lundi 1 octobre 2012

Courage! Planquons-nous!


Nous sommes le 1er octobre!

Une semaine de vacances. Normalement, vu qu'ils travaillent à l'étranger aussi et surtout pour explorer, les expatriés que nous sommes sauteraient sur l'occasion pour partir à la découverte. Et c'est ce que nous avons tous fait, au moins une fois, parfois avec récidive (faut croire qu'on avait pas compris la première fois), au début. Par la suite, avec l'expérience, on regarde en souriant les nouveaux se réjouir de partir à l'aventure pendant les vacances d'octobre. Une semaine, ça donne le temps d'aller assez loin et de voir pas mal de choses! Et c'est la meilleure saison pour se balader. Pas trop chaud, ensoleillé... Comment peut-on vouloir rester chez soi? Et on leur dit "Bonne chance!"

C'est très frustrant de se dire qu'on a des vacances et qu'on va les passer chez soi. Je suis la première à en souffrir, moi qui adore sentir le poids de mon sac à dos au moment de prendre la route. Mais le 1er octobre, dehors, c'est l'enfer! Le vrai! Celui où on cuit et sue (pas toujours sa propre sueur d'ailleurs), où on se fait marcher dessus, bousculer, écraser... parce qu'on a voulu prendre l'air le jour où toute la Chine a un congé prolongé.

Pour les chinois, c'est l'unique occasion de faire du tourisme. Pendant le Nouvel An, ils rentrent dans leur famille. Plus de billets de train depuis longtemps, les prix des hôtels explosent, les routes sont si encombrées qu'on peut se demander si c'est pas trois jours de bouchon aller et trois retour que les automobilistes sont en train de s'offrir, les aficionados du shopping s'adonnent à leur vice et les agoraphobes se planquent. Donc je me planque. Etre agoraphobe et vivre en Chine, ça c'est un défi! Et ainsi font mes amis (agoraphobes aussi?) resté longtemps en Chine et qui "l'ont vécu".

Pour moi, c'était en 2009. J'étais allée à Chengdu, ce qui n'avait pas posé de problème. C'est une fois sur place que je me suis rendue compte que prendre les transport publics n'était plus une option envisageable. Des queues d'un kilomètre pour prendre un bus, des gens qui sortent par les fenêtres tant le bus est bondé... Alors je me suis dit que j'allais sortir de la ville et visiter Qingqeng Shan, la montagne qui a vu naître le taoïsme. J'étais pas seule à avoir eu cette idée. Je me souviens avoir hésité quand j'ai vu le bus arriver, comparant la taille du bus avec la foule qui l'attendait. Ouch! Ce qui devait arriver arriva, les gens se mirent à courir, ça bouchonna à l'entrée, une femme avait la tête dedans et le reste du corps dehors tandis que d'autres se glissaient toujours entre les corps pour entrer et que quelqu'un tirait sur sa tête pour que le reste suive. Elle hurlait. J'aurais voulu faire demi-tour, mais la foule compacte m'entraîna et je me retrouvais bientôt dans le bus, coincée sous des aisselles en sueur, me tenant de l'auriculaire à la barre supérieure. 45 minutes de douleur à me demander pourquoi j'étais sortie de  de mon lit ce matin-là. Et ce n'était que le début. Arrivée à la montagne, lieu où habituellement on cherche la nature, le calme, la sérénité, je me suis retrouvée à faire la queue pendant des heures pour monter (faut savoir rester zen), coincée dans une foule compacte quand le chemin était trop étroit (zen, zen... tout s'apprend dans la douleur), avec des CRS menaçant qui canalisaient la foule en lui hurlant dessus et disciplinait les égoïstes dans les passages dangereux (comme le démontre l'article précédent). La police en montagne pour régler le trafic humain! Il y a des moments où mes montagnes suisses me manquent. Ces moments-là sont assez fréquents en fait.

Récit peu crédible? Heureusement, y'a les photos. Cliquez dessus pour agrandir.

