mardi 23 mars 2010

L'enfant qui était né dans la Chine consumériste

   
Loin des montagnes brumeuses, fleurs de lotus ou de pivoines, roseaux, insectes, oiseaux, chevaux,  roseaux, paysages champêtres et calligraphies que l'on s'attend à trouver si l'on fait une recherche sur la peinture chinoise, coexiste une scène artistique moderne en rupture complète avec la tradition. Une simple recherche google "peinture chinoise" montrera des peintures traditionnelles. Une recherche "artistes chinois" révèle un tout autre monde.

La scène artistique contemporaine est très active, en Chine, et nombreux artistes sont connus mondialement. Dans les années '80, elle explosait, mais se voyait muselée par la censure. Il suffit de lire Ma Jian* pour avoir une idée de l'atmosphère en 1980 à Pékin: entre ouverture et répression, provocation et musellement, l'art prenait une forme nouvelle qui s'écartait non seulement de la tradition, mais du réalisme de la peinture de propagande. L'après Tian-An-Men voit l'avènement du réalisme cynique, des artistes désabusés expriment à travers leur art leur vision critique de la société. Reviennent alors les mêmes thèmes récurrents: la société de consommation, la famille autour de l'enfant unique, les paradoxes sociaux, et la politique: que ce soit le parti, ou le simple fait de secouer les bons vieux tabous, par des actions provocatrices.
*"Chemins de poussière rouge"

J'aimerais présenter dans ces pages quelques artistes. Des plus surprenants à ceux qui m'auraient le plus touchée, par un art plus traditionnel.

Kang Can, un artiste de Chongqing, a choisi pour sa part de jouer sur la vulnérabilité du nouveau né chinois, écrasé par le gigantisme et le consumérisme moderne. Ainsi, il représente des bébés chinois,  qui rappellent un peu ceux de Anne Geddes, dans d'écrasants contextes, principalement consuméristes. Le contraste est parlant. Et frappe juste, dans un pays qui, pendant les années de fermeture lorgnait vers l'ouest, l'eau à la bouche et se retrouve, tout soudain, avec la profusion rêvée, et le mot d'ordre gouvernemental "consommez". Il ne fallait pas le dire deux fois pour que les villes chinoises se transforment en super centre commerciaux de luxe, et que le sport national devienne le shopping.

Mais l'art de Kang Can ne se limite pas à la consommation.  Le bébé évolue dans un monde de géant, tout est démesuré autour de lui. La folie des grandeurs? C'est après tout, un discours récurrent. "La Chine est grande", "la Chine est puissante" et "la Chine a montré au monde qu'elle fait partie des grands" dixit politiciens, journaux et  jeunesse convaincue. On peut imaginer la pression d'être obligé d'être grand.



Sources:

lundi 22 mars 2010

Petites leçons de consumérisme pour marmotons: le modèle de la famille heureuse

     
Après Bob l'éponge, qui m'avait semblé sacrément saugrenu (les gens paient vraiment pour aller voir les aventures d'une éponge au cinéma?), voici les aventures... d'une paire de cannette de boisson!

Non, non, tout est possible. Dans un bus, j'avais pris mon air blasé de voyageuse urbaine coincée sous quelques aisselles, accrochée du bout des doigts à une barre de métal (enfin je crois), les pieds serrés contre mes sacs de course posés par terre. Et le regard tourné vers la télévision (un peu de force il faut le dire, je n'aurais pas vraiment su comment tourner autrement la tête. Voilà ce que c'est que de sortir le bout de son nez un samedi de beau temps !) Et là, mon expression a changé du tout au tout. J'ai soudain réalisé que je regardais... une histoire de cannettes de boisson, avec leurs amis la fourchette et la brosse à dent et leur chien: une boite de sardine qui aboie!

Le dessin animé s'appelle
"哈皮父子", ce qui veut dire "Happy père et fils". Copiez le titre en chinois, collez sous google et allez chercher les images, vous en aurez plein! En attendant, voici le papa et fiston:


 On passera  le côté "nous les produits de consommations, héros heureux!"

A visionner ici

dimanche 21 mars 2010

La Chine sur deux bâtons

   
Le premier qui rira ...

Avant d'y aller, j'imaginais que le Japon était un pays sûr et moderne. Comme toute illusions qui se respectent, les miennes se sont rapidement évaporées. Surtout celle sur la modernité, le jour où j'ai posé les yeux sur les béquilles sur lesquelles j'allais devoir m'appuyer pendant trois mois. Ah! le beau souvenir du Japon traditionnel que je m'offrais là!

Me voilà donc, depuis quelques longues semaines, en train d'explorer la Chine sous un nouvel angle. Celui de la personne handicapée (physically challenged comme ça se dit dans les bus japonais. Notez la subtilité et la délicatesse de l'expression!) Ce n'est pas une expérience inutile en soi, c'est même plutôt intéressant, le désagrément mis à part. Car à bout de bâtons, la Chine prend un tout autre visage. Celui d'un pays où il faut être jeune, et sain. Et où il faut vivre en communauté. Le célibataire individualiste a intérêt à rester en bonne santé, s'il ne veut pas voir son expérience chinoise tourner à l'aigre.

Ainsi, il semblerait que les ascenseurs soient une invention nouvelle. Réservée aux privilégiés. Et aux privilégiés sains et rapide, vu que la porte ne daigne pas rester ouverte plus de 3 secondes! On entre pas dans les ascenseurs, on saute dedans. Mais je ne suis pas une privilégiée. En tout cas pas au niveau du logement. C'est donc à bout de béquille que je dois escalader les 5 étages qui mènent à mon appartement. 

