mardi 31 juillet 2012

Quelle est longue la route qui traverse la Chine...


... Souvent je crois en voir le bout et toujours elle s'allonge.

Adieu autoroutes urbaines de 6 à 8 voies, bouchons, industries fumantes en pleine ville, béton, gaz d'échappements, nuages de pollution et centre commerciaux de luxe... Adieu Tianjin! Voilà quelques mois déjà que je n'écris plus sur ce blog et pour cause. Pas d'Internet à domicile, et plus grand chose à dire lorsque l'on vit dans une ville qui vous passe le goût de la découverte...

Et pourtant, il y a eu de bonnes choses aussi. A commencer par le fait d'avoir travailler dans une équipe sympa et dynamique, appris beaucoup de choses et surtout, enseigné dans une classe avec laquelle j'ai eu tellement de plaisir que j'ai quand même beaucoup hésité à rempiler pour encore deux ans à Tianjin juste pour faire tout le parcours scolaire du collège avec eux. Mais les week-end d'ennuis enfermée chez moi pour ne pas respirer pendant au moins deux jours par semaine les gaz d'échappements et les conflits pédagogiques avec la nouvelle direction ont eu raison de mon désir de garder ma classe. Adieu donc mes adorables collégiens... je reprends la route.

Après avoir cherché ailleurs... cinq ans en Chine me semblait suffisant, j'ai dû néanmoins me rendre à l'évidence qu'il n'y a pas beaucoup de travail en Europe, qu'en tant que citoyenne suisse et donc non-européenne il me sera encore plus difficile de trouver du travail dans les pays européens et que la Chine reste le pays où je suis la mieux payée dans mon domaine. Je reste donc. Mais cette fois dans le sud. L'exploration et la découverte recommencent, au sud de Canton.

Climat tropical très humide, manguiers au bord des routes, palmiers, papillons et autres bestioles pas toujours désirables, chaleur étouffante et orages, cigales... je retrouve un peu de Chongqing et en même temps c'est très différent. C'est la Chine, mais une autre Chine et je retrouve mon goût de l'exploration, je m'étonne à nouveau de plein de choses, je dois réapprendre et c'est ce que j'aime. Je rouvre donc mon blog pour partager ces nouvelles découvertes, photos et impressions à ceux qui ont envie de  découvrir avec moi.

A bientôt et en attendant, un petit séjour en Suisse

mardi 1 mai 2012

Echappée à Qingdao...


... pour retrouve le ciel bleu et goûter la bière

Ras-le-bol de l'épaisse pollution de Tianjin, de son air opaque qu'il faut mâcher plutôt que respirer, du bruit permanent de ses routes à huit voies au centre-ville ou de faire la seule chose à faire dans cette ville obsédée par le fric: du shopping de luxe? Sautez dans le train rapide à la gare du sud, 3 heures et des poussières plus tard, vous êtes à Qingdao!

Le ciel reste gris et sale presque toute la durée du voyage, puis la grisaille s'effiloche et le temps d'arriver à destination, le ciel est redevu bleu d'azur. A peine sorti de la gare, on sent l'air marin. C'est normal, il suffit de traverser la grande route pour être sur le quai! La foule des touristes du week end défile au bord de la mer: photos! Moi devant la mer, moi devant une maison de Qingdao, moi dans l'eau... Tous habillés! Il fait pourtant chaud et les vendeurs de costumes de bain ne manquent pas, mais personne n'est en tenue de bain. Une mariée suivie de son cortège de photographe tente de traverser la plage sur ses talons hauts, une femme en talons aiguilles et bas résilles pose aguillée sur un rocher dans l'eau, des femmes musulmanes tentent de vendre bijoux de coquillages et autres produits de la mer aux touristes, sur la passerelle qui mène au pavillon, des photographes tentent de gagner leur vie en proposant aux touristes de poser dans toute sortes de rôles, dont celui de tireurs d'élite en train d'arrêter un terroriste (mais ceci n'est qu'une interprétation personnelle de la scène en question). J'aurais vraiment tout vu dans ce pays. A Qingdao plus qu'ailleurs, la foule est un spectacle en soi.

