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dimanche 30 août 2015

Chengdu - le Parc du Peuple


Un incontournable.

Quel est le meilleur endroit pour s'imprégner du caractère spécifique à Chengdu? Pour un noctambule, une maison de thé la nuit peut-être. Ou alors le Parc du Peuple un dimanche de beau temps quand le tout Chengdu s'y balade. Attention! Il va y avoir foule! Autant s'assoir sur un banc dans une gallerie couverte, à l'ombre, et observer les gens.

On y danse plus comme autrefois, il y a eu des plaintes à cause du bruit. Mais on s'y amuse quand même beaucoup. Des groupes font du taïchi, les gens joues aux cartes dans les pavillons de bois, sur les bancs, sur des tabourets de plastique. On y fait des bulles et les enfants surexcités courent pour les attraper. Dans un petit  coin du parc près de l'entrée, un panneau indique qu'il y a des poissons: attention! A ne surtout pas rater! C'est là que les gens nourrissent les poissons avec des biberons. Tout au fond du parc, il y a l'habituel petit Luna Park avec cette curiosité à voir absolument: un mini-grand huit à pédales! Je l'avais photographié il y a 7 ans, il est toujours là.

Le parc est immense et longe la rivière sur laquelle les gens font du canot. On enjambe fréquemment de magnifiques petits ponts de pierre, on passe dans des allées fleuries - de maison de thé en maison de thé.

Arrêt obligatoire à la maison de thé. Au milieu d'une population plus âgée qui s'installe à la journée pour jouer aux cartes ou au majong tout en grignotant des graines de tournesol en buvant du thé vert ou du thé de chrysanthème s'agglutinent des familles venues se restaurer des nombreux "xiaochi" - nouilles froides aux piments et cacahuètes, suan la fen: des nouilles de patates douces aigre-pimentées, crêpes aux légumes aigres, brochettes... Tout en dégustant le thé, on peut si l'envie nous prend se faire nettoyer les oreilles par des nettoyeurs d'oreilles professionnels qui viennent fréquemment proposer un petit lavage. Il fut un temps où on voyait aussi des karaoké ambulants mais ils ont dû être interdits en même temps que les danseurs et musiciens.

Le parc se trouve sur la ligne 2 juste après la place Tianfu.

Photos:


Taïchi

Au bonheur des enfants... et des grands

Maison de thé

Curage professionnel d'oreilles

Jeu de cartes sur un banc

Les gardes rouges ne jouaient pas aux cartes. Tant pis pour eux.

Ici aussi les touristes portent des couronnes de fleurs

Petit moine ou jeune apprenti de kungfu

Le clou du parc: nourrir les poissons au biberon

Et une vidéo de très mauvaise qualité tournée il y a 7 ans avec mon très mauvais appreil - on y voit le fameux grand huit à pédales ainsi que les gens nourrissant les poissons rouges avec des biberons.

mercredi 1 janvier 2014

Ajout à ma collection de petits trésors chinois... le chien


A chaque région ses spécialités artistiques - Foshan est très connue pour sa céramique - domestique (c'est ici que se fabriquent les cuvettes de w.c et lavabos de toute la Chine) et artistique - de petits personnages mis en scène dans des activités quotidiennes et aussi, des statuettes bariolées - une effrayante explosion de couleurs.

Petits problèmes de dentition tout de même
Le bestiaire coloré présente aussi des animaux plus ronds aux yeux exorbités  - et beaucoup de chiens.

Des chiens rigolos, comme celui-ci photographié sur le toit d'une petite cahute de forêt dans le parc à Guicheng - il a l'air gentil, un bon orthodontiste serait le bienvenu, mais sympa. C'est tout juste s'il ne crie pas "maître je t'adore!"

Et puis, nouvel arrivant dans ma collection de petites statuettes pour la cérémonie du thé - ce petit chien avec un coulis de vernis émaillé - comme du sucre glace - qui tire la langue, heureux d'exister. La vendeuse l'a présenté comme un dragon mais je n'ai pas tout compris (chien dragon?)