Mais parlons salles d'eau. Et bien avec des béquilles ça peut aller, si on fait bien attention de ne pas glisser ensuite quand le sol est recouvert d'eau (froide). Mais on peut quand même se demander comment ferait quelqu'un en chaise roulante (s'il était parvenu au 5ème, bien sûr). Et si j'ai la chance d'avoir des toilettes occidentales, je dois tout de même me retenir jusqu'à ce que je sois chez moi à chaque sortie. Vous avez déjà essayé les toilettes turques avec des béquilles? Même quand elles sont propres ça tient du jeu d'équilibriste. Et c'est là que je constate que des toilettes pour personnes "physically challenged", ou simplement âgées (je me demande comment font les personnes âgées quand leur fragile vessie les envoie à la case p'tit coin, publique ou non, vu que la majorité des appartements ont des toilettes turques), ça ne court pas les rues, ni les restaurants, aussi chics soient-ils. J'en ai rencontré deux fois: à l'aéroport, et dans le grand complexe de cinémas.

Tout cela n'est que détails, comparé aux routes. Premièrement, on ne sait jamais, lorsque l'on met le nez dehors, si la route sera toujours là. C'est un peu une manie, ici, de refaire les trottoirs et les routes même quand elles n'en ont pas besoin. Ceci dit, elles en ont souvent besoin. Le gars qui fabrique des catteles (carreaux de faïence, pour les non-helvètes) doit avoir le bras sacrément long pour avoir su l'imposer à la Chine entière! Tous les trottoirs de Chine sont recouvert du même matériau fragile, qu'il faut sans arrêt remplacer et qui se transforme en vraie patinoire à la moindre goutte d'eau. Les grandes places, comme les escaliers qui mènent aux restaurants (où à la boulangerie), sont en marbre noir incessamment récuré à coup de panosse, et donc toujours mouillé. La Chine, ça glisse! Et c'est casse-gueule. Une mesure pour réduire la population?

Il faut dire qu'il faut être fou, quand on est handicapé, pour sortir seul. Ou pour sortir tout court. Du moins, c'est l'opinion de nombreux chinois qui s'illuminent d'étonnement (et rient) en voyant une étrangère se balader à bout de béquille. Un ami, il y a quelques temps, me racontait qu'à Pékin, un homme traversait la route en chaise roulante. Autour de lui, les chinois commentaient avec étonnement l'évènement: comment cela se faisait-il qu'il soit dehors? Et seul? N'avait-il donc pas de famille pour s'occuper de lui? Et voilà, ça résume tout. Les personnes handicapées restent chez elles. C'est la famille qui fait tout pour elles et si elles sortent, c'est entourées de plusieurs membres du clan, pour les aider. Ainsi, combien de fois ai-je vu une famille entière porter à bout de bras la chaise de leur aïeul(e) pour entrer dans un restaurant, ou descendre les marches qui mènent au parc? Sans mentionner le système hospitalier où les soins se limitent au minimum que la famille ne peut faire elle-même. Des infirmiers pour nourrir ou laver le malade? Vous rigoler? Ça, c'est le boulot de la famille! Ainsi, 5 semaines après l'accident, lorsque l'on m'a sortie du plâtre pour le remplacer par une attelle, j'ai dû réclamer  pour avoir le pied lavé avant de l'enfermer à nouveau. On m'a alors tendu un vieux chiffon douteux imbibé d'eau. lave-le toi-même! Autant le dire, en Chine, il vaut mieux ne pas devoir se faire hospitaliser si on est seul. La solitude ici est une malédiction!

Un article ici sur l'hôpital et le système de soin en Chine.
A qui sait vouloir, rien n'est impossible: des voyageurs pas comme les autres

samedi 20 mars 2010

Premiers essais de peinture chinoise

Shohei Imamura - "Unagi"

   
Hier, j'ai regardé un film. En japonais. Sous-titré en chinois. Avec un mec qui cause avec une anguille. Qui ne lui répond pas. Et pour cause, c'est une anguille. Même pas une belle anguille. Une anguille filmée sans art. Bêtement anguille. Sans plus.

"Le temps n'a pas la même valeur pour tout le monde",  "Quitte à s'ennuyer, autant aller jusqu'au bout", "Pfff, quelle snob! Peut pas aller sur FB, comme tout le monde? (Ou écrire un blog?)" J'entends déjà les commentaires.

Oui, bon, à première vue, faut être désespéré pour faire un truc pareil, c'est vrai. Mais le pire, c'est que j'ai non seulement bien aimé, mais ne me suis pas sentie le moins du monde handicapée par les langues. Non, je ne parle pas du tout japonais, ni ne lit le chinois. Mais pas besoin de maîtriser les langues pour comprendre "Unagi". Ce film est avant tout un film esthétique, d'atmosphère, qui exprime les émotions, la rédemption, la détresse. Un film lent. Et beau. A ne pas regarder n'importe quand, bien sûr, mais à admirer tranquillement le jour où on veut regarder quelque chose d'un peu différent.