Touristes anti-terroristes

Vendeuses de coquillages

Qingdao est une petite ville qui autefois était une concession allemande. Elle en garde le charme européen... et la bière. Peu de grandes routes, beaucoup de ruelles où les gens prennent le thé sur le trottoir, font tranquillement un brin de shopping ou se délassent dans les parcs... Qingdao semble loin, très loin de la frénésie des mégapoles. Ici, le rythme ralentit, on ne se presse pas, on apprécie.

Centre ville vert
Au centre-ville se dresse une montagne entourée d'un parc verdoyant: on peut y marcher des heures et oublier qu'on est en ville. Les gens s'entraînent au chant dans les bois, pêchent, jouent au go dans les petits pavillons, promènent leur oiseau.

Crabes et chocolats
Le soir, les petites ruelles se transforment en marché et en petits restaurants. Les gens achètent tout à la fois fruits, légumes, viandes et bières... le tout dans des petits sachets de plastique. S'ils veulent consommer la bière de suite, on leur met une paille dans le sachet. Beaucoup de restaurant musulmans et surtout, énormément de produits de la mer bien sûr. Et en Chine, on mange vraiment de tout! La petite rue gastronomique est une vision en soi. Voir s'étaler côte à côte étoiles de mer, poissons, fruits de mer et chocolats (je ne veux pas savoir à qui ils sont fourrés) ne donne néanmoins pas forcémment envie de goûter.

Bref, Qingdao vaut non seulement le détour, histoire de se reposer un peu du bruit et du stress, c'est aussi l'une des villes les moins polluée de Chine et, facilement accessible, elle permet de venir s'y réfugier le week end quand on en a marre du ciel pollué et poussiéreux de Pékin et Tianjin.

mardi 17 avril 2012

Une bonne adresse pour trouver un job ou se loger en Chine

 
Expat blog vient d'ouvrir une nouvelle rubrique pour aider les expatrier à trouver un emploi ou un logement en Chine.

samedi 7 avril 2012

S'expatrier est-ce perdre ses droits politiques?

Pour de nombreux suisses qui s'expatrient, mais qui désirent garder leurs droits politiques, la question se pose. En effet, il est possible de s'inscrire pour recevoir les bulletins de vote à chaque votation, et dans certains pays, tout va bien. Mais les papiers sont envoyés par courrier postal, de la Suisse (et non pas de l'ambassade comme cela pourrait se faire, et peut-être se fait ailleurs qu'en Chine). Cela demande donc un certain délai et une grande fiabilité postale, ainsi qu'une adresse qui ne dépende pas, conne c'est mon cas, d'intermédiaires divers (le gardien qui transmet au concierge qui transmet à un département qui transmet à un étudiant ou un prof qui apporte le courrier). La questions se pose alors, ne peut-on pas voter sur Internet?

Eh non! Trop risqué, paraît-il. Oui mais, on confie bien tout notre argent à des transactions hyper sécurisées sur Internet... Il est donc possible aussi, d'hyper-sécuriser le vote. Combien de votations importantes ai-je manqué par cette lacune. Combien de suisses à l'étranger en sont frustrés? Assez pour que l'organisation des suisses à l'étranger lance une pétition que je vous invite à signer. Merci d'avance!

http://www.swisscommunity.org/fr/actualites/petition

mercredi 25 janvier 2012

Les morts chevauchent de grands chevaux blancs...

 
... et le feu est une passerelle entre les mondes.

Plusieurs fois déjà, depuis que je suis en Chine, que j'entrevois quelques cérémonies funèbres. A Tianjin, où certaines traditions survivent au-delà des interdictions, il n'est pas rare de croiser, parqué devant un immeuble, au milieu des gerbes de fleurs en papier, un grand cheval blanc, en papier lui-aussi.

Par deux fois déjà, le soir, une musique différente de ce que l'on entend d'habitude dans la rue, traditionnelle et solennelle, a attiré mon attention. J'ai vu alors un groupe de personnes passer devant ma fenêtre avec les gerbes de fleurs, des foulards blancs autour du front, et la première fois, une sorte de parasol rouge. La seconde fois, un cheval blanc. Le temps de sauter dans mes bottes et de passer mon manteau sur mon pyjama, je les suis, tout en sachant où ils vont et ce qu'ils vont faire. Il faut être rapide car ça dure très peu de temps. Arrivée au premier carrefour, je vois que le groupe s'est déjà dispersé tandis qu'un feu brûle au milieu de la route, que les véhicules contournent docilement. Les automobilistes de Tianjin ont l'habitude de ce genre de cérémonies. Un homme est resté derrière, qui rassemble les cendres tandis que le groupe continue de faire le tour du quartier en musique pour revenir vers l'habitation du mort. Demain matin, je me réveillerai tôt au son des pétards, et le troisième jour aussi, car c'est à ce moment-là que l'âme ira rejoindre le monde des morts, là où le cheval blanc attend.