Bonne anniversaire la Chine et bonnes vacances aux chinois. Moi, je reste chez moi :-)

Promenons-nous dans les bois...
4 heures à avancer centimètre par centimètre
Double file
Description du poste: hurler sur
les promeneurs indisciplinés



dimanche 30 septembre 2012

Rentrée scolaire faite...


... et la routine reprend

Voilà, c'est (re)parti. Rentrée des classes et habituel trac sont derrière, la machine à enseigner est sur les rail et le train train reprend. Sixième année en Chine, deuxième dans un lycée, je commence à connaître le public estudiantin autant que hiérarchique, les habituels problèmes d'organisation et de motivation pour les uns, d'organisation et de communication pour les autres.

On m'a récemment demandé si j'aimais ça, enseigner en Chine (ou enseigner tout court... c'était pas précisé). La réponse est la même de toute façon. J'aime enseigner, dans le sens où j'aime préparer des cours (faire la recherche de documents authentiques intéressants, réfléchir à comment aborder un sujet pour le rendre attractif, créer des activités mais aussi conseiller, guider, partager et apprendre), j'aime donner les cours et j'aime beaucoup plus moyennement corriger les travaux (cela dépend bien sûr des travaux rendus). Quant aux étudiants chinois, ils sont quand même beaucoup plus respectueux de l'enseignant que certaines de nos chères têtes blondes en Europe. Pas forcément dociles, non, juste plus respectueux.

Ce que je n'aime pas, puisqu'on en est à parler de goûts c'est le système éducatif lui-même. Et là je ne vise pas que la Chine car le système chinois n'est que l'extrême superlatif des autres systèmes. Le but de l'éducation? Gagner des points, le maximum de points, aux examens. Tiens, je ne l'aurais pas cru, moi qui naïvement pensait qu'on allait à l'école pour apprendre.

Ah bon? Je n'apprends rien à personne? C'est bien justement que l'éducation a perdu depuis longtemps ses objectifs les plus nobles pour se plier à la seule logique de marché: sois super, hyper compétitif pour devenir un "winner". On peut critiquer la culture qui a largement diffusé ce genre de valeurs, mais ce serait oublier qu'on les a bien vite adoptées.

Les philosophes humanistes peuvent donc s'en retourner. Toute cette belle philosophie, ce n'est pas rentable, ça embrouille la cervelle et ça rend rêveur. Le capitalisme n'a pas besoin d'intellectuels, il réclame des machine à produire et des consommateurs. Maintenant que chacun a droit à l'accès à l'éducation, juste combat mené depuis des siècles et qui voyait enfin son aboutissement, on a fait du système éducatif une  machine à dégoûter les élèves d'apprendre. Apprends par coeur, recrache et gagne des points. Montre que t'es le meilleur, c'est la seule chose qui importe. Faut que ça rapporte, et le plaisir d'apprendre, ce n'est pas rentable.

Cet été, je feuilletais le numéro d'août de la Revue Suisse. Il était consacré à "la réforme et aux nouvelles tendances dans la connaissance". En effet, mon pays est en train de réformer le système éducatif, afin de l'harmoniser au niveau national. Il était temps! 

On y trouve donc trois articles séparés, mais qu'il ne faut pas omettre de relier pour avoir une certaine vision de la gadoue dans laquelle on patauge. Tout d'abord, "La politique en matière de formation: après l'orage, l'éclaircie" (p.8-11), expose les problèmes d'harmonisation rencontrés. Les objectifs ne sont pas partout les mêmes et la réforme est présentée comme un champ de combat politique. Mais surtout, citons: Dorénavant, l'efficience résonne comme un mot d'ordre: finies les matières sympathiques, artistiques ou exotiques. Un à un, les cantons ajustent leur cursus vers les branches utiles. (p.11) Bien sûr, ce n'est pas nouveau. Remarquez, j'ai été éduquée dans une école qui donnait autant d'importances aux arts qu'aux "branches utiles" et je n'en suis pas sortie plus bête ou moins "efficiente". Mais continuons... 