Résumé: Un homme surprend sa femme avec un autre homme. Il la poignarde et va se rendre à la police. Huit ans plus tard, il sort de prison, tenant dans un sachet de plastique: une anguille. Il s'installe alors dans la banlieue industrielle de Tokyo, s'occupe de son anguille, retape une bicoque, soigne son anguille et ouvre un salon de coiffure. Mais un jour, il  tombe par hasard sur une jeune fille qui vient de commettre une tentative de suicide et la sauve. Elle le rejoint malgré lui pour l'aider au salon de coiffure, mais n'arrive pas à percer l'écorce de cet homme renfermé, qui réserve ses émotions, son amitié et sa passion à son anguille.

jeudi 18 mars 2010

Il y a une grenade dans mon frigo

   
Oh! Angoisse!

S'il y a une chose au monde que je ne comprends pas, c'est la grenade. Le fruit. Je n'ai aucune envie de comprendre les grenades militaires et la ville se découvre avec plaisir. Ce qui n'est pas le cas du fruit.
Ma première rencontre avec une grenade fut mémorable. Elle eut lieu au Kosovo, alors que j'étais assise sur le bord d'un divan reluisant de propreté, dans un appartement reluisant de propreté, entourés d'hôtes rayonnants d'inquiétude de me voir apprécier ma visite. J'étais assise, chez mon propriétaire. Un homme adorable, artiste qui avait étudié à Paris et qui aimait beaucoup parler en français avec moi. Et j'appréciais beaucoup sa compagnie aussi, mais plutôt chez moi que chez lui. Car dans son salon, j'étais mal à l'aise. On m'entourait d'attentions. Je me répandais en remerciements, en "non, il ne faut pas!", en "je ne veux surtout pas vous déranger"... Ah! l'hospitalité kosovare, ou musulmane de manière générale (l'hospitalité palestinienne n'est pas prête de quitter ma mémoire). Le thé (turque) était bon, mais je n'avais pas faim pour toutes les friandises que l'on me présentait: une tarte faite exprès, vite fait bien fait, pour ma  visite, des friandises que l'on me déballait, des fruits. On me cajolait. Jusqu'à ce que l'on me présenta... une grenade.

Autant le dire, je ne suis pas prête de l'oublier, cette grenade. Je ne l'ai pas ouverte moi-même, mais je me suis retrouvé dans l'obligation de poliment la consommer devant mes hôtes, extrayant maladroitement les petits grains rouges qui sautaient d'un coup dans tous les sens (d'où l'inspiration militaire) et se répandaient sur le divan, le tapis, la table, mes habits, tous impeccables  (du moins pour les meubles) jusque là. Et moi de me répandre aussi, en excuses. Tandis que les femmes, assises autour de moi, se réjouissaient de me faire découvrir quelque chose de nouveau, je m'empourprais sous la confusion de ma maladresse. Quel fruit idiot, me disais-je! Même à mon pire ennemi je n'offrirais pas un fruit aussi stupide. Quelle humiliation l'on fait subir à son hôte, en lui offrant une grenade! A la moitié du fruit, je finis par demander si je ne pouvais pas emporter le reste chez moi, pour en jouir plus tard. Autant le dire, mon opinion des grenades ne s'élevait pas bien haut. En fait, elle plongeait plutôt dans des abysses sans fond.

Ajoutons à cela je traumatisme d'enfance du sirop à la grenadine, que les adultes commandent d'office au resto pour la "gamine". Oui mais alors vert, le sirop. Pas rouge. Rouge, ce sera pour plus, quand j'aurais le droit de boire de la bière. Et encore. Juste pour essayer.

Mais voilà-t'y pas* que je me  retrouve au pays des grenades. Non, pas la Chine. Le Shaanxi. Et surtout, Xi'an. Il y a même un festival des grenades. Et tous ceux qui se rendront au musée des soldats de terre cuite ne manqueront pas de remarquer les champs de grenadiers qui y mènent, et les vendeurs de grenades au bord de la route. C'est donc tout naturellement que, la malade emplâtrée que je suis, reçut en cadeau, deux grenades! Et oui, en Chine, on offre des fruits aux malades. Et l'on offre aussi des spécialités. Les deux combinés, je ne pouvais donc que recevoir des grenades.
* comme dirait ma grand-mère

Autant le dire, après les remerciements d'usage, ma première réflexion fut: "mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de ces trucs?" C'est ma voisine russe, culinairement plus créative, qui a répondu à la question. Et la réponse fut la bonne: je me suis vue offrir un bracelet de grenades! Ah! La générosité russe!

Le bracelet de grenades:
Il s'agit essentiellement de couches d'ingrédients disposés en anneaux superposés, comme ceci:

1. Au fond: pommes de terres, écrasées avec de l'ail et soit de la mayonnaise, soit du fromage blanc (Anchor ici, Philadelphia va aussi). En tapisser en anneau le fond d'un plat rond.
2. Une couche de mayonnaise (coréenne, la chinoise est sucrée et se met sur les salades de fruits)
3. Une couche d'oignons finement découpés
4. Une couche de viande (ici du jambon, mais du poulet serait préférable)
5. Une couche de carottes râpées
6. Une couche de persil
7. Une couche d'œufs durs réduits en miettes
8. Une couche de betterave rouge râpée mélangée à du fromage crémeux blanc (le même) ou de la mayonnaise (ici on trouve une marque allemande en bocal, trempée dans un vinaigre léger. Très bon).
9. Parsemer de graines de grenades.

Et voilà.

C'est très bon. Peut-être pas forcément à cause de la grenade, mais il faut lui laisser ça, elle donne un petit goût acidulé rafraîchissant. Dommage qu'il y ait des pépins.