Si j'ai bien compris, le cheval blanc est pour les hommes et l'ombrelle pour les femmes. Une amie m'explique: les chinois pensent que dans l'au-delà on mène une vie pas très différente d'ici, et avec les mêmes besoins. La famille envoie donc des objets au mort, en les brûlant. La cérémonie doit se répéter ensuite chaque année puis sur un temps plus long. Par les descendants qui apprennent depuis tout petit à vénérer les ancêtres.

mardi 24 janvier 2012

Assurances sociales et expatriation... Vive la Suisse!

 
S'expatrier. Quiconque d'un peu prévoyant et organisé faisant une recherche sur le sujet trouvera le guide de l'expatrié fournit par l'administration fédérale. On y explique plusieurs questions pratiques relatives à divers sujets comme retirer ses papiers de Suisse, traiter l'AVS, chercher des assurances ou revenir en Suisse.

Il y a des pièges, et je suis tombée dedans. Après avoir bien arrêté l'assurance maladie qui ne pouvait pas me suivre en Chine et l'AVS à laquelle mon employeur n'allait pas participé depuis là-bas, retiré mes papiers du contrôle des habitants pour les déposer plus tard à l'ambassade, je n'ai pas forcément cherché à savoir comment continuer à cotiser pour l'AVS sans être en Suisse. Le fait est qu'à l'époque je ne devais gagner que RMB 3500.- par mois, ce qui équivaut aujourd'hui à CHF500.-. C'est le salaire normal pour commencer à enseigner dans les universités chinoises. Il y a de meilleures propositions, j'allais en bénéficier plus tard. Autant le dire, avec ce salaire je voyais mal comment j'allais pouvoir cotiser pour quoi que ce soit. Même si sur place, tout est pris en charge par l'employeur, des assurances aux impôts en passant par le logement qui est offert. Je ne pensais pas non plus rester aussi longtemps en Chine. Pour moi, mon aventure chinoise était temporaire.

Oui... mais. Que j'apprécie ou non de vivre dans des mégapoles hyper-polluées, c'est là qu'il y a du travail et les offres intéressantes en Europe ne se bousculent pas au portillon. Là-dessus il faut concéder que les étudiants chinois sont un public agréable. Et j'aime vivre à l'étranger... juste parce que c'est l'étranger, c'est ailleurs quoi. C'est ce que j'ai toujours voulu faire. Difficile à expliquer. Le temporaire s'étire donc en permanent, le salaire s'améliore et je commence, dès la 2ème année, à songer à me préoccuper de ce qui adviendra de ma retraite lorsque je reviendrai en Suisse, n'ayant pas forcément l'intention de passer mon vieil âge... ou même le restant de ma vie professionnelle en Chine. Il existe la possibilité de cotiser volontairement à l'AVS. Mais, premier piège, il faut s'inscrire dès la première année d'expatriation ou on y a plus droit. La raison de cette mesure? Aucune idée. Mais cette possibilité fragile m'ayant claqué au nez, il me fallait me tourner vers les assurances privées.

Il suffit alors de faire une, deux, une dizaine si on veut, de recherches sur Internet pour réaliser que la Suisse n'offre absolument rien à ses expatriés. Elle qui célébrait la cinquième Suisse lors des festivités du 1er août l'année dernière, se préoccupe surtout de voir ces fameux suisses de l'étranger venir profiter d'offres touristiques soit disant intéressantes, qui ne concernent en fait que ceux qui ont la bonne idée d'avoir fait fortune à l'étranger. Il faut en effet être complètement stupide pour aller bosser pour des salaires de misère à l'étranger à un âge plus avancé que celui de la découverte. Bref, pour être prof de FLE.

Mais des offres il y en a. En France, qui a une tradition de l'expatriation plus ancienne... et en Belgique. Reste qu'il est difficile de trouver des offres qui ne concernent pas cette tranche d'expatriés bénis des Dieux de l'économie, qui ont été généralement envoyés par une entreprise et qui bénéficient d'un confortable salaire européen. Là encore, l'expat indépendant travaillant sur contrat local fait figure de crétin fini: l'expat doit être riche ou ne pas être. Les offres tournent donc facilement autour des 250-300 euros par mois pour l’hospitalisation et les soins ambulatoires. Et là on parle d'assurances santé, pas de prévoyance.

