme dans un petit village. Plusieurs fois - 3 fois en fait - j'ai reçu un poulet vivant en cadeau. Une fois, parce que la personne voulait m'offrir un soda mais n'en avait plus. Je me suis donc retrouvée avec un poulet sous le bras. Sauf que moi, les poulets, je n'y connais rien.

La première fois que je suis rentrée avec ma poule, donc, je me suis contentée de la poser sur le sol - qu'elle rejoigne les autres poules. Mais les poulets ont le sens de la propriété - et cette poule là n'était pas chez elle - elle s'est donc débinée et on ne l'a jamais revue.

On m'a patiemment expliqué qu'il ne faut jamais lâcher ainsi un poulet. La seconde fois que l'on m'a offert un gallinacé fort peu satisfait de l balade d'ailleurs, on m'a pris le poulet des mains avant que je ne le lâche à nouveau et on l'a emmené dans la hutte-cuisine où se trouve le foyer. La maîtresse de maison a fait tourner la poule retournée la tête en bas trois fois au-dessus du foyer (dans une sens des aiguilles d'une montre - on retrouve le flan de tofu - il doit y avoir du poulet dans ma poudre de tofu aux cacahuètes - on est pas loi du gong bao jiding finalement) puis, avant de le lâcher (le poulet, pas le flan de tofu) elle a jeté une balayette en travers de la porte par-dessus laquelle le poulet a sauté pour sortir. "Et voilà" m'a-t-elle dit "si le poulet a sauté par-dessus la brosse, il ne partira plus".

Et il n'est pas parti.

Rationnellement je me dis qu'avec le tournis il a perdu ses repères géographiques.

Mais un flan de tofu, lui, n'a pas de repères géographiques.

Ou bien?

jeudi 27 février 2014

Végétarisme - depuis deux mois...


Non, ceci n'est pas un billet de prosélytisme végétarien - juste une réflexion.

Cela fait deux mois que je n'ai plus touché à la viande - et je tiens à continuer. Je teste le végétarisme "conscient". Quand je dis "teste consciemment le végétarisme" - je veux dire qu'il m'est déjà arrivé de tenir plus d'un mois sans manger de viande - en été avec les salades c'est facile, mais en hiver je deviens franchement carnivore. Je peux manger des pâtes ad eternat - pas de problème - et si j'avais un four (première difficulté depuis mon changement de régime) - je me ferais des gratins en série.

C'est comme un défi que je me lance - une sorte de course d'endurance - pas nouvelle en fait. Je le fais avec plein d'autres choses. Par exemple avec le four justement - je n'en ai pas (ou plutôt c'est un micro onde) et j'ai envie d'en acheter un mais je me dis que si j'ai tenue un mois - six mois - une année sans four alors je peux continuer (bon, avec l'idée du végétarisme la tentation de l'achat d'un four a augmenté très sensiblement). Avec la non consommation de viande - pour être plus juste, car je ne suis pas végétarienne - je fais de même: au Népal, il y avait tant de bons petits plats sans viande que je n'ai jamais ressenti le besoin de commander de la viande et je me suis dit que si j'avais tenu 3 semaines sans viande au Népal, je pouvais continuer. Sauf qu'en Chine ça risquait d'être un peu plus difficile - les plats sans viande me semblaient rares, surtout à Canton.

Il s'avère que c'est moins difficile que prévu.

1. Il y a beaucoup d'alternatives délicieuses (j'adore les flans de tofu chinois par exemple) et des légumes, céréales à foison.

2. J'ai une pizzeria au bas de chez moi.

3. J'ai rapporté des tas d'épices et des kilos de lentilles corails et je continue de manger indien et népalais chez moi - c'est là le plus intéressant d'ailleurs.

Je me suis mise à cuisiner avec beaucoup plus de créativité  - faisant de chaque plat un petit plaisir que je me réjouis de goûter - ce n'est pas toujours convaincant mais la cuisine est devenue un vrai petit laboratoire d'expérimentation - surtout par jours de pluie. Délicieux veloutés de légumes divers - j'ai essayé patate douce poire sauge et c'est pas mal - raviolis - il suffit d'en acheter la pâte prête à l'emploi - parfois de toutes les couleurs et de les remplir de tout ce qu'on veut: farce aux champignons et safran du Tibet (acheté à la pharmacie auprès d'une pharmacienne qui doit se demander ce que je fais avec tout ce coûteux safran), oignons patate douce (ça fait des ravilis violets :-), chou blanc au cumin, currys et dahls - et bien sûr des spaghs, des tortellinis, des pizzas, des crêpes et des desserts - consommation augmentée depuis que j'ai rapporté de la vanille du Népal!