Bref, je me suis à peu près réconciliée avec la grenade. Non pas que je vais en acheter une, mais au moins, si on m'en offre une, je sais quoi en faire et je continuerais d'explorer les possibilités de salades.


mercredi 17 mars 2010

Zhang Yimou - "Riding alone for thousand of miles"

   
Une éloge du Yunnan

Riding alone for thousands of miles (Qian li zou dan ji), c'est tout d'abord le titre d'une pièce d'opéra populaire du Yunnan. C'est ensuite le titre d'un film de Zhang Yimou un peu différent de ses derniers films héroïques et tape-à-l'œil: le cheminement d'un père sur les traces de son fils.

Takata Koichi ne parle plus à son fils, et son fils, Kenichi, ne lui parlent plus non plus. Même quand, appelé d'urgence, son père vient le voir à l'hôpital, Kenichi refuse de le voir. Mais l'état de Kenichi est très grave. C'est alors que Takata découvre la vidéo d'un reportage que son fils tournait dans le Yunnan, au sujet des opéras populaires locaux (opéra nuo ou "fossil vivant"). Il y fait une promesse à un acteur qui ne peut pas jouer: celle de revenir le voir. Le fils ne pouvant tenir sa promesse, c'est le père qui, sans prévenir personne, va se rendre dans le Yunnan pour tenir la promesse de son fils.

Riding alone est un très beau film. De par son esthétique d'abord. Zhang Yimou, comme d'habitude, nous offre une photographie intense, des paysages superbes, des prises de vues à couper le souffle. Et ceci, dans l'un des plus beaux cadres de Chine puisqu'il nous emmène pas loin de Lijiang, ville célèbre pour la beauté de sa vieille ville autant que pour son paysage de montagne époustouflant. On découvre, avec Takata, non seulement la tradition des opéras villageois mais également la bonhommie chinoise, la bonté des gens. Zhang Yimou, qui s'est peu à peu spécialisé dans des films miroirs d'une Chine reluisante, ne manque pas de nous donner envie d'aller découvrir ses personnages, tout en accompagnant sans voyeurisme un père à la redécouverte de son fils, et de l'enfant, du Fils en général. Un très beau film, lent, esthétique, sur la découverte de soi, et des autres.

Scène d'opéra nuo

mardi 16 mars 2010

Coup de coeur pour... Langzhong 阆中



La ville du vent et de l'eau

Niché dans les méandres de la paresseuse Jialing dont les eaux sont peu pressées d'aller se mêler à celles du fleuve jaune à Chongqing, un trésor se cache. Un trésor de plus de 2'300 ans. Que personne ne daigne visiter. C'est Langzhong, petite cité qui a réussi à préserver son architecture ancienne et à la tenir loin des regards. Il  faut dire que Langzhong ne se trouve pas sur les grands circuits touristiques. Il faut faire un détour pour aller l'admirer. Or les voyageurs qui vont dans le Sichuan favorisent Juizhaigou ou se dirigent vers le Yunnan en passant par le Kham. Rares sont ceux qui se dirigent vers Chongqing. Plus rares encore, ceux qui s'aventurent sur les routes cahoteuses qui mènent à Langzhong.

Certes, la ville est modeste. Et si les touristes chinois lui ont déjà donné ce petit air de parc d'attraction culturel qu'arborent malheureusement tous les sites touristiques de Chine, cela reste modeste, et parfaitement. Peu de touristes, et moins encore d'étrangers, foulent les pavés anciens de ce petit bijou et à les gens y font des yeux ronds et se réjouissent de voir cette rareté qu'est la touriste étrangère. Du coup, il faut aimer être abordé. Non pas pour se voir pressé d'acheter, mais juste pour laisser l'occasion aux gens de parler à la laowai. Bien sûr, les habitants de Langzhong se réjouissent aussi de voir leur ville sortir de l'indifférence, car ils aimeraient beaucoup la voir figurer parmi les sites touristiques à ne pas manquer. Et ça va certainement être bientôt le cas, puisque Langzhong est candidate pour devenir un site protégé de l'UNESCO et que le gouvernement prévoit de dépenser 3 mio de Yuan dans sa rénovation. Autant le dire, après cela, Langzhong perdra ce qui fait tout son charme: le fait d'être une ville ancienne ignorée des touristes. Et la quatrième ville la mieux préservée de Chine, selon China-Information.

Je m'y suis rendue en 2008 depuis Chongqing. 3 heures de route, m'avait-on dit. Oui, 3 heures. De tape-cul sur une route en devenir spécialement faite pour les 4x4, ce que notre vieux bus n'était pas. On sautait si haut sur nos sièges qu'on atterrissait pas toujours dessus. En tout, le voyage a duré 5 heures (2 heure de route normale! Si, si!) Autant le dire, une fois arrivé, on a plus les vertèbres à la même place.

Une autre excellente raison de visiter Langzhong? L'art du vent et de l'eau. Ou FengShui. Cet art si prisé en Occident, qui fait fureur chez les libraires à un point qui surprend et fait rire mes étudiants chinois (non, le fengshui n'est pas vraiment à la mode en Chine et les élèves ouvrent de grands yeux quand je leur montre le choix des ouvrages sur le sujet par une simple recherche sur amazon). Langzhong est, semble-t-il, la seule ville préservée construite sur les principes du Fengshui des Tang.  On y trouve un très beau musée sur le  sujet. De quoi se demander comment cela se fait que tous les amoureux de cet art ne s'y précipitent pas!