Dragon en devenir? Il a un début de cornes sur la tête
J'étais en train d'acheter du thé Kuding - un thé très très amer avec un bon goût fumé, que j'ai pratiquement recraché à la première gorgée. Il permet de maigrir... ah! l'amertume de la ligne bien gardée! Finis les pâtisseries et en plus, un thé plus amer que la médecine chinoise (faut avoir essayé le jus de chaussette anti-dépresseur aux racines pour comprendre. La dépression s'arrête au moment où on apprend que le traitement peut enfin prend fin et qu'on aura plus à ingurgiter ce truc.)

Remarquons quand même que ma bouteille a gardé, incrusté dans sa matière, un délicieux goût de fumé qui affine les autres boissons. Peut-être qu'une micro particule de Kuding dans une bouteille peut améliorer les choses.

Mais bon, ne cumulons pas les médecines, déjà que j'ajoute dans mes babaocha quotidiens (thé des huit trésors - il y a plusieurs variétés) du ginseng afin de garder la forme. C'est bon le ginseng. Ca donne un petit goût anisé que j'adore. Avec jujube (date chinoise) pour le sang et la chaleur et pandahai pour la gorge - parfois un petit thé de ce fruit ci-dessous, dont je ne connais absolument pas le nom français (c'est pas comme si je connaissais celui du pandahai) - un traducteur m'a donné un nom latin assez long que j'ai immédiatement oublié et que je ne retrouverai pas sans un chinois pour me rappeler comment s'appelle ce fruit en chinois. C'est léger comme du sagex et ça donne un thé très sucré qui soigne la gorge et rend la voix.


Voilà, je voulais juste présenter le nouveau venu, mais quand on me lance sur le thé et les mystères de la médecine chinoise... tant de choses à découvrir (autant au niveau du vocabulaire que des matières elles-mêmes).

Bonne année 2014! Elle commencera, pour moi, par un beau voyage au Népal. Quelques articles en perspectives... mais avant cela, il y a encore les examens à faire passer... En attendant, ce blog va dormir un petit peu - pendant un mois au moins - à moins qu'une découverte, histoire ou autre ne montre le bout de son nez entretemps (pas de rouspetailles pour le débuts de l'année, je les garde sous la manche pour le mois de mars, quand la crise de la quarantaine me frappera de plein fouet (non pas qu'elle n'ait pas commencé... il y a 5 ans à peu près).

dimanche 24 mars 2013

Fascinée par les gigantesques fleurs fromager


Depuis quelques semaines, le Bombax Ceiba ou Red Cotton tree est en fleur. C'est une vision étrange, cette arbre nu à l'écorce noire qui semle traverser l'hiver et se couvre soudain d'énormes fleurs rouges et grasses.


Au début, je regrettais un peu de ne pouvoir les atteindre puis elles se sont mises à tomber, avec de gros plotchs humides de fleur trop lourde et trop lourde. C'est alors que j'ai vu que les gens les ramassais et les faisaient sécher au soleil. Les gardiens de mon école avaient étalés plusieurs tapis devant l'entrée et je leur demandais si c'était pour faire du thé. "Du thé, oui, "zhongyao" (médecine chinoise).



Aujourd'hui j'en trouve une presque intacte au parc et la ramène chez moi pour une petite séance de photo - j'adore son coeur d'or et de lumière. Il faut lui trouver un nom - petite recherche donc et je tombe enfin sur le bombax ceiba, avec lien wiki en chinois, où l'on découvre justement un tapis de fleurs qui sèchent. Elles soignent l'angiogenèse et font partie de la médecine viêt.

Petit lien pratique pour trouver le nom des fleurs.

vendredi 25 février 2011

Voyage aux sources de la céramique - part. 2

 
Au pays des théières

Quelques souvenirs de la superbe théière de Yixing dont je suis tombée amoureuse à Pékin? Et ce bestiaire de céramique qui accompagne les buveurs de thé - et dont je fais collection? Depuis le temps que je les recherche, il fallait que j'aille fouiner dans leur antre, que je rencontre les artistes qui les façonnent et que je déniche quelques nouvelles pièces! Yixing! La ville des théières! Départ, donc, pour le Jiangsu.

Et une belle déception...