Pour la prévoyance, la meilleure solution proposée a été l'assurance vie, qui permet de compléter son assurance vieillesse. Informations prises, la Suisse fournissait autrefois un tel service aux expats, mais ce n'est plus le cas. Là encore, il faut se tourner vers l'étranger: la France, la Belgique ou le Luxembourg. Ajoutons cette cotisation à une assurance maladie, et l'on voit son porte-feuille devenir anorexique. L'idée ici est de se priver de tout pour ne pas être clochard plus tard.

On peut alors se demander comment il se fait que les filières de Master FLE s'emplissent ainsi, lorsque l'on sait que, si le métier permet de découvrir le monde et de nouvelles cultures, d'enrichir son expérience et ses connaissances, le prof de FLE tient plus du missionnaire que de l'ambassadeur de la langue et culture française (francophone pour la pluralité), le premier étant nettement plus humble que le second: on prise facilement son choix généreux de répandre dans le monde la culture française tout en faisant voeux de pauvreté. Il suffit de faire une petite enquête sur le prix des formations et ensuite sur les salaires pour les postes offerts pour comprendre que prof de FLE, c'est tout d'abord une vocation. Pas étonnant que la plupart des postulants soient des jeunes peu difficiles, à la recherche de stages ou d'une première expérience professionnelle. A quand une vraie considération et des vrais droits pour les enseignants de FLE? A quand un vrai soutien? Enseigner le FLE à l'étranger n'est pas juste un poste pour routards en mal de petites économies, c'est un vrai métier avec de vrais professionnels.

samedi 22 octobre 2011

J'ai fait une balade en ville aujourd'hui

   
Et j'ai croisé...
 
Un homme demandant son chemin à une vendeuse de ballons


Des oiseaux en cage devant le stade style "classique"

Un cheval



Des oiseaux en cage et de la lessive en train de sécher

jeudi 20 octobre 2011

Une mère et son fils

 
Ma Dalton et Joe version chinoise?

mercredi 19 octobre 2011

Après-midi sportive à l'école, pour renforcer les liens avec les élèves...


J'aurais vraiment tout fait...

Prévenue le jour d'avant, sous la forme d'un: "tu es libre demain après midi, pour sauter sur un ballon?"
"Je vous demande pardon?"
"Oui, sauter sur un ballon, avec les étudiants, ça amuse les élèves et ça améliore les relations avec eux."
"Euh... oui... non, je crois que j'ai cours..."
"Non, non! Tu finis à 3h et ça commence à 3h30!"
"Ah."

Arrivée sur le terrain, l'ambiance est à la fête. Des collègues (et mon directeur) courent après des cerceaux métalliques qu'ils poussent avec une baquette, des étudiants marchent avec des skis communautaires, des collègues et des élèves sautent avec des ballons de course et d'autres attendent et regardent, assis sur d'étranges chenilles. On est irrémédiablement attirés par ces dernières, rigolotes et confortables. "C'est ta chenille" m'annonce-t-on. Ah. Je vais faire de la chenille aujourd'hui...

Je retrouve mes élèves de ma dernière classe, que j'ai éreintées en grammaire. Elles rougissent de partager une chenille avec moi. Et hop, départ, on court, une grosse chenille entre les jambes qui vous encombre les pieds, lourde, longue. Les autres chenilles ont encore plus de peine, j'y crois pas! On a gagné!

J'ignorais que j'eus du talent à la course de chenille. J'ai pu prouver plus tard que j'en avais beaucoup moins à la course de ballon.

Supporters avec mains en plastiques pour applaudir

Hue les chenilles !

Skis communautaires

Et que ça saute!

Comme à la bonne époque: allez les profs
Pour référence, premiers contacts avec ces activités chinoises qui donnent envie de se cacher sous le tapis (ou la pelouse, c'est selon).

jeudi 13 octobre 2011

Brochettes de petites pommes chinoises caramélisées


Un peu de couleur dans un monde de grisaille urbaine

On ne les trouve qu’en Chine, c’est petits fruits ronds qui ressemblent à des pommes miniatures et qui ont plus de pépin que de pomme.