En fait, le prestige de Langzhong n'a pas toujours été ignorée et elle fut même, pendant la dynastie des Han, un important centre d'études astronomiques.

Ah! Flâner, le temps d'un week end, dans la Chine ancienne, sans hordes de touristes! Et se perdre dans les sourires des sympathiques habitants de Langzhong! Rien que pour cela, cette bourgade est un authentique coup de cœur!

Un article en anglais ici

dimanche 14 mars 2010

Bec à sucre

Ce matin, pas de matin.

Et pas de ciel non plus. Une oppressante grisaille enrobe le monde, comme si le jour n'avait jamais existé. Blottie au fond de mon lit, j'ai de la peine à comprendre si c'est l'aube, ou si c'est possiblement la journée que l'on aura aujourd'hui. Ça doit être la journée, car les travailleurs du chantier percent, frappe, scient à tout va depuis quelques heures déjà. Ici, on ne se réveille pas au doux chant des oiseaux.

Bon, va falloir rattraper ça. Dans la cuisine, d'abord.

Il fait trop sombre pour ne pas allumer, autant utiliser des bougie. Et un bon chocolat chaud. Tartines sur du vrai pain (oh, inestimable trésor) avec de la confiture de framboise (petit luxe importé de France). Se planquer sous la couverture avec un Pratchett, une petite vidéo sous la main pour midi, programmation d'une petite sieste au doux chant de la pluie: et c'est parti pour une bonne journée! Et surtout! Qu'on me fiche la paix! (A part, évidemment, si c'est pour une bonne partie de Sho autour de petits gâteaux(1)!)
1. Des tetches aurait dit mon grand-père, des titis, répondrait ma mère

Et puisqu'il fait le temps idéal pour cela, parlons donc des titis d'ici.

Il y a quelques temps, alors que je ne me déplaçais pas encore sur deux bâtons (interdiction de me surnommer Liang BangZi!!! Ce charmant p'tit nom est déjà pris!), je me suis rendue, avec quelques amies, au paradis.

Si, il existe sur terre. Même qu'il se trouve dans une bâtisse des plus ordinaires, ne serait-ce sa taille et son contenu. A l'intérieur, une multitude de magasins de thé! Tout pour le thé, les tables, les plateaux, les cuillères, les petites bestioles que j'affectionne temps, les tasses et théières qui font un musée à elles seules, les boites, le thé bien sûr, à perte de vue, que l'on caresse, tâte, renifle (quand on ne s'y connaît pas), car le thé se choisit autant au touché qu'au regard!... et des pâtisseries!

Le Pu'er, compacté en pastilles ou en plateau, avec toutes ses variantes du moins cher au plus couteux. Le bai cha ou thé blanc,  superbe, qui vaut une fortune, le thé vert, sous toutes les formes possibles, Oolong, que l'occidental a de la difficulté à ne pas prendre pour du thé vert, le ba bao cha, ou thé des huit trésors, pour les petites bourses des becs à sucre, le Oolong au Gingseng, avec son petit goût de réglisse que l'on provoque en aspirant de l'air entre les dents après en avoir pris une gorgée et s'en être rincé la bouche.

Autant le dire, on ne sait plus où donner de la tête. Et du nez. Mais je me fie trop à mon nez, moi qui suis accro au Lady Grey et Earl Grey, qui adore le Lapsang Souchong (introuvable ici! Il faut que je migre dans le Fujian!) et le chaï indien. En Chine, le nez compte finalement assez peu pour choisir son thé. "Ni budong cha!" - "Vous ne comprenez pas le thé!" m'avait lancé un vendeur de thé alors que je tentais vainement de choisir un Pu'er, n'y connaissant rien au Pu'er. Je n'en voulais pas car il n'avait aucune odeur. Pour moi, un thé sans odeur n'est pas bon, il est éventé. En fait, le Pu'er ne se choisit pas avec le nez. S'il n'a pas d'odeur, il ne manque pas de goût. Et d'effet, comme j'ai pu le constater après en avoir bu une tasse où il était un peu trop concentré, un soir. Je passais ensuite une belle nuit blanche, la tête emplie de pensées qui défilaient à mille à l'heure, sans que je puisse ne saisir une seule. Depuis, je me méfie du Pu'er. C'est pire que le café.

Pour bien choisir, il faut goûter. Assises autour de la table à thé, nous regardons la vendeuse répéter les gestes rapides et routiniers de la préparation du thé. Il ne s'agit pas de se contenter de mettre du thé dans une théière et de la remplir d'eau chaude. Non. Il y a deux théières, sans compter la bouilloire. Elle remplit la grande théière de thé et d'eau chaude, rince la petite avec le premier mélange, la vide, la remplit à nouveau, la vide à nouveau, et une troisième fois. Pas de tasse ici, mais de petits verres de porcelaine dans lesquels elle finit par verser un peu de thé. Premier tirage, premier goût. On se rince la bouche, aspire de l'air pour augmenter le goût, commente. C'est un thé vert assez jeune. deuxième tirage. Le goût est complètement différent. Meilleur en fait. Troisième tirage, plus amer. Le thé évolue de tirage en tirage qu'il faut commenter, avant de se décider à acheter. C'est un bon thé, pour ceux qui aiment le thé vert.