Page 14 on nous raconte comment des informaticiens et didacticiens de l'EPFZ ont fait l'expérience de l'enseignement de la programmation sur des écoliers grâce à un programme adapté. Ayant moi-même enseigné l'informatique, et justement la programmation, à de jeunes enfants avec ledit programme, je suis bien placée pour savoir que non seulement cela intéressait beaucoup les apprenants, mais aussi qu'ils étaient très capables et très créatifs en la matière. Pourtant, on l'apprend toujours dans l'article, Lehrplan 21, le programme d'enseignement pour la Suisse alémanique, ne prévoit toujours pas de cours d'informatique à l'école primaire. Attendez voir! Si je comprends bien, à une époque où les compétences informatiques sont un must pour atteindre ladite efficience visée dans l'article précédent, on intègre pas l'informatique au programme! Bonjour la cohérence!

Mais continuons. Après avoir écouté les autorités, tendons l'oreille vers le public concerné: les parents et enfants. On apprend dans un troisième article sur les votations (p.19) que des parents ont lancé une initiative "Jeunesse + musique", qui réclame... plus de musique à l'école. Bien sûr une initiative est lancée par un petit groupe et ce n'est qu'aux votations que l'on verra combien de votants sont pour, mais quand même, tout le monde n'est donc pas d'accord avec les objectifs d'efficience visés par les politiciens. Peut-être qu'il faudrait commencer à s'écouter les uns les autres, non?

Revenons en Chine. Il fut une époque, pas si lointaine, où une bonne éducation chinoise ne comprenait pas seulement l'apprentissage par coeur des manuels scolaires (j'exagère un peu, les chinois restent excellents dans les branches scientifiques, disons que je parle ici surtout de toutes les matières qui ne comprennent pas de chiffres, ou alors seulement des dates), mais les quatre arts 琴棋書畫 qin qi shu hua, musique, jeu (de go), calligraphie et peinture. Bien sûr, ce n'est pas exactement l'objectif du gouvernement actuel de faire un peuple pensant, il préfère un peuple patriote et efficient. Pourtant, ce besoin d'une bonne formation artistique demeure et nombreux sont les écoliers qui après l'école suivent des cours privés. Mais ils abandonnent dés le lycée, écrasés sous les heures de cours et les devoirs. Dès 7h00 en classe pour la lecture  jusqu'à 22h00. Et ceci, toute la semaine. Pour le moment, dans mon lycée, les élèves ont congé le samedi après-midi et le dimanche (mais pas tous). Les autorités du lycée, bien sûr, font tout pour lutter contre cet intolérable laxisme et il est bien possible que nos élèves n'aient plus qu'une demi-journée de congé par semaine, très bientôt. Alors forcément, il est un peu difficile de leur reprocher leur manque d'intérêt et de motivation.

L'année passée, j'enseignais aux grades chu, les collégiens ainsi qu'aux gao, les lycéens. Mes collégiens de première année étaient remplis de curiosité et ne demandaient qu'à apprendre. En deuxième, ils devenaient plutôt blasés, en troisième, ils étaient carrément écoeurés, en gao, ils croulaient de fatigue. De toute évidence, l'enseignement n'avait pas répondu aux attentes des petits chu motivés et curieux de tout.

On reproche aux jeunes d'être trop câlinés? D'être paresseux? De manquer d'intérêt? Ce n'est pas en les abrutissant par des heures et des heures de cours à recracher ensuite que l'on va éveiller leur intérêt pour l'apprentissage. Dégoûter les élèves de la connaissance est certainement le pire crime contre elle-même que puisse commettre l'école.

Note ajoutée le 21.10.2012: C'est fait, les Suisses ont voté! Et à 72 %, une belle majorité donc, ils ont exprimé leur désir d'un enseignement musical à l'école! Autant pour le rejet des "branches artistiques et inutiles" en faveur des sacro-saintes branches "efficientes"! Et si ces andouilles relisaient "Gödel, Escher, Bach", juste pour comprendre comment tout est lié? Arts et sciences. Logique et créativité.

samedi 15 septembre 2012

Compétition de danse du lion à Canton


C'est complètement par hasard que je suis tombée sur cette compétition, à Bayun shan, la montagne du Nuage Blanc, à Canton, lors de ma première balade là-bas.