Piquées sur des brochettes, enrobées de sucre chaud et d’un fin papier de riz comestible qui évite de trop s’y coller, c’est la spécialité chinoise par excellence ! Une spécialité de Pékin en fait, mais que l’on trouve partout. C’est même le stéréotype de la sucrerie chinoise.

Les vendeurs, souvent ambulants, avec leur vélo hérissé de brochettes, mettent de la couleur dans la grisaille des mégapoles polluées. Dans un paysage noir et blanc, la brochette de petites pommes rouge vif détonne comme les chaussures de Dorothy dans le monde d’Oz. On la croise partout. Elle fait partie des petits plaisirs du dimanche, des fêtes foraines, des balades en montagne. La voilà, au coin des rues, dans la montagne, à Pékin, à Xi’an, à Tianjin et à Limutai, dans le comté du Jixian.


Confection
Vendeur de brochettes de pommes dans la montagne
Dans la rue, sur un vélo hérissé

vendredi 7 octobre 2011

Enfin de retour sur mon blog...

   
Pour une dernière année en Chine...

Hop! Ça n'a pas été facile cette fois, mais me revoilà. Toujours à Tianjin, mais au centre cette fois, j'entame ma cinquième et dernière année en Chine. Dans l'attente de savoir si le poste que je convoite au Cambodge me sera accordé, dans la certitude que si ce n'est pas le cas, je quitte Chine pour aller voir ailleurs, recommencer à explorer et surtout, trouver un lieu d'où je puisse m'échapper par de belles escapades dans la nature pendant mon temps libre. Car c'est cela qui me manque le plus ici. Prisonnière d'un urbanisme inhumain, centré sur la consommation et le "développement", cela coûte de grands efforts de partir à la recherche de quelques hectares de verdure tranquille. cela coûte la traversée de la ville, faire face à sa pollution, aux foules, aux transports publics, trouver le bon bus, la bonne station, faire la queue en suant pour obtenir un billet pour un train qui ne vient pas (trois fois que j'ai tenté de rejoindre Shijiazhiang sans succès). Bref, quelques virées de temps à autres ça passe mais ce n'est pas un sport reposant à pratiquer tous les week-end. De plus que les miens sont très courts.

Du coup, moins d'exploration, mais toujours des choses à voir. Ayant acquis un IpodG4 sur lequel j'ai installé Hipstamatic, je me fais une joie de prendre des photos retro de la Chine de tous les jours, celle que les gens vivent au quotidien, et des gens (le Ipod étant pus discret que mon superbe mais encombrant Nikon D5000).

C'est donc des scènes de tous les jours qui apparaîtront ici, entre quelques explorations moins nombreuses (et j'ai aussi du rattrapage à faire à ce sujet).

Première scène: j'ai un vélo auquel j'ai fait fixer un panier (prochaine étape: un phare!)
La femme qui s'est occupée de mon vélo était très fière de me présenter ses deux criquets en cage (qui sont je dois l'admettre la raison pour laquelle je me suis arrêtée chez elle) et son mainate, qui nous à rejoint plus tard à bord d'un touktouk.

La réparatrice de vélo et ses criquets contre la palissade

Fixé en 5 minutes. 20 Yuan le panier, 15 le nouveau cadenas.

Deux criquets dans leur cage respective attirent l'attention du client et portent bonheur

Réparatrice de vélo mobile: elle vend même les paniers

samedi 1 octobre 2011

Ah ben on a collé un drapeau devant ma fenêtre...

  

Pour la Suisse, c'est la bonne couleur, mais pas tout à fait le bon motif...

Bon anniversaire, la Chine!

jeudi 18 août 2011

En Suisse les trains sont chers...

 
... mais que ça ne nous empêche pas de nous balader.

Pas besoin du franc fort pour ce prendre le prix des trains dans les dents lors de couts séjours. Il y a certes des solutions pour économiser, abonnement général d'un mois si on décide de beaucoup prendre le train durant ce mois, abonnement demi-prix d'un mois si on va voyager un peu moins, mais ce n'est pas toujours rentable. Quelques balades en montagne, à plein tarif, épuise rapidement le porte-monnaie, surtout que dans les montagnes, les petits trains privés sont hors de prix (si, si, y'a encore plus cher que le tarif CFF plein). Il faut admettre que certains de ces trains sont de véritables prouesses techniques, néanmoins, on ne va pas en abuser avec un salaire chinois.