Je ne m'attendais pas à une belle ville, ni à un petit village d'artisans et, voyageant durant la saison morte, je ne m'attendais pas non plus à une activité de rucher (ou si, un rucher en hiver et c'est exactement ce que j'ai trouvé). Mais le fait est que Yixing ne doit pas souvent être visitée, même par les touristes chinois. Le flot des visiteurs dans le Jiangsu ne doit pas dépasser Suzhou, en fait. Du coup, même les pièces du musée de la poterie ne sont pas les plus belles que l'on puisse admirer et le marcher des théières présente plus de produits bons marchée que d'oeuvres originales des artistes du coin. C'est logique. S'ils veulent vendre leurs oeuvres, c'est dans les mégapoles qu'ils doivent les envoyer, personne ne se déplacera jusqu'à Yixing pour les acheter. Quant aux potiers, ce n'est pas en hiver que l'on voit naître une théière.

 A mon avis, un passionné qui veut vraiment connaître et observer les techniques des potiers de Yixing devrait prendre rendez-vous avec un maître potier et maîtriser la langue ou venir avec un guide-traducteur. Autrement le gentil enthousiasme du gardien au portail du musée ne suffira pas...

Combat de criquets

Grenouille jouant avec le poisson

Paysage de montagne

mardi 11 janvier 2011

Une petite théière de Yixing

   
Ça y est, je l'ai enfin trouvée!

Comme je l'ai déjà soulevé dans plusieurs articles sur le thé, le thé en Chine s'entoure de nombreux objets d'art, du superbe plateau en pierre sculptée aux fabuleuse petites théières de Yixing, en passant par les calligraphies, poèmes, costumes de cérémonie ... Autant le dire, il n'est pas nécessaire d'être un amateur de thé pour s'émerveiller des objets et de la culture autour du thé.

Parmi ces objets, les théières ont toujours été un des plus beau support de l'art. Multiples, sobres ou fantaisistes, il y a des théières pour tous les goûts, une théière pour chaque personne. J'ai attendu trois ans avant de m'offrir ma théière. J'en voulais une qui m'appelle, que je désire vraiment, qui soit juste pour moi. Difficile de faire son choix au milieu de tant de merveilles, mais j'ai fini par la trouver.

Elle vient d'un artiste de Yixing, qui est la ville des théières. Façonnée dans une argile noire typique de Yixing, l'argile zisha, elle est lisse et douce comme de la soie, et prend une très belle couleur quand elle est mouillée. Ronde, un peu dodue, parfaitement équilibrée, son couvercle s’emboîte sans un espace, sans aucun jeu. Dessus, deux poissons, dont les yeux de céramique bougent sous le doigt. L'un des deux a la bouche ouverte. Il fait appel d'air et permet ainsi, lorsque l'on appuie le doigt dessus, d'arrêter l'eau de couler. C'est là toute la magie de la théière chinoise!

A l'intérieur, surprise! Un troisième poisson barbote au fond! Lui aussi, avec les yeux mobiles! Une carte signée présentant son auteur avec son maître céramiste accompagne la théière, comme garantie de son authenticité. Mais franchement, vu la beauté et la qualité, il n'y a pas de doute là-dessus.

jeudi 7 octobre 2010

Maison de thés en tous genres

 
Pas besoin de le dire, la maison de thé est une institution en Chine. Du simple thé à la complexe cérémonie, de la peinture à la céramique, l'art du thé occupe des rayons et des rayons dans les librairies. Des rues entières lui sont consacrées, véritables paradis de l'amoureuse des objets qui tournent autour du thé que je suis devenue. Comment décrire la splendeur de certaines théières croisées dans un petit coin d'un superbe magasin. Comment ne pas tomber amoureuse d'un plateau à thé en pierre noire finement sculpté d'une dentelle de motifs printaniers?

Une visite à la maison de thé Lao She, antre touristique mais au coin du hutong où j'aime nicher lorsque je suis de passage à Pékin, m'a permise de distinguer les différentes maisons de thé, présentées en modèles d'argile que je reproduis ici.

La grande maison de thé accueille une clientèle toute couche sociale confondue.

Cette maison de thé des lettrés accueille les magistrats, hommes d'affaires qui viennent y débattre ou négocier autour d'un thé

La maison à thé et à viande vend aussi de l'alcool et permet de se restaurer en même temps que de se délasser

La maison à thé "cantata" permet de jouir d'un spectacle d'opéra ou de musique tout en sirotant son thé

Une autre maison de thé des lettrés, plus centrée sur l'art, permet d'y écouter philosophie, grande littérature, débats, poésie

La maison à thé "sauvage" se trouve à l'air libre, un peu partout. Les parcs de Chengdu en font la spécialité de la ville. De passage à Chengdu, il ne faut surtout pas manquer de boire un ba bao cha (thé des huit trésors) tout en se laissant curer les oreilles par un nettoyeur d'oreilles. Avec de la chance, un karaoké ambulant passera, histoire de pousser une petite chanson.