Momos ou jiaozi à la
papate douce
Bien sûr, il y a les quelques moments difficiles - la tentation venant d'ouvrir ses portes au coin de ma rue: un resto musulman de Lanzhou lamian - les nouilles tirées de Lanzhou, délicieuses avec du mouton aux épices du Xinjiang - mais les nouilles tomates œufs sont tout aussi bonnes. Il y a aussi le chengfen (crêpe de riz) du matin au foie et gingembre que j'aime et que j'adore - mais il y a rarement du foie et celui à l’œuf et champignons est délicieux.

Et les fois où je vais au resto avec les collègues.

Bizarrement, ils m'encouragent (et me surveille un peu) plutôt que le contraire - ma collègue a eu l'air très déçue quand elle a cru à tort que j'avais craqué pour une cheng fen au foie. Seule une amie s'est écriée "Oh non! Mais on va plus pouvoir manger au resto!!!"

Première constatation aussi: manger végétarien ne veut pas forcément dire manger mieux - ayant découvert qu'il était extraordinairement facile de faire des délicieux pakoras de légumes - une friture indienne - j'en ai un peu abusé - comme j'abuse un peu des oeufs et du fromage. Heureusement, depuis trois jours qu'il fait beau et chaud, il est temps de se rattraper avec des salades.

Voilà - maintenant que j'ai publié ce billet, je vais être obligée de continuer, c'est une question de crédibilité :-)

Bon appétit!

mercredi 19 février 2014

Problème? Vous avez dit problème? Quels problèmes...


... Madame la Marquise?

Situation 1

 Dans un avion de la Southern China Airlines. La poche cousue au siège devant moi est rempli d'une matière visqueuse rouge non identifiable sans de sérieux tests dans un laboratoire. Je le signale à l'hôtesse - d'abord en chinois puis, comme elle ne comprend pas - en anglais. Premier réflexe de l'hôtesse: quoi? Il y a quoi? Où? Je lui mets un magazine qui a trempé dans la soupe sous le nez. 2ème réflexe de l'hôtesse: "Désolée, il n'y a plus de place ailleurs" sur un ton un peu sec - moins souriant que le vernis avec lequel on est accueilli dans l'avion. Je proteste quand même que c'est dégueulasse et que je ne vais pas passer le voyage avec ça sous le nez - dans mon idée, bien que ce ne soit pas de sa faute si le ménage a été mal fait, quelqu'un doit venir nettoyer. Mais l'hôtesse a une autre idée. Elle apporte une couverture et recouvre l'objet de mon dégoût. Voilà, maintenant qu'on ne le voit plus, le problème n'est plus là.

Situation 2

Université de l'aviation civile, salle de classe. Les élèves ont ouvert la fenêtre et la porte car il fait très chaud. Tout à coup, un courant d'air referme la porte violemment. La fenêtre qui se trouve juste au-dessus de la porte vole ne éclats sous le choc. Il y a des bris de verre partout, et quelques morceaux de verre dangereux restent accrochés, en équilibre précaire au-dessus de la porte. J'envoie un élève chercher le concierge, qui ne bouge pas une oreille. Je vais le chercher moi-même. Il se décide enfin à venir nettoyer les bris de verre mais ne touche pas à l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la porte. Je lui explique que c'est dangereux. Sans résultat. Je vais alors voir la directrice, la seule qui ici écoute, pour lui expliquer le danger de la situation. Le lendemain, alors que je donne cours, des ouvriers viennent remplacer la vitre. En en mettant une neuve, ils la fissurent de haut en bas... mais la mettent tout de même - à changer lors du prochain accident. Même la directrice ne juge pas nécessaire d'envisager ce qui pourrait arriver.

