lundi 31 août 2015

Au bord de la rivière Jin


Le Pont Anshun

Pas aussi vieux qu'il voudrait le faire croire, le pont a été terminé en 2003, le pont Anshun reste magnifique. Au centre, c'est un grand restaurant. Le meilleur moment pour l'admirer c'est la nuit, depuis le pont d'en face d'un côté ou de l'autre. Les touristes s'y réunissent d'ailleurs pour faire leur photo nocturne. Mais il est magnifique aussi de jour.

A droite du pont du côté du Shangrila, c'est un quartier nouveau genre "vibe", bars pour étrangers à la "mini Sanlitun" bref cher et pas bon. A gauche il y a une ruelle de bars mais de jour, la berge se couvre de pêcheurs, de promeneurs et de taïchistes. Sur la berge en face due l Shangrila il y a la place de la musique avec des gens qui dansent et des statues sympas de musiciennes. Il faut dire que la rue parallèle est la rue de la musique, où l'on trouve tous les instruments qu'on veut.







Le parc Wangjiang

A 1.5 km de là en suivant la berge du fleuve du côté opposé du Shangila (autrement il va falloir aller jusqu'à l'autre bout du parc pour trouver un pont) il y a le parc Wangjiang avec son pavillon sur la rivière. Les bus 335 et 35 y mènent mais attention, la partie du parc avec le pavillon est payante (20 yuans) alors que l'autre moitié, qui fait aussi musée sur le bambou, est gratuite. La première entrée menant directement au pavillon, elle est payante, il faut aller à l'autre bout du parc, 2 stations plus loin, pour s'y balader gratuitement.

C'est un parc magnifique - contrairement au parc du peuple qui bourdonne sous la foule, le parc Wangjiang se prête à la méditation. Peu de monde (mais il pleuvait - le seul jour où il n'a pas plu c'était lors de la visite du parc du Peuple), de petits chemins qui circulent entre les bambous, une maison de thé au bord d'un étang à nénuphar à l'intérieur de laquelle bruisse les pièce de majong et quelques points éducatifs sur le bambou et ses produits, dont des attractions sympas pour les enfants - parc musical, roue à aube, pillon...

La partie payante est magnifique bien sûr avec ses pavillons où on peut s'abriter de la pluie en contemplant les grues qui vivent juste en face - car le parc Wangjiang est l'habitat des grues. Les gens s'installent et picniquent dans la gallerie abritée, des femmes font leur gymnastique. Un magnifique couloir de bambou accueille le promeneur qui serait entré par la première entrée payante - merveilleux site pour faire des photos :-)

Pratique pour les familles et merveilleux pur rêvasser tranquillement, j'ai eu un coup de coeur pour ce très beau parc reposant.

Pêcheur au bord de la rivière Jin avec la tour de Wangjiang au fond.De ce côté de la rivière, je vais devoir marcher jusqu'aux gratte-cielsau fond pour trouver un pont qui me mènera directement dans lapartie gratuite du parc.



dimanche 30 août 2015

Chengdu - le Parc du Peuple


Un incontournable.

Quel est le meilleur endroit pour s'imprégner du caractère spécifique à Chengdu? Pour un noctambule, une maison de thé la nuit peut-être. Ou alors le Parc du Peuple un dimanche de beau temps quand le tout Chengdu s'y balade. Attention! Il va y avoir foule! Autant s'assoir sur un banc dans une gallerie couverte, à l'ombre, et observer les gens.

On y danse plus comme autrefois, il y a eu des plaintes à cause du bruit. Mais on s'y amuse quand même beaucoup. Des groupes font du taïchi, les gens joues aux cartes dans les pavillons de bois, sur les bancs, sur des tabourets de plastique. On y fait des bulles et les enfants surexcités courent pour les attraper. Dans un petit  coin du parc près de l'entrée, un panneau indique qu'il y a des poissons: attention! A ne surtout pas rater! C'est là que les gens nourrissent les poissons avec des biberons. Tout au fond du parc, il y a l'habituel petit Luna Park avec cette curiosité à voir absolument: un mini-grand huit à pédales! Je l'avais photographié il y a 7 ans, il est toujours là.