La maison de thé Laoshe propose un spectacle de divers arts chinois le soir. A voir, en sirotant un Tianwanyin et en dégustant quelques amuse-bouche pékinois.
Prendre un thé dans une sereine maison de thé, c'est sûrement un peu l'image que l'on se fait d'un moment de bonheur en Chine. Mais attention, le thé peut-être très cher. Mon premier contact avec la Chine lors de mon arrivée à Pékin a été un thé à ... 60 dollars! Je n'avais même pas idée qu'il existe sur cette terre des thés aussi cher! Et ce n'était pas le plus luxueux! Il y a aussi les thés abordables, dans des maisons de thés tout aussi abordables. 5 yuan un ba bao  cha dans le parc de Shapingba, au bord d'un lac, entouré de faux monuments européens par exemple. Et pour la sérénité, elle se trouve en soi même. La Chine est un pays très vivant.

dimanche 28 mars 2010

Cha da bao - thé à l'emporter

Hier, j'ai reçu un très joli cadeau typiquement chinois, qu'il va me falloir apprendre à utiliser. Un nécessaire à thé de voyage! Je vais enfin pouvoir reproduire une parfaite cérémonie chinoise du thé lors de mes errances de routarde solitaire. Et je vais pouvoir inviter plein de monde, car le nécessaire comprend huit bols à thé! Huit! De quoi se faire plein d'amis amateurs de thé au fil des routes!

Je le fait découvrir dans ces pages, car il est assez particulier, et très différent de ce que l'on connaît en Europe. Pour commencer, il tient dans une petite mallette pas plus grande qu'un trousseau à maquillage. A l'intérieur, la théière, son filtre, huit bols et une pince.


La campeuse barbare qui se balade avec son inséparable tasse de métal va prendre de petits airs raffinés! Le nécessaire est en fine porcelaine blanche, décoré de mes chers poissons koï (comme on aura pu remarquer dans la mise en page de ce blog... vous avez pensé à nourrir mes poissons?) et du telle finesse que la lumière filtre au travers!


Le filtre est en porcelaine aussi et se pose sur la petite téière. Il ressemble à un petit bol avec un couvercle, au fond, un  filtre et un seul petit trou: le thé prendra donc du temps pour passer au goutte à goutte d'un récipient à l'autre, mais quelles gouttes!



Quant à la pince, elle sert à tenir les bols alors qu'on les rince avec de l'eau chaude, puis du thé chaud, avant d'enfin pouvoir goûter. Car, raffinement oblige, ce thé là doit être goûté.  Dans de tout petits bols. Premier bol, première infusion (pour huit personnes). Puis on rince, remet de l'eau: deuxième infusion. Et de commenter le goût qui évolue. Certains thés sont meilleurs après plusieurs infusion, d'autres sont meilleurs au début. Voici donc un authentique nécessaire de connaisseurs baroudeurs raffiné. Je ne suis néanmoins pas tout à faire sûre de correspondre à  cette description... 


dimanche 14 mars 2010

Bec à sucre

Ce matin, pas de matin.

Et pas de ciel non plus. Une oppressante grisaille enrobe le monde, comme si le jour n'avait jamais existé. Blottie au fond de mon lit, j'ai de la peine à comprendre si c'est l'aube, ou si c'est possiblement la journée que l'on aura aujourd'hui. Ça doit être la journée, car les travailleurs du chantier percent, frappe, scient à tout va depuis quelques heures déjà. Ici, on ne se réveille pas au doux chant des oiseaux.

Bon, va falloir rattraper ça. Dans la cuisine, d'abord.

Il fait trop sombre pour ne pas allumer, autant utiliser des bougie. Et un bon chocolat chaud. Tartines sur du vrai pain (oh, inestimable trésor) avec de la confiture de framboise (petit luxe importé de France). Se planquer sous la couverture avec un Pratchett, une petite vidéo sous la main pour midi, programmation d'une petite sieste au doux chant de la pluie: et c'est parti pour une bonne journée! Et surtout! Qu'on me fiche la paix! (A part, évidemment, si c'est pour une bonne partie de Sho autour de petits gâteaux(1)!)
1. Des tetches aurait dit mon grand-père, des titis, répondrait ma mère

Et puisqu'il fait le temps idéal pour cela, parlons donc des titis d'ici.