Etant sur Lausanne, j'ai donc opté pour un abonnement mensuel des TL (Mobilis, qu'il faut étudier longuement pour vraiment comprendre) et j'en ai profité pour faire quelques randonnées autour de Lausanne grâce au réseau régional. Il y a de très belles possibilités. L'une d'entre elle m'a emmenée dans le splendide panorama des vignes-lac-montagnes, dans la splendide région classée par l'Unesco du Lavaux, de Lutry-Corniche (terminus de la ligne 9) à Puidoux-Chexbres (train régional) en passant par la Tour de Gourze et le lac de Bret. Cerise sur le gâteau pour ceux qui n'ont pas oublié leur costume de bain: au lieu de revenir sur Puidoux-Chexbres (pour le train), redescendre sur Epesses et piquer une tête dans le lac à l'une des petites plages près de la gare.

Au fond, la blancheur du massif du Mont-Blanc

Un gardien des vignes surveille

mardi 16 août 2011

Pour promouvoir le réseau ferroviaire chinois...

  
... quoi de mieux qu'une photo d'un train suisse ?

Je viens d'un pays carte postale. Je le savais déjà, surtout que je rencontre très souvent, dans les gargotes chinoises... et ailleurs, une photo du Cervin, d'un chalet suisse, d'un village dans les Alpes (ça pourrait aussi être l'Autriche, pays carte-postale concurrent) ou le château de Chillon, jaunis par la graisse et les fumées de clopes, comme une fenêtre sur la nature, sur un lieu idyllique, que l'on colle au mur pour égayer un peu. C'est en grande concurrence avec le tableau de cascade électrique avec impression d'eau qui coule. Quand on me demande d'où je viens, souvent, on commente ma réponse par un mei guo (beau pays, mais aussi Amérique) sans l'avoir jamais vu, avant de me dire que l'on fait de bonnes montres là-bas (on m'a même commandé une Rolex un jour... puis-je réclamer un paiement à l'avance...?)

Si j'avais un doute sur cette image idyllique, une petite visite par hasard sur le site China Train Schedule me l'a ôté: je me disais bien que la photo m'étais singulièrement familière... Il faut dire que les trains suisses, ils vont loin! (à lire avec l'accent de la Venoge)

Pirates ! Comme le disent si bien les grand-mères bretonnes de Typiak!


Retour en Suisse ...

 
...  avec le soleil dans les bagages

Adieu les sables dorés, bonjour la verdure! De retour en Suisse au début du mois d'août, je compte bien me gaver de randonnées et me remplir les yeux de beaux panoramas, les poumons d'air alpin sans poussière ni sable, et les papilles de tout ce que je ne peux pas trouver en Chine, à commencer par le basilic, la tomme vaudoise bien sûr et du bon, du VRAI pain!

Il paraît que l'été est pourri. Apparemment, le soleil m'a suivie. Le vent aussi.

Première vraie randonnée de montagne, pas trop longue ni trop contraignante mais absolument splendide... Les Mosses- le Pic Chaussy en passant par le lac Lioson (à l'aller, pour le voir apparaître). Ça grimpe, mais pas trop et une fois arrivé sur le pic Chaussy, le panorama sur les alpes vaudoises, (hmmm... toutes ces montagnes à explorer!) le glacier des Diablerets et le Mont-Blanc est absolument splendide! Il est possible ensuite de redescendre sur les Diablerets. Un très bon début qui me donne un peu envie de me réinstaller en Suisse, histoire de consacrer tout mon temps libre à mes chères montagnes.

Grimper dans l'alpage, enjamber les ruisseaux

Lac Lioson

Lac Lioson

Le Mont-Blanc

lundi 15 août 2011

Un jour nouveau pointe sur le lac Kokonor

  
Heimahe. Le bus nous y dépose à 4 heure du matin. Je suis en terrain connu. Nous avons juste assez de temps pour rejoindre la rive du lac et nous installer pour le lever du soleil. En faisant face au lac on est face à l'est aussi. De petits monticules de pierre marquent ce lieu sacré où peut à peu les amateurs de levers de soleil se réunissent, appareil photo à l'affut, pour saluer le jour nouveau. Le bus Dunhuang-Xining arrive pile-poil à Heimahe, et il est ensuite possible de repartir avec le bus de 9h00 pour Xining. Cest parfait. Enfin, ça le serait si je n'avais pas oubliée, encore endormie à 4h00, mon sac avec portefeuille et passeport dans le duvet de mon lit, dans le bus. Tant pis. On repousse le problème à plus tard, car tout problème se résout, et ne vaut pas que l'on gâche un lever de soleil.





dimanche 14 août 2011

Tronches de chameaux

  
Juste pour le plaisir du portrait comique





Dunhuang...