Il faut dire que si j'avais déjà vu plusieurs danses du lion ou du dragon, c'est dans le sud qu'on les voit le plus souvent. La première fois, c'était à Hong Kong où on peut les observer chaque dimanche après-midi dans le parc de Kowloon, ensuite, j'avais vu de loin un mariage à Qingdao mais depuis que je vis à Canton, c'est pesque tous les week ends que j'en vois, ou que j'en reconnais la musique typique. Mariage, nouveaux magasins, célébrations ou simplement des jeunes qui s'entraînent dans un parc... la danse du lion fait partie de la vie quotidienne cantonaise. Celle du dragon est plus rare, est fascinante aussi. Je dois avouer que je ne me passe ni de l'une ni de l'autre.

La danse du lion implique deux personnes, deux hommes généralement, qui doivent être complétement synchronisés pour donner vie à l'animal. Et Dieu sait si on y croit! Le lion cligne des yeux, prends des poses, hésite, tortille du croupion, prend son élan et saute et réagit aux applaudissements. Pour les mariages, la danse est assez simple, mais il lui arrive souvent de faire des acrobaties sur des piquets... et parfois de d'approcher et manger... de la salade. C'est un lion végétarien. Il est si réaliste que l'on en oublie les deux acrobates qui l'animent.

 Voici une petite vidéo prise à l'improviste vu que je suis tombée dessus par surprise et quelques photos qui montrent de plus près les folles acrobaties auxquelles se livrent les danseurs!


Les danseurs doivent faire preuve d'un sens aigu de la synchronisation
et de l'équilibre


Tout est animé dans la tête du lion, mâchoire et paupières. Il prend diverses
expressions si réalistes qu'on en vient à oublier
les danseurs qui l'animent. Souvent, il joue de complicité
avec le public.

Et hop!


mercredi 29 août 2012

Aletsch... le glacier qu'il faut voir au moins une fois


Petite randonnée entre Riederalp et Belalp, histoire de tester le pont suspendu

Profitant des offre randonnées des cff avec 30% de moins sur les billets de transports, nous avons décidé d'aller le voir de plus près, ce fameux glacier qui recule, recule, recule devant les chaleurs caniculaires de nos nouveaux étés presque tropicaux. Le thermomètre est quand même monté à 36 en Valais cet été et la seule différence que j'y ai vue par rapport au climat de Canton, c'est que ça dure beaucoup moins longtemps et qu'il fait bien plus sec.

C'est donc par des chaleurs torrides que nous sommes allées prendre le frais dans la montagne et rendre visite au glacier. Il ne s'était pas lavé pour l'occasion. Sa langue noire, parsemée de crevasses bleutées, s'allongeait sur les rocailles noires. Tout autour, torrents, cascades et rivières.

La randonnée commence à Riederalp près de la villa Cassel, superbe monument un peu incongru où siège Pro Natura. Il faut descendre dans une forêt en train de retourner à l'état de forêt vierge, c'est-à-dire laissée à elle-même par l'homme pour rejoindre le pont. Juste avant, il y a un étang en formation qui, il y a 80 ans, faisait partie du glacier. tout le long de la balade, des crottes de bouquetins, de chamois, des cris d'oiseaux... mais la faune se cache et nous verrons une marmotte juste à la fin de la balade. Il faut se lever tôt et être patient pour observer les animaux.

Et puis le pont, suspendu à 80 mètres au-dessus de canyon, il se balance et tressaute quand on marche dessus. Ce n'est pas exactement mon sport préféré mais j'aime relever des défis et mettre à l'épreuve ma peur du vide. Après les pics vertigineux du Hunan, ça doit passer. Et ça passe, mais je n'ai pas vu grand chose du paysage et je compte sur les photos de mon amie pour me rattraper ensuite. De l'autre côté, il est possible d'aller voir le glacier de plus près. Ses cavités bleues, qui donnent envie d'explorer. Il faut dire que j'adore les grottes.