Situation 3

Je vous invite chez moi. A Tianjin. Alors que j'y vivais dans une chambre équipée d'une belle cuisine - la meilleure cuisine que j'ai eue depuis que je suis en Chine. Peu de temps après avoir emménagé, il me semble, mais c'est très subtil, ressentir de petits chocs électriques, de temps à autres, lorsque je prends ma douche. Je pense à un faux mouvement, mais quelque chose au fond de moi me chuchote que c'était de l'électricité. L'idée qu'il puisse y avoir de l'électricité dans l'eau me terrifie et je préfère me dire que mes sens m'ont trompée. Mais l'incident ce répète de plus en plus souvent, de plus en plus fort, à plusieurs reprises et je finis par dire à mon directeur (c'est mon école qui gère l'appartement, qui lui appartient) que je me fais électrocuter lorsque je prends ma douche. Il rit mais envoie quelqu'un qui en 5 minutes découvre que tous mes robinets et même la poignée de la porte sont sous tension... et que c'est de la faute de mon four - je dois le débrancher. Je proteste d'un "oui peut-être qu'il y a un court-circuit dans mon four (après tout les petits fours achetés en Chine ont une salle tendance - un peu comme les radiateurs électriques - à faire sauter les plombs ou à faire des étincelles. Il faut dire qu'ils sont vraiment très bon marché) mais j'aimerais quand même savoir comment mon four s'y prend pour envoyer de l'électricité dans la tuyauterie de l'eau." Pas de réponse. Débranche ton four. Comme je m'y attendais, peu de temps plus tard, four débranché, le problème recommence. On revient... c'est la hotte d'aération. Mêmes protestations. Même réponse. Débranche la hotte. Puis vient le jour - 7 mois plus tard - ou le fais sauter les plombs en versant l'eau de mes spaghetti dans l'évier. Grosse frayeur pour moi - mon patron aussitôt informé me dit de quitter tout de suite cet appartement - il est trop dangereux! Ben puisque je me tue à vous le dire...

Des situations, il y en a beaucoup d'autres. Le patron qui prend des décisions inacceptables (par exemple bosser 7 jours sur 7) et mes collègues chinoises qui prennent un air ennuyé tout en réfléchissant à comment s'organiser pour inclure la dite décision dans leur quotidien - les montages électriques qui attendent l'inévitable accident - l'alimentation d'eau qui coule et que je dois fermer, comme ça ça ne coule plus...

Il y a bien bien longtemps, en 2008, je rédigeais un article sur une artiste qui s'était amusée à comparer certains traits culturels chinois et allemands. Parmi eux, figurait celui-ci représentant la manière allemande (en bleu) d'appréhender un problème, face à la manière chinoise:


Plusieurs interprétations sont possibles bien sûr. La première fois que j'ai vu ce dessin, j'ai compris: en bleu, on résout le problème, en rouge, on le contourne. Mais on peut aussi dire, le bleu ne dévie pas de sa trajectoire, le rouge est plus flexible.

Ce qui ne serait pas complètement faux. Un CV sur lequel figure plusieurs années de vie en Chine vaut un certificat de flexibilité.

Mais j'aimerais parler de la façon d'aborder des problèmes.

Mais le fait est que l'approche des problèmes diverge entre la culture occidentale et la culture chinoise - l'une fait face et cherche à résoudre (et donc en parle), l'autre préfère ne pas parler de choses désagréables et s'adapte plutôt que contourne - il y a un problème, on s'arrange pour vivre avec.

Je relève à ce sujet la traduction du mot problème: en chinois, problème et question sont les mêmes: poser une question, c'est poser un problème. Vu ainsi, la question est une chose négative mais, inversement, un problème n'est pas tant problématique qu'interrogatif. Le fait est qu'ici, on interroge peu et mentionne peu les problèmes et que pour l'occidentale qui plus est militante que je suis, c'est parfois très très difficile. Celui qui gueule est très mal vu. Celui qui reproche fait perdre la face. Il faut maîtriser l'art très subtil du double sens, de l'implicite diplomatique pour relever un problème sans se faire des ennemis. Art que je ne possède pas moi qui ai la délicatesse d'un char d'assaut qui aurait perdu ses freins en route.

jeudi 13 février 2014

Sur le territoire du tigre


Retour au Népal dans ce petit billet qui explique comment, un loutre peut coûter un tigre.

Lorsque j'ai décidé de partir pour Katmandou, je n'avais pas grand chose en tête à part peu-être un brin de shopping - si je l'avoue, j'espérais trouver entre autre une jolie tunique et des épices introuvables en Chine. Mon idée du Népal en hivers était très loin de la réalité. J'imaginais le Népal sinon sous la neige, du moins en train de grelotter sous des tonnes de couvertures en poil de yak et de pulls en laine - en fait, on se balade en t-shirt à Pokhara, avec une petite laine à Katmandou.

J'étais loin de me douter qu'il y avait des jungles épaisses au sud - pas tropical certes, mais bénéficiant d'un climat tempéré avantageux. Et dans ces jungles, des tigres, éléphants, rhinocéros (là aussi j'ai été surprise... des rhinos au Népal!!!) et une multitude d'oiseaux.

En fait, le Népal est le meilleur endroit pour voir un tigre - et un paradis pour les ornithologues. J'ai d'ailleurs rapporté beaucoup, beaucoup de photos d'oiseaux plutôt réussies (je veux dire par là moins floues que d'habitude) et beaucoup de photos de cervidés aussi. Car dès que j'ai découvert qu'il y avait des jungles avec des tigres et qu'il était facile de les observer, je n'ai plus eu qu'une seule idée en tête, rejoindre la jungle au plus vite - j'ai choisi Bardia car moins touristique - et faire de la photographie nature - en espérant bien sûr avoir le tigre (un léopard aurait aussi été pas mal mais étant nocturne, c'est beaucoup plus difficile).