Ensuite, passage obligé par le magasin de biscuits pour le thé. Il faut admettre que je résiste difficilement à l'envie de tout goûter! Mochi (ce petit gâteau de riz glutineux est japonais, mais en Chine il rencontre beaucoup de succès, et se présente un peu différemment. J'aime autant le mochi japonais que le mochi chinois) emplis de confiture de fruits dont j'ignorais complètement l'existence jusqu'ici! Ce sera pour plus tard, cette fois-ci, on essaye le mochi au thé vert. Petits gâteaux sablés à la mangue! Gelées de fruits (les chinois adore les textures gélatineuses. Rien à voir avec nos solides gelées de fruits.) On achète un peu de tout, pour essayer, autour d'un thé! On reviendra. Pour découvrir d'autres appats sucrés et acquérir d'autres bêbêtes à thé.

Pas loin de chez moi, il y a un immeuble. Il est comme les autres immeubles. Rien de vraiment extraordinaire. Mais à l'intérieur, il y a trois étages plein de trésors...


Voici un autre bon article sur le thé

vendredi 5 mars 2010

Jirô Asada - "Le Roman de la Cité Interdite"



Un trésor peut se cacher au fond d’un livre

Quel drôle d’ovni avait atterri dans la hotte du père Noël : un livre sur la cité interdite, écrit par un auteur japonais.

C’est avec curiosité, mais aussi avec méfiance que je me suis saisie des deux gros volumes de ce roman ambitieux. En effet, curieuse de voir ce qu’un auteur japonais avait à dire là-dessus, et méfiante face à la quatrième de couverture qui annonçait de la fantaisie, de l’ésotérisme même sur une toile historique. L’histoire n’allait-elle pas être trop fantasque, voire trop romancée ? C’est ce que je me suis demandée en la lisant.

Le roman s’inscrit dans le dernier tiers du règne de l’impératrice Cixi (Tseu Hi) et se concentre sur les évènements et les personnages autour de la Réforme des Cent jours. Cela permet à l’auteur de nous plonger dans la Chine traditionnelle avec ses rites de 5000 ans d’âge et de nous amener au seuil de sa difficile mutation vers la modernité.

Si les craintes se sont en partie réalisées, j’ai été plutôt déçue  en bien : dans le premier volume, le plus passionnant, l’auteur nous plonge dans l’histoire « transversale » : ainsi, on accompagne l’ambitieux mais naïf Tchouen Youn chez les eunuques et les faiseurs d’eunuque et, au travers de scènes très crues, explorons ce système cruel qui offre aux plus désoeuvrés une chance de prestige inimaginable comme esclave dans la Cité Interdite. Le réalisme de l’écriture et le charisme des personnages tient véritablement le lecteur en haleine. Parallèlement, un deuxième personnage tout aussi charismatique, Liang Wensiou, nous plonge, lui, dans le système des examens impériaux et le monde des mandarins. Passionnant ! Je ne plaisante pas !

En compagnie de ces deux héros, le lecteur va alors explorer l’opposition entre les réformateurs (Liang Wensiou ainsi que des personnages historiques comme Kang Youwei ou Sun Yatsen) et le camp des conservateurs en compagnie de l’eunuque favori de l’impératrice, le personnage fictif de Tchouen Youn.

C’est sur cette opposition que le deuxième volume, Le dragon bicéphale, se base. En compagnie de personnages historiques, on quitte le monde de la fiction et l’on suit l’histoire linéaire, avec par ci, par là quelques interventions romancées ou fantaisistes qui rajoutent au mystère. Moins passionnant, ce deuxième volume perd de son charme mais permet en revanche de s’intéresser de plus près à l’histoire du court règne de Tsai Tien, le neveu de l’impératrice, et à sa réforme des Cent jours. Autrement dit, aux courants de pensées réformistes de l’époque. Et c’est là que l’auteur perd de sa force : cette pensée n’est pas explorée en profondeur, on reste plutôt au niveau des intrigues, et c’est bien dommage.

En revanche, grâce à quelques scènes qui nous projettent au XVIIème siècle, l’ombre du passé s’étendant sur la Cité, j’ai fait une merveilleuse découverte : un trésor. Le peintre de cour Lang Shining, connu aussi sous le nom de Giuseppe Castiglione ! Ce génie du baroque qui s’était embarqué pour la Chine tout jeune, comme missionnaire jésuite, et qui a passé toute sa vie comme peintre à la cour de l’empereur de Chine. Je suis allée voir ses œuvres sur Internet : à couper le souffle. Je sens là une histoire passionnante et vais faire de plus amples recherches. Merci Asada Jirô pour cette fabuleuse découverte !

En résumé, ce roman est un moment de lecture agréable, intéressant sous pas mal d’aspects, mais aussi assez superficiel. Il passe comme une distrayante série télévisée que l’on a tôt fait d’oublier. A prendre en vacances (d’été, vu qu’une bonne partie se passe sous la canicule).

jeudi 4 mars 2010

Comment devenir millionaire au Japon


Dernièrement, on m'a raconté que lorsque l'on vit sa propre année zodiacale chinoise, on risque plein de misères. Je ne sais que croire, mais je commence l'année avec la cheville fracturée (ceci dit l'accident a eu lieu durant la fin de l'année du bœuf... ça compte?)

L'accident a eu lieu au Japon. Ce qui me donne l'occasion de relever un bizarrerie japonaise. Celle-ci:


Oui, c'est une facture. Je n'ai pas eu tout de suite l'idée de la lire, c'est vraiment par hasard que je me suis mise à l'examiner en détail, juste pour savoir combien coûte une radiographie au Japon. Autant le dire, c'est peu coûteux: seulement 2300 yen. EN REVANCHE! La lettre de référence du médecin coûte 2500 YEN!!! Autant le dire, cela rapporte de savoir écrire au Japon!