  
... et les asmaras du désert

C'est à nouveau de nuit que nous arrivons à notre destination... Dunhuang, qui a pris une fée, une asmara, comme symbole. Nous laissons derrière nous le désert du Tengger pour aller à la rencontre du désert du Takamaklan qui s'étend vers le Gobi. L'aube est proche. Les rues sont propres et neuves, les lampadaires, qui en Chine reflètent toujours la spécialité du lieu, ont des fées gravées sur leur pied. Avec le soleil, le vent se lève et peu à peu, alors qu'il commence à faire jour, l'air devient opaque. Le sable. De la rue on ne voit pas le désert, mais on le respire déjà. Nous étions si impatiente de la voir, finalement, c'est lui qui vient à notre rencontre. Notre première vraie tempête de sable.

L'auberge est loin de la ville, juste au pied de la grande dune qui protège l'oasis en forme de croissant de lune. Maison traditionnelle avec cour intérieure, couleur sable, remplie de sable, comme l'air. C'est pas aujourd'hui qu'on pourra faire la lessive.

La tête enveloppée dans nos foulards de soie transparent, nous partons à la découverte des grottes de Mogao, raison de notre présence. Dunhuang est au croisement des routes, dernier poste de contrôle avant d'attaquer le désert. Lieu tant convoité par ceux qui viennent du désert. On peut imaginer leur joie de voir apparaître les premières verdures de cet oasis, après leur dure traversée par les gorges des sables hurlant, par exemple. Nous sommes au bord du Xinjiang, à l'extrémité de la Chine dont nous n'avons malheureusement pas pu voir la porte de sortie, à Jiayuguan.

Tibétains, mongoles, chinois... Dunhuang est passée entre de nombreuses mains. Les grottes de Mogao, dont certaines remontent au IVème siècle après J.C, en témoignent, qui protègent des fresques d'influences diverses, où l'on peut reconnaître des profils d'Asie centrale autant que des figures chinoises. Malgré la tempête de sable (qui n'est pas trop violente et donne juste une idée de ce que pourrait être une vraie grosse tempête de sable), les grottes sont accessibles. Guide obligatoire, on nous ouvre quelques grottes. La visite est un peu rapide, il y a temps de choses à voir, tant de questions à poser tandis que la guide débite sa présentation au rythme de l'habitude, laissant peu de marge à la curiosité. De gigantesques Bouddha posent sur nous leur regard bienveillant, nous faisant presque oublier la richesse des fresques colorées et pleines d'histoires qui nus entoure. On pourrait y passer des heures et des heures à les contempler, à explorer leur détail, à découvrir... Pas de photos, mais on peut se rattraper dans le musée gratuit où huit grottes sont fidèlement reproduites.

Passage par le marché de nuit pour le souper. L'auberge ne cuisine pas quand il y a des tempêtes. On ne partira pas non plus en chameau dans le désert. Au menu: des nouilles! Ça nous change... Le nord de la Chine est décidément vraiment le pays des nouilles, heureusement, les recettes en sont très variées! Sur la place, une célébration pour les 90 ans du parti. Plusieurs groupes, adultes comme enfants, dansent. Pas de discours politiques, juste une affiche, et des familles qui sont venues regarder danser leurs petites filles. Très bon enfant. Retour à l'auberge et bonne nuit de sommeil: demain, on s'attaque au désert, qu'il le veuille ou non.

Dunhuang est une ville très sympa, décontractée. Au fait, savez-vous qu'en chinois, désert se dit "sha mo"?

Entrée des grottes de Mogao

L'air est brouillé par le sable

Détail d'une fresque: autour d'une déité à quatre yeux, on peut voir flotter les asmaras

vendredi 12 août 2011

Zhangye...