Et me voilà à me balader, avec mon guide, à pieds (sisi) sur le territoire des tigres. Petit briefing avant qui explique comment réagir en cas de rencontre (ouais... mais si la rencontre se fait... réagissons-nous vraiment comme il le faudrait?) et quelques doutes sur le raisonnable de la chose: je veux voir un tigre mais veux-je vraiment rencontrer un tigre? J'apprends par exemple que le tigre est moins dangereux que les rhinos qui ont un peu tendance à charger par défaut (l'un d'entre eux, caché dans l'herbe haute, détalera à 10 m à peine, Dieu merci dans la direction opposée. Une belle trouille quand même). En résumé, si l'on rencontre un tigre, il faut le regarder dans les yeux et reculer jusqu'à lui avoir libéré le passage. ne pas courir, ne pas lui tourner le dos. C'est simple mais... Évidement, il y a quelques situations plutôt gênantes: rencontrer un tigron (où est la mère) est certainement une situation à éviter. Déranger un tigre en train de manger ou, mauvaise idée, se retrouver bêtement entre sa proie et lui...

En chemin, on oublie un peu que l'on se balade sur son territoire. C'est une balade en forêt, dans une forêt en pleine santé. Il y a tant de choses à voir! Mais régulièrement, une bouffée chaude de fauve nous rappelle que pas loin - ou il y a peu - un tigre était là. On voit régulièrement ses empreintes, ses traces. Et les cris d'alertes des singes et des chevreuils signalent sa présence toute proche. Il est là, dans le bois. Caché.

On s'installe au bord de la rivière, sur un monticule qui surplombe une grande ouverture sur la rivière. Et on ne bouge plus. la matinée a commencé dans la brume et puis les voiles se sont dissipés. Il fait beau, le ciel et d'un bleu royal. Le soleil brille. Et on assiste à un défilé d'oiseaux, martins pêcheurs, aigles, cigognes noires, ibis, paons... Un crocodile est posé sur le sable et ne bouge pas une oreille (autant qu'il en ait). Des cervidés passent régulièrement. Les singes agitent les arbres. Et une loutre pêche dans un bras de la rivière, non loin.

Les heures passe. J'ai tenté de prendre la loutre en photo mais elle est timide et n'arrête pas de bouger, mauvaises photos. On mange puis on attend encore. Vers 14h00, on guide vient me chercher. La loutre est revenue. Mon guide, impatient, veut ensuite aller voir plus loin, histoire de trouver le tigre (c'est là qu'on trouve un rhino qui nus flanque une frousse bleue). On s'absente 20 minutes. Mais à notre retour, nus découvrons sur les appareils photo de ceux qui sont restés de superbes photos de la tigresse, qui a fait son show 5 minutes - histoire de tranquillement traverser la rivière, en plein soleil, orange sur le fond bleu de la rivière, splendide.

Et voilà comment une loutre peut coûter une tigresse.

 
Bien sûr, je peux en faire la plus grosse frustration de ma vie. Je suis revenue encore deux jours et le temps était froid et brumeux, pas de tigre. Mais je suis contente de l'avoir vue sur les photos des autres - en ce lieu que j'ai regardé pendant des heures. Elle est là. Elle existe. On était tout proche et je l'ai sentie. Et je suis contente de vivre dans un monde où il y a encore des tigres sauvages.

Trésors rapportés:









mardi 11 février 2014

Tracas et humeur


J'avais dit que je n'écrirai pas d'article ronchons pour le Nouvel An. Bon, ça va, le Nouvel An est passé, je peux donc passer mon premier coup de gueule.

Je suis donc allée me balader au Népal pendant trois semaines, comme mentionné dans le précédent billet.

Il a fallu préparer ce voyage, plus que de coutume d'ailleurs.

Premier problème, le visa.

Il est possible de faire faire un visa à son arrivée au Népal, mais comme mon avion arrivait à 22h00 je n'étais pas sûre que l'option visa serait encore ouverte et rien, absolument rien sur le net n'indiquait quelque horaire que ce soit. Le bon sens commun serait que tant que des avions arrivent il est possible de faire un visa, mais je me méfie de ma notion de bon sens qui n'est pas toujours la même que dans les pays où je voyage (la logique en Chine, par exemple, me propulse parfois dans des univers paranormaux dignes d'un trip suer boosté).