Il y a quelques temps, alors que je ne me déplaçais pas encore sur deux bâtons (interdiction de me surnommer Liang BangZi!!! Ce charmant p'tit nom est déjà pris!), je me suis rendue, avec quelques amies, au paradis.

Si, il existe sur terre. Même qu'il se trouve dans une bâtisse des plus ordinaires, ne serait-ce sa taille et son contenu. A l'intérieur, une multitude de magasins de thé! Tout pour le thé, les tables, les plateaux, les cuillères, les petites bestioles que j'affectionne temps, les tasses et théières qui font un musée à elles seules, les boites, le thé bien sûr, à perte de vue, que l'on caresse, tâte, renifle (quand on ne s'y connaît pas), car le thé se choisit autant au touché qu'au regard!... et des pâtisseries!

Le Pu'er, compacté en pastilles ou en plateau, avec toutes ses variantes du moins cher au plus couteux. Le bai cha ou thé blanc,  superbe, qui vaut une fortune, le thé vert, sous toutes les formes possibles, Oolong, que l'occidental a de la difficulté à ne pas prendre pour du thé vert, le ba bao cha, ou thé des huit trésors, pour les petites bourses des becs à sucre, le Oolong au Gingseng, avec son petit goût de réglisse que l'on provoque en aspirant de l'air entre les dents après en avoir pris une gorgée et s'en être rincé la bouche.

Autant le dire, on ne sait plus où donner de la tête. Et du nez. Mais je me fie trop à mon nez, moi qui suis accro au Lady Grey et Earl Grey, qui adore le Lapsang Souchong (introuvable ici! Il faut que je migre dans le Fujian!) et le chaï indien. En Chine, le nez compte finalement assez peu pour choisir son thé. "Ni budong cha!" - "Vous ne comprenez pas le thé!" m'avait lancé un vendeur de thé alors que je tentais vainement de choisir un Pu'er, n'y connaissant rien au Pu'er. Je n'en voulais pas car il n'avait aucune odeur. Pour moi, un thé sans odeur n'est pas bon, il est éventé. En fait, le Pu'er ne se choisit pas avec le nez. S'il n'a pas d'odeur, il ne manque pas de goût. Et d'effet, comme j'ai pu le constater après en avoir bu une tasse où il était un peu trop concentré, un soir. Je passais ensuite une belle nuit blanche, la tête emplie de pensées qui défilaient à mille à l'heure, sans que je puisse ne saisir une seule. Depuis, je me méfie du Pu'er. C'est pire que le café.

Pour bien choisir, il faut goûter. Assises autour de la table à thé, nous regardons la vendeuse répéter les gestes rapides et routiniers de la préparation du thé. Il ne s'agit pas de se contenter de mettre du thé dans une théière et de la remplir d'eau chaude. Non. Il y a deux théières, sans compter la bouilloire. Elle remplit la grande théière de thé et d'eau chaude, rince la petite avec le premier mélange, la vide, la remplit à nouveau, la vide à nouveau, et une troisième fois. Pas de tasse ici, mais de petits verres de porcelaine dans lesquels elle finit par verser un peu de thé. Premier tirage, premier goût. On se rince la bouche, aspire de l'air pour augmenter le goût, commente. C'est un thé vert assez jeune. deuxième tirage. Le goût est complètement différent. Meilleur en fait. Troisième tirage, plus amer. Le thé évolue de tirage en tirage qu'il faut commenter, avant de se décider à acheter. C'est un bon thé, pour ceux qui aiment le thé vert.

Ensuite, passage obligé par le magasin de biscuits pour le thé. Il faut admettre que je résiste difficilement à l'envie de tout goûter! Mochi (ce petit gâteau de riz glutineux est japonais, mais en Chine il rencontre beaucoup de succès, et se présente un peu différemment. J'aime autant le mochi japonais que le mochi chinois) emplis de confiture de fruits dont j'ignorais complètement l'existence jusqu'ici! Ce sera pour plus tard, cette fois-ci, on essaye le mochi au thé vert. Petits gâteaux sablés à la mangue! Gelées de fruits (les chinois adore les textures gélatineuses. Rien à voir avec nos solides gelées de fruits.) On achète un peu de tout, pour essayer, autour d'un thé! On reviendra. Pour découvrir d'autres appats sucrés et acquérir d'autres bêbêtes à thé.