 
... entre paysage alpin et désert

Premiers contacts avec le désert à Zhongwei
Comment rejoindre le Gansu depuis la Mongolie Intérieure? La question s'impose. En effet, ce serait merveilleux de pouvoir continuer vers l'ouest de la Mongolie Intérieure, dans le désert, et de voir  Badan Jilin, mais il faut un permis qui s'obtient en une dizaine de jours et apparemment s'organiser avec une agence, ce qui coûte une véritable petite fortune. Batou a quelques sites à voir, mais il semble que la région soit fort laide, ce que confirme le paysage industriel qui s'étend sur des kilomètres et que l'on traversera heureusement de nuit.

Le bus de nuit, avec des lits. Première fois pour mon amie, deuxième pour moi. Ma première fois s'était faite entre Lijiang et Chengdu, 27 heures de bus dont la plus grande partie dans des cols de montagne, en plein hiver, avec la neige. Le bus avait dérapé et heurté la montagne. Pas de blessés, mais la grande fenêtre à l'arrière avait explosé. Il ne faisait pas chaud dans ce bus...

Le bus de nuit est confortable. Parfois presque propre. De toute façons, nos sacs à viande sont dans la soute. Alors on ne va pas faire les difficiles. Une fois notre pique-nique étroitement aguillé avec nos chaussures de marche qui prennent toute la place (on met nos boissons dans les chaussures), on passe le duvet sous la nuque et c'est parti pour un voyage tout confort, à tel point qu'on dormait vraiment bien, quand le bus arrive, avant l'heure calculée, à Yinchuan. 3h du mat! Ayaaaaah! Heureusement, un estaminet musulman encore ouvert propose des nouilles, on le squatte jusqu'à 5h00.
Escale à Zhongwei, petite ville fort sympa que nous quittons assez tôt pour aller dormir près du désert. Tant qu'à faire, autant profiter d'être un peu dans la nature. Joli, mais que de moustiques! Puis on continue sur Zhangye. Le bus n'est pas direct, on doit changer sur la route lorsque l'on croise notre correspondance, pour tomber sur un arnaqueur de première, qui prend les touristes pour des pigeons et qui, au moyen d'un habile chantage à l'assurance, nous fait payer le double. Ça arrive, mais c'est dans une humeur massacrante que nous arrivons à Zhangye et que j'envoie au diable les chauffeurs de taxi qui se concentrent sur nous et apprennent rapidement à nous laisser en paix. Faut pas m'énerver... Heureusement, le paysage, tout au long du voyage, est splendide. Nous avons suivi le désert du Tengger. De petits villages avec des maisons en terre, et la traditionnelle cour intérieure piquetaient le paysage. Nous roulions dans la verdure qui côtoie le désert. Fascinant. Encore un effort, jusqu'aux grottes de Mati Si, le temple creusé dans la montagne Qilian.

Mati Si
Le site est touristique, mais pas gigantesque. Il reste donc assez calme et fort sympa, la plupart des touristes ne restant pas pour la nuit. Les commerçants de la petite rue offrent pour la plupart des  chambres, propres, repeintes à neuf, agréables. la notre donne sur la montagne. Les toilettes et une bassine dans la cour servent pour l'hygiène. C'est confortable et pas cher. Parfait. Il y a du yogourt de yak (sans sucre!!!) pour le petit déjeuner, et de belles randonnées en perspective. la région est superbe.

Les grottes, l'attraction principale, sont impressionnantes! Même si les statues à l'intérieur le sont beaucoup moins. On peut cependant voir les traces d'anciennes fresques et quelques statues sont très anciennes. Surtout, ces grottes sont toujours un lieu de prière. Toute la montagne est parsemée de niches et de grottes, parfois même d'anciennes habitations troglodytes. Une jolie marche le long de la rivière, parmi les derniers iris sauvages de la saison, nous mène jusqu'à la cascade. Ça doit être splendide en juin! On a l'impression d'être dans les Alpes. Des chevaux galopent. Des marmottes détalent autour de nous. Derrière nous, pourtant, le drapé jaune du désert s'étire. Toute la beauté des contrastes de ce splendide couloir du Gansu, pays du bouddhisme, des étendues infranchissables, des oasis verdoyants! Un enchantement!

Chapeau de cowboy sur la tête, un garçonnet imite son père dans la prière

Derrière ce tanka récent, on voit encore des traces de fresques colorées

Ces anciennes habitations troglodytes servent aujourd'hui de dépôt
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