Par précaution, faisons donc le visa en Chine. Ou sur le net - vu qu'il est faisable online - sauf que ça ne marche pas, la photo ne charge pas et si la photo ne charge pas, le formulaire est invalidé.

Je m'adresse donc à mon agence de voyage. J'avais déjà posé la question à l'achat des billets et obtenu un "oui c'est possible de faire un visa pour 300 yuans". Sauf que la chanson change: non, ce n'est pas possible pour les étrangers. Puis, alors que j'étais déjà en train de rentrer - dans le métro donc, on me rappelle: "finalement mon collègue me dit que oui c'est possible pour les étrangers mais pour 500 yuans" (se renseigner avant? quand j'étais là...? Non? No comment. 

Donc les étrangers casquent plus, bien sûr, comme d'hab. Sauf que... une fois mon passeport déposé, il me faut attendre une semaine. Mais la semaine passe et, au début de la semaine suivante je m'inquiète. Il faut encore attendre. Oui mais bon moi je pars bientôt. Une semaine et demi - on me rappelle avec l'histoire la plus idiote et la plus aberrante que j'ai jamais entendu: "l'ambassade (laquelle? Shanghai ou Hong Kong? Il s'avèrera que c'est Hong Kong) n'a plus de visa de 30 jours, il faut faire un visa de 90 jours pour 900 yuans. Oui mais bien sûr! Allez-y, trayez le pigeon! J'ai beau protester de l'imbécillité du prétexte (un visa c'est un papier, imprimez-le! Une ambassade a toujours les papiers dont elle doit disposer pour ses fonctions, vous vous foutez de ma gueule...), je me retrouve face à l'employée robot habituelle en cas de conflit: elle répète comme un automate la même phrase encore et encore: "votre billet n'est pas remboursable..." (c'est quand même plus chaleureux que la chaîne de répondeurs automatiques qui se renvoient les uns aux autres de l'ambassade de l'Inde à Hong Kong).

On se fout de moi certes, mais qui? L'agence ou l'ambassade? J'ai besoin de mon passeport, et de mon visa pour le voyage. Je me fais donc à l'idée que je me fais ouvertement arnaquer avec mon consentement. Excellent pour cultiver son estime de soi.

On ne mentionnera même pas l'avion en retard de 16 heures pour des raisons tout aussi obscures. Mais on mentionnera un autre aspect particulièrement désagréable de la Chine: l'hyper protectionnisme chinois. Ainsi, ayant besoin de changer des yuans en dollars - c'est plus pratique d'avoir des dollars au Népal, je découvre à mes dépends que les étrangers n'ont pas le droit de changer de l'argent en Chine. Les résidents peuvent éventuellement le faire avec plein de papiers (attestation d’impôts...) et de tracasseries administratives, les touristes que dalle. Je suis donc obligée de demander à une chinoise de changer de l'argent pour moi. Elle, il lui suffit de donner sa carte d'identité. Je n'ai pas encore vérifié la rumeur concernant l'interdiction d'acheter une nouvelle carte sim, mais j'ai déjà pu vérifier la nouvelle politique au sujet d'internet: tout surfer doit s'identifier avec sa carte d'identité - les cybercafés sont donc interdits aux étrangers.

Bienvenue en Chine!

Trois semaines au Népal


Une expérience qui me laisse songeuse

Cela faisait longtemps que je voulais y aller. Tout, dans le Népal, et Katmandou, de la sonorité des noms aux images invoquées en y songeant, pousse à vouloir, un jour, voyager au Népal.

Au Moyen-Âge, on y voyait l'inaccessible paradis terrestre. Les brahmanes étaient décrits comme plus sages que les chrétiens - des ascètes qui avaient trouvé dans la simplicité les valeurs recherchées par les bons chrétiens (lire les relations de Jean de Mandeville, qui compile les récits des voyageurs du Moyen-Âge).

Jamais colonisé, fermé sur lui-même, le Népal ouvre ses porte en 1950. Il devient alors une destination touristique prisée.

Après 65 ans de tourisme, on peut donc s'imaginer le Népal comme un pays développé, tel la Thaïlande, autour du tourisme. Malgré les nombreuses informations des NGOs au Népal sur le difficile accès à l'eau, les régions inaccessibles faute de routes (le Népal est le pays qui possède le plus de régions isolées et inaccessibles ai-je appris alors que j'étudiais les documents pour devenir déléguée du CICR), castes, scolarisation..., je m'attendais malgré tout à un pays plus modernisé, du moins sur ses grands axes touristiques. J'y ai trouvé la modernité - et un certain luxe - réservé apparemment exclusivement aux touristes, et aux plus nantis bien sûr - mais les plus nantis, c'est justement, les touristes.