Derrière nous, au sommet de la montagne, très loin et très haut, se dresse l'église de Belalp, notre destination. Mieux vaut ne pas se décourager.

Nous traversons un hameau, des moutons nous suivent. Juste avant les murs de pierre qui s'entrecroisent pour rejoindre Belalp, alors que nous nous reposons près du panneau d'indication de randonnée pédestre, un rocher se détache sans bruit et vient frapper les roches à nos pieds. Il est passé à quelques centimètre de la tête de mon amie, en sifflant. Se méfier donc, de cette parois de montagne, quand on s'y balade. Ne pas s'y attarder. C'est dangereux.

Photos:







lundi 20 août 2012

Danses valaisannes...


... aux rencontres folkloriques de Fribourg

Ce week-end, Fribourg accueillait les rencontres de folklore international. Petit tour vendredi soir, durant le programme "spécial suisse". Je n'ai pas fait exprès et j'ai d'ailleurs pu admirer un groupe de lanceurs de drapeaux italiens très doués.

Pour la Suisse, c'est le Valais qui était présent avec un groupe folklorique d'Evolène qui a mis en scène la tradition du carnaval. Personnages couverts de peaux de bêtes aux masques animaliers, diables armés de balais dansent, menacent et harcèlent les jeunes filles en costume traditionnel qui dansent.

Pas facile de prendre des photos de personnes qui virevoltent de nuit, on appellera donc cela un "flou artistique".






dimanche 19 août 2012

Fenghuang...


... le rêve confronté à la réalité

"In a round-a-clock siege from domestic tourists..." dit le Lonely Planet. On ne peut être plus clair, et on ne pouvait que s'y attendre, Fenghuang est un enfer touristique! Mais elle vaut très certainement le coup d’œil, au moins une journée, pour ses splendides vieilles bâtisses le long de la rivière, ses ponts et la brume sur les flots. Un petit truc? Visiter à l'aube, quand tous les fêtards roupillent! Le même truc fonctionne à Lijiang, dans le Yunnan. Pour le reste, aller se reposer à Dehang après avoir visité Fenghuang paraît comme le meilleur moyen de s'en reposer, en attendant, il est toujours agréable d'y faire du shopping (seule option possible à côté de la visite des sites) et de siroter un thé (cher) sur une des nombreuses terrasses ou de manger un sha kou (grillades) sous les tentes de la rue principale. Une fois que l'on sait que c'est hyper-touristique, on ne peut plus être que déçu en bien.

Pêcheurs


Pêche au cormorans


En attendant les touristes

Lessive dans la rivière

Un site qui donne quelques trucs et astuces en Chine


http://www.chine-astuces.com/

lundi 13 août 2012

Entre montagnes et rivières, un petit village


Une pause bienvenue des grandes voies touristiques

Cachée dans une gorge, loin de la route principale, entourée de pics karstiques, de rizières et de cascades, Dehang est un petit village miao qui a gardé son charme d'antan. Bien sûr, les touristes y viennent, plutôt nombreux, mais ce n'est pas les foules de Fenghuang et beaucoup ignorent encore l'existence de ce petit havre de paix. Ils sont aussi contenus à l'entrée du village avec des représentations de danses puis passent par derrière pour rejoindre les cascades. Le centre du village lui-même reste donc calme. Après l'hystérie des mégapoles, un authentique bol d'air hunanais.








samedi 11 août 2012

Zhangjiajie...


... la magie des mers de pics vertigineux

Pas beaucoup de temps pour partir à la découverte de régions encore inexplorées en Chine (de ma personne bien sûr, le tourisme roule tourne et bouscule en Chine, même en montagne...)