Pour le coup, je me suis dite qu'il avait dû écrire la biographie de ma cheville en 1000 pages, depuis sa genèse pré-embryonnaire jusqu'à l'accident qui généra sa rencontre avec elle. Donc j'ouvre la lettre en question, et y découvre... 5 lignes. Une centaine de caractères en tout. Cela fait 25 yen l'idéogramme! (A ce prix là, pour donner une idée, on peut s'offrir un quart de café dans une machine à boissons - pour autant qu'elle offre les cafés en quarts!)

Non, franchement, y'a comme un fumet de jackpot! Ça respire le bon plan! Vous voulez devenir riche? Devenez écrivain public au Japon, ou nègre, ça rapporte encore plus! Imaginons un peu tous ces étudiants qui seraient prêts à payer pour qu'on leur tape leur mémoire ou leur thèse. Disons... un mini texte de 100'000 signes à 25 yen le signe = 2 mio 500'000 yen!

Bien sûr, on peut émettre une autre hypothèse. Celle que le médecin en question se voit récompensé de 2'500 yen pour non seulement connaître la médecine, mais en plus savoir écrire! Et en japonais!

mercredi 3 mars 2010

Joyeux Hina Matsuri!


Aujourd'hui 3 mars, c'est Hina Matsuri au pays du soleil levant. Autrement dit, c'est la fête des poupées... et des petites filles.

A cette occasion, les familles célèbrent les petites filles avec des fleurs, pâtisseries et petits présent
s du genre de ce mobile que j'ai reçu en cadeau d'une amie kyotoïte. L'amie en question a débarqué chez moi avec des sushis, une soupe et des mochis et nous avons célébré ensemble les jeunes filles qui sont en nous.

Un très joyeux Hina matsuri à toutes les petites et plus grandes filles!

dimanche 28 février 2010

Dernier jour de fête - c'est la pleine lune


Ce soir, les réjouissances du Nouvel An vont prendre fin. C'est la pleine lune, le 15ème jour de la nouvelle année, les enfants vont clore les festivités en défilant avec des flambeaux tandis que feux d'artifices et pétards s'en donneront une dernière fois à cœur joie avant de donner un peu de repos à des nerfs mis à l'épreuve par deux semaines d'explosions intensives. Bien sûr, les travaux reprendront dans les immeubles voisins, puisque cela marque aussi la fin des vacances.

En ce 15ème soir, les chinois vont déguster un petit symbole sucré de la pleine lune: le tang yuan. Ce sont des boules de riz glutineux remplies de crème sucrée, soit à base de sésame noir ou de marron (mais il y a une grande variété), qui ressemblent en effet à de parfaites pleines lunes blanches et luisantes. On les bouillit dans l'eau quelques minutes avant de les manger chaudes.


Le jeu de Sho - version tibétaine du parcheesi?


Hâte-toi lentement à la tibétaine

Ah! Les dimanches pluvieux quand, autour de la table, la famille se réunit pour un jeu de parcheesi,*  ou hâte-toi lentement. Voilà le jeu de plateau le plus commun, le plus habituel du dimanche-après-midi-quand-il-pleut. Mais j'ignorais, jusqu'à aujourd'hui, que ce jeu fut indien. En fait, je vais me coucher moins bête ce soir, j'ai joué des années au parcheesi en prenant comme acquis que le jeu devait certainement être européen, ou même suisse, vu que j'ai rencontré quelques français qui ne le connaissaient pas. cela vient d'ailleurs d'un autre préjugé, celui de croire que l'on a tous joué aux mêmes jeux durant notre enfance. Comme quoi, on a pas fini de se retrouver avec le nez dans ses propres préjugés, sur les sujets les plus inattendus!

Or, il y a deux jours, ma collègue m'invite chez elle pour le dîner (déjeuner chez les français) et à la fin du repas, sort son jeu de SHO tout frais (sous la poussière) rapporté de Lhassa. Un grand coussin rond qui vous laisse les doigts noirs, des coquillages (62 pièces), des fausses pièces de monnaies, deux dés (Sho en tibétain), le bol de caoutchouc pour les lancer et un grand point d'interrogation: comment y joue-t-on?

On trouve les règles sur Internet et là, à ma grande surprise je reconnais à quelques variantes près, le jeu de parcheesi. Les voici donc, telles que trouvées et comprises sur Internet (lien ci-dessous):

Premièrement, il y a trois joueurs au maximum. Il faut répandre les coquillages en collier autour du tapis. Ces coquillages représentes les cases sur lesquelles on fait avancer les pions, ceux-ci étant remplacés ici par les pièces de monnaies.

Le but du jeu est de faire faire le tour de tous les coquillages à chacune de ses 9 pièces de monnaies. Le premier à les avoir toutes sorties a gagné. Pour cela: il faut les faire avancer à coup de dés. Il y a deux dés, on peut donc avancer de 2 à 12 cases. Par exemple, si on fait six, on avance de six coquillages. Attention, le joueur qui roule les dés ne doit pas retirer lui-même le couvercle. C'est le prochain joueur qui doit découvrir les dés. S'il oublie cela, il doit relancer.