Pas loin de chez moi, il y a un immeuble. Il est comme les autres immeubles. Rien de vraiment extraordinaire. Mais à l'intérieur, il y a trois étages plein de trésors...


Voici un autre bon article sur le thé

mardi 19 janvier 2010

Bêbêtes à thé

Un soir, alors que je déambulais à moitié perdue  et très fatiguée dans une des grandes avenues neutre de Chengdu, une échoppe de thé capta mon attention. je ne saur ais dire ce qui m'attira exactement, car j'en avais assez des magasins et rêvais plutôt de m'installer dans un fauteuil confortable à l'hôtel et de bouquiner un peu. L'échoppe n'avait rien d'extraordinaire non plus. Mais j'y suis entrée. Et j'y fis ma plus belle rencontre.

Elle était là. Caché au fond d'une étagère qui présentait quelques bêtes à thé - je ne connaissais pas l'espèce alors. Je promenais un œil vague sur un Confucius d'argile, quand elle apparut. Je ne peux pas dire que ce fut un coup de foudre, je la prenais, la tournais,  la soupesais, demandais vaguement son prix tout en étant prête à la reposer. Sauf qu'elle ne me lâcha pas. Tout à coup, il me la fallait absolument. Et le vendeur qui négociait à peine...

Elle, c'est un petit Pi Xiu d'argile. Mais à ce moment-là, et pendant longtemps, j'ignorais son nom. Pour moi, elle ressemblait plutôt à une loutre, chinoise bien sûr. Et elle restera La loutre.

Je connaissais déjà quelques objets autour de la cérémonie du  thé. Mais j'éprouvais quelques difficultés à définir l'usage de ma loutre dans cette cérémonie: à quoi servait-elle exactement?
"C'est pour ne pas être seul quand on boit du thé" répondit le  vendeur. Extraordinaire culture autour du thé! Et en effet, l'animal est si attachant, qu'on ne se sent jamais vraiment seul.

Cette rencontre était la genèse d'une nouvelle passion: fouiner à la recherche des plus belles statuettes  d'argile du bestiaire mythologique chinois et des divers objets amusant autour du thé. Je me suis mise à fouiner dans les plus petites boutiques de thé, à en faire le tour, l'œil aux aguets et le vendeur perplexe (non, ce n'est pas du thé que je cherche...). Mais la loutre restait le plus bel objet découvert.

Récemment, j'ai réalisé que je vivais à côté d'un grand marché du thé. Les objets les plus amusants y abondent, dont un superbe bestiaire et beaucoup, beaucoup de Pi  Xiu. Bien que ma loutre en reste la reine, ma collection s'est agrandie.

Pour savoir si l'eau est assez chaude il y a plusieurs moyens: des petits pisseurs d'argiles à deux yuans rencontrent un franc succès. Ces Mannekenpis chinois se présentent sous plusieurs formes:  garçonnet surpris, moine, bouddha, Zhu Bajie, le fameux compagnon cochon du célèbre singe Sun Wukong. Il faut les garder dans de l'eau froide dont elles doivent être remplies. Une fois l'eau prête, il suffit d'en verser sur une de ces figurine. Si un grand jet s'échappe du pisseur, l'eau est assez chaude. Cela est dû à la différence de pression: l'eau bouillante éjecte l'eau froide d'un coup.

Plus amusant encore, les statuettes thermochromes (dont les couleurs changent avec la chaleur) rencontrent un franc succès. A la fois décoratives et amusantes, on craque facilement pour ces objets magiques qui promettent d'épater un bon coup les amis. Pi Xiu noir qui se transforme en jade, Pi Xiu couleur d'argile qui devient or, Bouddha d'or, bonhomme multicolore, tigre noir qui prend les vraies couleurs du tigre ou, petit trésor croisé dans une boutique de Chongqing: la tasse aux motifs de dragons qui deviennent rouges quand le contenu est chaud. De quoi s'en mettre plein les mirettes!

Voici quelques pièces de ma collection:


samedi 16 janvier 2010

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