Donc je renonce à mes projets au Qinghai (encore) et me tourne, vers la province voisine, le Hunan. Je ne m'y suis jamais réellement intéressée, province d'origine de Mao Zedong, je l'imagine comme un lieu de pèlerinage communiste avec places de martyrs, monuments communistes et tout le toutim pour témoigner de cette partie de l'histoire... Bref, pas trop mon truc. Mais il y a quand même un splendide parc naturel, dit-on dans le Lonely, et quelques villages, villes avec un charme fou. En fait, mon guide, un peu vieux, c'est vrai, présente trois ou quatre photos du Hunan rien que pour faire une présentation générale du pays. Et quelles photos! Alors on va voir ça de plus près. Départ, en train, pour Zhangjiajie.

J'avais dit que je ne le ferais plus jamais, mais me voilà aguillée sur un banc secondaire (pas de dossier) des secondes classes d'un vieux train pas très rapide dans lequel je vais passer 15 heures, dont tout la nuit. Je ronchonne, puis découvre que finalement je ne suis pas la plus mal lotie. Premièrement, il y en a qui  n'ont pas de siège du tout et profitent de s'assoir chaque fois que quelqu'un quitte sa place, histoire de se poser 5 minutes. Puis j'ai une surface plane pour mon bagage juste à côté qui est à la bonne hauteur pour que je puisse m'allonger à moitié sur mon bagage pour la nuit. Les 15 heures passeront donc plus rapidement même si je vais finir avec un torticolis et le dos tordu (tant pis, il sera remis en place lorsqu'il s'agira de remettre mes 10 kg sur mes épaules).

Arrivée sur place, il faut savoir lire et être aux aguets pour repérer le bus qui s'arrête à peine et dans lequel je saute. A côté de moi une jeune fille qui semble faire du tourisme seule (rareté en Chine), de l'autre côté, un jeune homme qui me demande si je suis américaine ou anglaise. Je me vois dans l'obligation de lui expliquer que hormis la Chine, il y a d'autres pays dans le monde. La jeune fille écoute en souriant mais ne dit rien. Elle m'aborde une fois arrivés pour manger, car c'est triste de manger seul et on va finalement passer 5 jours ensemble. Elle vient du Fujian et travaille dans le thé à Fangcun, le quartier du thé à Canton. Ca tombe bien, j'adore le thé. Je vais aussi devoir améliorer mon chinois, que je baragouine allégremment.

Zhangjiajie? C'est splendide! A couper le souffle! Surtout si on a le vertige (j'ai adoré le pont de grillage... si, si...) C'est aussi bondé! Surbondé! Hyperbondé! Mais en sortant des sentiers battus, on retrouve facilement la tranquillité et la beauté du lieu fait presque oublier les foules. Beauté dont on profite allégrement le soir et tôt le matin, quand elles sont pas encore là.

Côté logistique: le billet coûte 240 yuans, c'est une carte non transmissible (on doit laisser son empreinte digitale en entrant) qui dure 3 jours. On trouve facilement pour dormir dans le parc. Si on est pas abordé par des hôtes, alors autant se tourner vers les nombreuses petites auberges nouvelles le long des routes. Et comme il y a le choix, autant visiter un peu avant de se décider pour une auberge pas cher mais peu confortable. Mais confortable ou non, on est dans une forêt tropicale alors il faut laisser les phobies des petites bêtes et autres créatures derrière soi... Après toute, il y a des milliers d'espèces de flore et de faune.

Photos:







lundi 6 août 2012

Foshan- premiers pas


Un festival de couleurs

Foshan est une petite ville (selon les dimensions chinoises) au sud de Canton qui, à une époque, fut la plus prospère de la région. Elle en garde, malgré les habituels grands travaux de développement, gratte-ciels qui poussent sur le terreau des vieux quartiers, des vestiges d'une architecture originale et colorée que l'on ne trouve nul par ailleurs. Grand centre de production de la céramique, et donc souk de lavabos, bidets, cuvettes wc carrelages et catelles, on y trouve aussi de nombreuses statuettes bariolées. Cela explique la foule de statuettes qui ornent les toits des temples, racontant des scènes d'histoires classiques ou religieuses.