Katmandu, capitale du Népal, vit le soir au rythme de ses coupures d'électricité. Je parlais de pompe à eau? Je les imaginais dans les villages, dans les zones rurales. Pas en ville. Des vautours tournoient au-dessus des villes. les vautours se nourrissent de charogne donc... Il y a certes des enterrement célestes mais les vautours des villes se nourrissent surtout des carcasses des chiens crevés. Etc...

Lorsque l'on sort de la zone touristique de Thamel, les routes goudronnées se transforment en piste de terre dont les véhicules soulèvent d'énormes nuages de poussière.

Le ton est donné. Le temps s'est arrêté. Et ceux qui râlent contre le wifi qui ne fonctionne pas ou le manque de machines à laver (3-5 dollars pour la lessive à la main...) devraient jeter un œil autour d'eux.

Personnellement, j'ai adoré mon voyage au Népal. J'aime voyager dans la poussière des routes, le cul bondissant sur les sièges sans ressort de vieux bus qui jouent à saute mouton sur des routes impossibles. Les gens sourient au Népal. Ils sourient beaucoup. Sont d'une gentillesse bon enfant, ont le contact facile et naturel. C'est tout simplement agréable de ne pas se retrouver face aux barrières de méfiance habituelles que cultivent malheureusement certains, dans mon pays riche qui fait tant rêver les népalais, où les gens ne savent tout simplement plus sourire.

Quelques photos en vrac. Je m'inquiète tout de même de constater que ma meilleure photo, est la photo d'un pigeon.

Envol - Katmandou

Durbar square - Katmandou

Les toits de Katmandou sont plein de vie

Namaste

Shiva, un rhino apprivoisé

Vieille ville de Katmandou

Pokhara

mercredi 1 janvier 2014

Ajout à ma collection de petits trésors chinois... le chien


A chaque région ses spécialités artistiques - Foshan est très connue pour sa céramique - domestique (c'est ici que se fabriquent les cuvettes de w.c et lavabos de toute la Chine) et artistique - de petits personnages mis en scène dans des activités quotidiennes et aussi, des statuettes bariolées - une effrayante explosion de couleurs.

Petits problèmes de dentition tout de même
Le bestiaire coloré présente aussi des animaux plus ronds aux yeux exorbités  - et beaucoup de chiens.

Des chiens rigolos, comme celui-ci photographié sur le toit d'une petite cahute de forêt dans le parc à Guicheng - il a l'air gentil, un bon orthodontiste serait le bienvenu, mais sympa. C'est tout juste s'il ne crie pas "maître je t'adore!"

Et puis, nouvel arrivant dans ma collection de petites statuettes pour la cérémonie du thé - ce petit chien avec un coulis de vernis émaillé - comme du sucre glace - qui tire la langue, heureux d'exister. La vendeuse l'a présenté comme un dragon mais je n'ai pas tout compris (chien dragon?)

Dragon en devenir? Il a un début de cornes sur la tête
J'étais en train d'acheter du thé Kuding - un thé très très amer avec un bon goût fumé, que j'ai pratiquement recraché à la première gorgée. Il permet de maigrir... ah! l'amertume de la ligne bien gardée! Finis les pâtisseries et en plus, un thé plus amer que la médecine chinoise (faut avoir essayé le jus de chaussette anti-dépresseur aux racines pour comprendre. La dépression s'arrête au moment où on apprend que le traitement peut enfin prend fin et qu'on aura plus à ingurgiter ce truc.)

Remarquons quand même que ma bouteille a gardé, incrusté dans sa matière, un délicieux goût de fumé qui affine les autres boissons. Peut-être qu'une micro particule de Kuding dans une bouteille peut améliorer les choses.

Mais bon, ne cumulons pas les médecines, déjà que j'ajoute dans mes babaocha quotidiens (thé des huit trésors - il y a plusieurs variétés) du ginseng afin de garder la forme. C'est bon le ginseng. Ca donne un petit goût anisé que j'adore. Avec jujube (date chinoise) pour le sang et la chaleur et pandahai pour la gorge - parfois un petit thé de ce fruit ci-dessous, dont je ne connais absolument pas le nom français (c'est pas comme si je connaissais celui du pandahai) - un traducteur m'a donné un nom latin assez long que j'ai immédiatement oublié et que je ne retrouverai pas sans un chinois pour me rappeler comment s'appelle ce fruit en chinois. C'est léger comme du sagex et ça donne un thé très sucré qui soigne la gorge et rend la voix.


Voilà, je voulais juste présenter le nouveau venu, mais quand on me lance sur le thé et les mystères de la médecine chinoise... tant de choses à découvrir (autant au niveau du vocabulaire que des matières elles-mêmes).