Pour commencer: le matin, le premier à commencer est le plus âgé, l'après-midi et le soir, ce doit être le plus jeune. Au premier tour chaque joueur peut entrer deux pièces dans le jeu.Si au premier tour un joueur fait 3, ce la s'appelle SUGU BARRA et il peut commencer en plaçant 3 pièces derrière le 3ème coquillage. Si un joueur fait BARRA (deux 1) en commençant, il peut avancer 3 pièces.
Il y a quelques spécificités: Premièrement On peut faire des piles de pièces: c'est à dire que si une pièce avance sur la même place qu'une autre pièce nous appartenant, elles s'ajoutent et se déplaceront ensemble en une pile.

Ensuite, on ne peut pas rester sur la même place que quelqu'un d'autre. Mais on peut manger, c'est à dire renvoyer à la maison, un autre joueur en prenant sa place. On le TUE. On ne peut tuer que si on a le même nombre de pièces ou plus dans sa pile. Si on tue ou ajoute, on peut relancer les dés.
Les dés sont un peu spéciaux car le 1 est plus gros. Si on a deux 1, c'est barra. Cela veut dire que si on fait barra,  on peut choisir entre toutes ces possibilités:
1. Entrer deux pièces d'un coup derrière le deuxième coquillage.
2. Tuer un adversaire
3. Additionner deux pièces ou piles de pièces
4. Relancer les dés

Si un joueur tue toutes les pièces d'un autre joueur, il doit s'arrêter et ne pas relancer les dés (ici je ne suis pas très au clair avec cette règle). Un joueur dont toutes les pièces ont été tuées peut entrer deux pièces d'un coup au prochain tour. Si par chance il fait 3 et 6, il peut entrer toutes ses pièces dans le jeu, en une seule pile!
Je ne sais pas: si l'on doit faire le bon chiffre pour sortir du jeu. Et je n'ai pas tout compris non plus en ce qui concerne le deuxième et le troisième joueur qui font le même chiffre que le premier, vu que l'anglais est un peu chaotique sur ce chapitre. Libre à vous de compliquer ou faciliter les règles, ou d'en trouver de meilleures (je serais contente de les connaître dans ce cas). On s'est dans tous les cas beaucoup amusé :-)

Voici donc les règles en anglais, publiées sur un site de tourisme au Tibet

*J'adopte ici l'orthographe indienne trouvée sur le net

samedi 27 février 2010

Souvenir du Nouvel An chinois 2010 à Xi'an



Balade en six photos avant et pendant la fête des lanternes


 
 
 
 
 
Plus ici

vendredi 26 février 2010

Seconde d'inattention

Je le sais pourtant qu'en Chine, il faut y regarder à deux fois avant de goûter quelque chose de nouveau. Surtout quand la personne qui tend le verre affiche une mine réjouie et fort suspecte! Une seconde d'inattention, et on se retrouve avec ça dans l'estomac:


Souriez chauves-souris ... vous êtes des bêtes à F(o)u


J'ai été assez surprise de découvrir, sur les décorations du Nouvel An, toutes chargées de symboles de bonheur et de prospérité, autant que dans les fresques des temples, cette petite bête si mal vue en Europe qu'on va jusqu'à attribuer la forme de ses ailes au démon et à lui inventer des histoires de buveuse de sang: la chauve-souris. Dites que vous aimez les chauve-souris, et on vous regardera comme un(e) original(e) qui aime ce que tout le monde déteste: les bêtes de la nuit, les trucs qui rampent... 

Pourtant, en Chine, la chauve-souris est représentée partout, dans les décorations de fêtes, souhaits de bonheurs, temples... Non pas que les gens les apprécient plus qu'ailleurs, mais par les enchantements de la linguistique.

En effet, celle qui était destinée à autant de mépris qu'ailleurs a la chance de s'appeler (Bian)Fu 蝙蝠, prononcer fou. Et fu veut aussi dire bonne fortune . Du coup, la chauve-souris est devenue un important symbole de la bonne fortune. On en voit généralement 5 sur une décoration, imbriquées dans les méandres floraux, incongrue pour un œil européen.

Cet exemple, fortuné, surtout pour la bête en question qui se voit protégée, est l'un des nombreux exemples de parole magique, si typique en Chine. Bien que l'idéogramme soit entièrement différent, le son rappelle un objet de bonheur et en fait donc un objet de bonheur. Le contraire fonctionne aussi. Ainsi, le chiffre 4 porte malheur car il se dit si prononcer se, comme la mort. Du coup, un numéro de téléphone avec plein de 4 coûte beaucoup moins cher qu'un numéro de téléphone avec beaucoup de 8, de 9 ou de 5 (6 est pas mal non plus). Monde magique, donc, que la parole chinoise qui peut influencer le destin d'une charmante petite bête de la nuit!

Sur la décoration du Nouvel An, sur ma porte, 
la chauve-souris orne le caractère fu

lundi 22 février 2010

Un p'tit tour au Japon

   
Après tout, c'est la porte à côté. J'ai donc craqué, suis entrée dans une agence de voyage et suis ressortie 30 min plus tard avec un billet pour Osaka, départ 5 jours plus tard. Voyage merveilleux, pays superbe et fascinant qui ravit autant les yeux que les papilles. Souvenirs en dix photos.




 Plus de photos sur l'ancien blog:
La forêt de Shiritani Unsuikyo 
Les temples de Kyoto et alentours
Le défilé de kimonos et les maikos 
Balades en voiture autour de Kyoto

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