Autre spécialité, les gravures or sur bois noir. Splendide! Et, dernière particularité, et pas des moindres, les vitraux européens! Ceux-ci étaient extrêmement cher, il fallait les importer et, intégrés dans l'architecture chinoise, ils sont la marque de la grande prospérité dont bénéficia la région. Petit tour à Zumiao et Shiwan.

Scène d'opéra avec reliefs dorés sur bois noir

Des vitraux en Chine!

De drôles de toits ronds

Il y a foule sur les toits

Des parcs tropicaux en pleine ville! On est loin de Tianjin!

mardi 31 juillet 2012

Quelle est longue la route qui traverse la Chine...


... Souvent je crois en voir le bout et toujours elle s'allonge.

Adieu autoroutes urbaines de 6 à 8 voies, bouchons, industries fumantes en pleine ville, béton, gaz d'échappements, nuages de pollution et centre commerciaux de luxe... Adieu Tianjin! Voilà quelques mois déjà que je n'écris plus sur ce blog et pour cause. Pas d'Internet à domicile, et plus grand chose à dire lorsque l'on vit dans une ville qui vous passe le goût de la découverte...

Et pourtant, il y a eu de bonnes choses aussi. A commencer par le fait d'avoir travailler dans une équipe sympa et dynamique, appris beaucoup de choses et surtout, enseigné dans une classe avec laquelle j'ai eu tellement de plaisir que j'ai quand même beaucoup hésité à rempiler pour encore deux ans à Tianjin juste pour faire tout le parcours scolaire du collège avec eux. Mais les week-end d'ennuis enfermée chez moi pour ne pas respirer pendant au moins deux jours par semaine les gaz d'échappements et les conflits pédagogiques avec la nouvelle direction ont eu raison de mon désir de garder ma classe. Adieu donc mes adorables collégiens... je reprends la route.

Après avoir cherché ailleurs... cinq ans en Chine me semblait suffisant, j'ai dû néanmoins me rendre à l'évidence qu'il n'y a pas beaucoup de travail en Europe, qu'en tant que citoyenne suisse et donc non-européenne il me sera encore plus difficile de trouver du travail dans les pays européens et que la Chine reste le pays où je suis la mieux payée dans mon domaine. Je reste donc. Mais cette fois dans le sud. L'exploration et la découverte recommencent, au sud de Canton.

Climat tropical très humide, manguiers au bord des routes, palmiers, papillons et autres bestioles pas toujours désirables, chaleur étouffante et orages, cigales... je retrouve un peu de Chongqing et en même temps c'est très différent. C'est la Chine, mais une autre Chine et je retrouve mon goût de l'exploration, je m'étonne à nouveau de plein de choses, je dois réapprendre et c'est ce que j'aime. Je rouvre donc mon blog pour partager ces nouvelles découvertes, photos et impressions à ceux qui ont envie de  découvrir avec moi.

A bientôt et en attendant, un petit séjour en Suisse

mardi 1 mai 2012

Echappée à Qingdao...


... pour retrouve le ciel bleu et goûter la bière

Ras-le-bol de l'épaisse pollution de Tianjin, de son air opaque qu'il faut mâcher plutôt que respirer, du bruit permanent de ses routes à huit voies au centre-ville ou de faire la seule chose à faire dans cette ville obsédée par le fric: du shopping de luxe? Sautez dans le train rapide à la gare du sud, 3 heures et des poussières plus tard, vous êtes à Qingdao!