Bonne année 2014! Elle commencera, pour moi, par un beau voyage au Népal. Quelques articles en perspectives... mais avant cela, il y a encore les examens à faire passer... En attendant, ce blog va dormir un petit peu - pendant un mois au moins - à moins qu'une découverte, histoire ou autre ne montre le bout de son nez entretemps (pas de rouspetailles pour le débuts de l'année, je les garde sous la manche pour le mois de mars, quand la crise de la quarantaine me frappera de plein fouet (non pas qu'elle n'ait pas commencé... il y a 5 ans à peu près).

samedi 28 décembre 2013

Sinisation 2: nippes, tifs et ours


Existentialisme, bling bling, parures et pyjamas

Attention, ce billet parle de cheveux, de FB et d'ours. J'arriverai bien à les réunir d'une manière ou d'une autre en forçant un peu.

Certaines scènes de ce billet sont à deux doigts d'être censurées par son auteur.

Fantasme - je me serais
volontiers vue comme ça
...
... mais je me sens plutôt comme ça...
Illustration de Gabriella Barouch
Un jour, quelqu'un m'a traitée d'ours. Comme ça, sans prévenir. Blam. Toi, de toute façon,  t'es un ours (elle a pas dit UNE ourse, elle a dit un ours.) C'était la belle époque des débuts de Facebook, quand on ne savait pas trop quoi y dire et n'avait pas besoin de le faire, se contentant de multiples jeux: offrez des pots de fleurs qui poussent en plusieurs jours, des boules de Noël avec de la neige qu'il faut secouer et ensuite attendre - 3 jours là aussi parce que c'était de la neige très très volatile - pour qu'elle se dépose et qu'on voie le cadeau... tu m'offres une boule je t'offre une boule on s'offre des boules... et des plantes... et on se connecte pour voir comment ça a évolué, ce qu'on a reçu et hop... merci de m'avoir envoyé quelque chose, maintenant je t'envoie aussi un truc... Ma page FB n'était pas tant une page de partage d'infos, d'images et d'humeurs (et de pétitions... c'est quand même le meilleur moyen d'emmerder ses amis avec des pétitions sans se faire engueuler parce qu'on l'a envoyé sur leur mail) - mais un étagère de cadeaux inutiles, souvent laids, rigolos dont on commençait à se lasser quand FB a fait sa grande révolution. Tiens... je m'enlise... je suis partie d'un ours. Oui, parce que c'était aussi la grande période des tests: quel amoureux te va le mieux, quel personnage de conte es-tu, quel personnage de Harry Potter es-tu et bien sûr, quel animal totem as-tu (ou quel animal est ton âme? Juste, il y avait la Boussole d'or qui faisait une after tabac - réédité - j'avais d'ailleurs beaucoup aimé - quel est ton Deamon, donc. Et voilà-t'y pas - j'ai dû le faire exprès, que je tombe sur des ours. Moi qui avait toujours pensé que mon animal serait le loup (des steppes - solitaire le loup - faudrait pas me prendre pour une bête de meute qui hurle en harmonie - rien que d'entonner un hymne ça me fout des boutons) mais c'est un peu prétentieux quand même - ou le cheval (vu que j'ai toujours voulu en avoir un - symbole de la liberté, des routes que l'on prend - voyageur au pas lent et rythmé, à l'odeur et au corps chaud, à la fois monture et compagnon - mais qui vit lui aussi en horde, qui partent dans de grands galops synchronisés - synchronie - beau mot - pas moi du tout ça. Restait l'ours qui colle plutôt bien. Animal de forêt - mon environnement préféré - plutôt lourd et pataud mais agile (là on s'éloigne, je suis quand même née avec 4 pieds gauches) et solitaire, il aime bien mener sa vie tranquille loin des emmerdeurs et des emmerdements - soit-il béni!

C'est pas moi. Mais j'adore
ce qipao (au cas où mon anniversaire
arrive en mars) et ça illustre bien
mon propos sur la beauté du vêtement

traditionnel chinois
Bon, je reviens en Chine (où je n'ai pas rencontré beaucoup d'ours - aperçu un qui détalait en Thaïlande - à collier - vous m'en direz tant, j'ai vu une tâche brune foncée courir sur du jaune dans le crépuscule). Mais on y aime beaucoup les peluches - les teddy à la japonaise, mi manga mi nounours. C'est ainsi que je reviens à mon article précédent sur la sinisation. J'avais peu mentionné les effets qu'a eue la Chine sur ma tenue vestimentaire. Pour une bonne raison d'ailleurs - je n'aime pas beaucoup le style de vêtements portés par la plupart des chinois - en dehors des vêtements traditionnels, c'est surtout du bling bling: plein de petits brillants partout, textes en pseudo anglais, volants, petits nœuds, dentelle, classique enfant sage (britannique), décontracté baskets (rarement neutres) jeans (avec des trucs collés dessus, talons hauts, breloques et sacs pseudo-Gucci... Autant le dire, il est rare que je craque pour un vêtement ici - mais ça m'arrive quand même. Il y a d'abord eu les qipaos, faits sur mesure - j'adore! Les ombrelles, que j'ai déjà mentionnées et qui rendent les chinoises si élégantes lorsqu'elles s'harmonisent à leurs belles robes d'été - et, pour l'hiver, les pyjamas - pour lesquels le mot "craquer" ne s'impose pas. Disons plutôt que là, je cède.

Ca c'est moi - désolée de décevoir.
Ok, je me suis pas coiffée, je suis en
mode cocooning et c'est pas un pyjama
Certes, j'aurais pu trouver plus neutre
comme habit chaud - mais c'est doux et
vraiment très chaud et je sors pas avec.
Enfin si, pour sortir la poubelle.
Mais mes voisins, eux,
ils font leur courses en pyjama
molletonné. Et mes élèves viennent en
classe déguisés en ménagerie - avec une
prédominance pour les pandas.
Là, ce n'est pas une question de goût. C'est une question de confort. Au sud de la Chine, en hiver, il fait moins froid qu'au nord, certes, mais il n'y a pas de chauffage. 10 degrés dehors - il suffit d'un peu de pluie ou de vent nordique et l'appart se transforme en frigo - sans rire, l'eau est aussi froide que si on la sortait du réfrigérateur. Bonnet de ski pour dormir, et pyjamas renforcés, en peluche, en doudoune, calfeutrés, moltonnés, sont de mises - même avec le petit radiateur électrique. Sortir de la douche (ou ne serait-ce qu'y entrer) avec le sol glacial - tient de l'exploit et le matin, s'extraire de ses plumes chaude à 6 heures devient impossible. Seul un besoin urgent éjecte le dormeur hors du cocon tiède et duveteux vers la grotte froide de la salle d'eau. C'est ainsi que j'ai fait l'acquisition d'un pyjama en peluche. Tout doux, super chaud - avec lequel je ressemble à un ours - au sens propre. Mon pyjama EST un ours, qu'on se comprenne bien. Dans un pays ou c'est la mode de se mettre des oreilles d'animaux sur la tête, cela paraît tout à fait normal. Je me dis quand même que je porte, à 40 ans, des trucs que j'aurais adorés à 7 ans. Mais c'est confortable!!! Il y a un autre avantage: je suis déjà prête pour participer à toutes les manifs pour sauver l’Arctique et les ours blancs.
Autre sinisation non mentionnée -  le bling bling, non pas vestimentaire, mais capillaire. Là je dois avouer que je suis passée de "ah! Quelle horreur!" à "Hmmm! c'est quand même pas mal sur des cheveux" - suivi de "y a-t-il un petit trésor à ajouter à ma collection?" Et c'est ainsi que je me suis mise à collectionner des bijoux pour cheveux d'abord traditionnels, en argent (ceux-là je les ai toujours trouvés beaux) puis avec des strass, bon marchés, brillants, tape à l’œil. Je n'aime pas porter de bijoux, sauf dans les cheveux. C'est devenu un rituel: selon la couleur des vêtements, un bijou pour cheveux qui s'accorde. Une petite pointe de coquetterie que je ne dissimule pas - j'aime les belles choses.

Et que ça brille! Dernière trouvaille déjà devenu favori, le sictus phœnix bleu.
Ok! J'avais envie d'étaler mes semi-trésors et de les admirer
Je cache peut-être plus une âme de pie que d'ours...
Mon favori mais qui tient difficilement
dans le fouillis de mon indomptable tignasse:
le papillon en argent souligné par une
chaînette
Voilà, c'était un petit billet plus intime que je ne l'avais pensé au départ - c'était sensé être léger et dérisoire - mais il me fallait bien cacher la superficialité du sujet - accessoires capillaires et pyjamas affreux - sous des digressions introspectives avec un brin de nostalgie.

Et puis il suffit de le demander à mes étudiants - je digresse, je digresse... batoille, va.

Je vais donc vous laisser nourrir mes ours pendant que je vais alimenter le poisson qui est en moi - ou le contraire.

Au fait, en parlant d'emmerdements,
les ours auraient adoré qu'on continue
de leur fiche la paix. Un petit clic pour les aider...
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