Le ciel reste gris et sale presque toute la durée du voyage, puis la grisaille s'effiloche et le temps d'arriver à destination, le ciel est redevu bleu d'azur. A peine sorti de la gare, on sent l'air marin. C'est normal, il suffit de traverser la grande route pour être sur le quai! La foule des touristes du week end défile au bord de la mer: photos! Moi devant la mer, moi devant une maison de Qingdao, moi dans l'eau... Tous habillés! Il fait pourtant chaud et les vendeurs de costumes de bain ne manquent pas, mais personne n'est en tenue de bain. Une mariée suivie de son cortège de photographe tente de traverser la plage sur ses talons hauts, une femme en talons aiguilles et bas résilles pose aguillée sur un rocher dans l'eau, des femmes musulmanes tentent de vendre bijoux de coquillages et autres produits de la mer aux touristes, sur la passerelle qui mène au pavillon, des photographes tentent de gagner leur vie en proposant aux touristes de poser dans toute sortes de rôles, dont celui de tireurs d'élite en train d'arrêter un terroriste (mais ceci n'est qu'une interprétation personnelle de la scène en question). J'aurais vraiment tout vu dans ce pays. A Qingdao plus qu'ailleurs, la foule est un spectacle en soi.

Touristes anti-terroristes

Vendeuses de coquillages

Qingdao est une petite ville qui autefois était une concession allemande. Elle en garde le charme européen... et la bière. Peu de grandes routes, beaucoup de ruelles où les gens prennent le thé sur le trottoir, font tranquillement un brin de shopping ou se délassent dans les parcs... Qingdao semble loin, très loin de la frénésie des mégapoles. Ici, le rythme ralentit, on ne se presse pas, on apprécie.

Centre ville vert
Au centre-ville se dresse une montagne entourée d'un parc verdoyant: on peut y marcher des heures et oublier qu'on est en ville. Les gens s'entraînent au chant dans les bois, pêchent, jouent au go dans les petits pavillons, promènent leur oiseau.

Crabes et chocolats
Le soir, les petites ruelles se transforment en marché et en petits restaurants. Les gens achètent tout à la fois fruits, légumes, viandes et bières... le tout dans des petits sachets de plastique. S'ils veulent consommer la bière de suite, on leur met une paille dans le sachet. Beaucoup de restaurant musulmans et surtout, énormément de produits de la mer bien sûr. Et en Chine, on mange vraiment de tout! La petite rue gastronomique est une vision en soi. Voir s'étaler côte à côte étoiles de mer, poissons, fruits de mer et chocolats (je ne veux pas savoir à qui ils sont fourrés) ne donne néanmoins pas forcémment envie de goûter.

Bref, Qingdao vaut non seulement le détour, histoire de se reposer un peu du bruit et du stress, c'est aussi l'une des villes les moins polluée de Chine et, facilement accessible, elle permet de venir s'y réfugier le week end quand on en a marre du ciel pollué et poussiéreux de Pékin et Tianjin.

mardi 17 avril 2012

Une bonne adresse pour trouver un job ou se loger en Chine

 
Expat blog vient d'ouvrir une nouvelle rubrique pour aider les expatrier à trouver un emploi ou un logement en Chine.

samedi 7 avril 2012

S'expatrier est-ce perdre ses droits politiques?

Pour de nombreux suisses qui s'expatrient, mais qui désirent garder leurs droits politiques, la question se pose. En effet, il est possible de s'inscrire pour recevoir les bulletins de vote à chaque votation, et dans certains pays, tout va bien. Mais les papiers sont envoyés par courrier postal, de la Suisse (et non pas de l'ambassade comme cela pourrait se faire, et peut-être se fait ailleurs qu'en Chine). Cela demande donc un certain délai et une grande fiabilité postale, ainsi qu'une adresse qui ne dépende pas, conne c'est mon cas, d'intermédiaires divers (le gardien qui transmet au concierge qui transmet à un département qui transmet à un étudiant ou un prof qui apporte le courrier). La questions se pose alors, ne peut-on pas voter sur Internet?

Eh non! Trop risqué, paraît-il. Oui mais, on confie bien tout notre argent à des transactions hyper sécurisées sur Internet... Il est donc possible aussi, d'hyper-sécuriser le vote. Combien de votations importantes ai-je manqué par cette lacune. Combien de suisses à l'étranger en sont frustrés? Assez pour que l'organisation des suisses à l'étranger lance une pétition que je vous invite à signer. Merci d'avance!

http://www.swisscommunity.org/fr/actualites/petition
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