Le parc est immense et longe la rivière sur laquelle les gens font du canot. On enjambe fréquemment de magnifiques petits ponts de pierre, on passe dans des allées fleuries - de maison de thé en maison de thé.

Arrêt obligatoire à la maison de thé. Au milieu d'une population plus âgée qui s'installe à la journée pour jouer aux cartes ou au majong tout en grignotant des graines de tournesol en buvant du thé vert ou du thé de chrysanthème s'agglutinent des familles venues se restaurer des nombreux "xiaochi" - nouilles froides aux piments et cacahuètes, suan la fen: des nouilles de patates douces aigre-pimentées, crêpes aux légumes aigres, brochettes... Tout en dégustant le thé, on peut si l'envie nous prend se faire nettoyer les oreilles par des nettoyeurs d'oreilles professionnels qui viennent fréquemment proposer un petit lavage. Il fut un temps où on voyait aussi des karaoké ambulants mais ils ont dû être interdits en même temps que les danseurs et musiciens.

Le parc se trouve sur la ligne 2 juste après la place Tianfu.

Photos:


Taïchi

Au bonheur des enfants... et des grands

Maison de thé

Curage professionnel d'oreilles

Jeu de cartes sur un banc

Les gardes rouges ne jouaient pas aux cartes. Tant pis pour eux.

Ici aussi les touristes portent des couronnes de fleurs

Petit moine ou jeune apprenti de kungfu

Le clou du parc: nourrir les poissons au biberon

Et une vidéo de très mauvaise qualité tournée il y a 7 ans avec mon très mauvais appreil - on y voit le fameux grand huit à pédales ainsi que les gens nourrissant les poissons rouges avec des biberons.

samedi 29 août 2015

Retour à Chengdu ...


... après 7 ans

Ah le Sichuan! Ah l'Ouest chinois! Ma première Chine et celle à laquelle je reste le plus attachée. Chengdu a bien changé en 7 ans, fini les streetfood nocturnes par exemple - les rues ne se transforment plus en longues terrasses où les gens mangent boivent et babillent toute la nuit, c'est vrai. Mais c'était à prévoir, cela disparaissait déjà de Chongqing à l'époque où j'y vivais. Le gouvernement - le grand, celui qui est à Pékin - ne conçoit pas une Chine moderne avec des trottoirs encombrés toute la nuit de gais mangeurs - il faut du neuf du propre du beau du cher... alors les gens vont à l'intérieur des restaurants et des maisons de thé - et continuent comme avant - même foutoir, même boucan de gens qui gueulent pour s'exprimer, de pièces de majong que l'on mélange, de fumée et de sueur... Chengdu change mais ses habitants ne changent pas, c'est l'essentiel.

Et ça m'a fait un bien fou de le retrouver, ce peuple bon enfant au contact facile qui cause volontier.

J'ai fait le plein de rencontres et de papotages dans mon chinois fragile mais encouragé ici par des gens qui comprennent (ou font semblant) ce que je dis et ne s'arrêttent pas à ma tête d'étrangère - pour papoter, ils papotent et c'est comme ça après tout que j'ai pu apprendre sur le tas durant les 2 années que j'ai passées à Chongqing.

J'ai croisé des mères qui cherchaient un mari pour leur fille, des femmes qui s'éclataient à faire des bulles avec leurs enfants (enfin les enfants couraient après les bulles), j'ai moi-même adopté leur super machine à bulle et tenté de faire des photos de sites à travers les bulles - à chaque fois je me suis retrouvée entourée de gens qui soit profitaient de mes bulles pour faire des photos, ou m'aidaient à faire des bulles pour que je puisse moi aussi faire des photos (pas facile de faire des bulles et des photos en même temps) ou entraient dans le jeux - dont une prof d'université qui a passé un bon moment avec moi sous la pluie dont un couloir de bambou nous protégeait à peine. J'ai aussi croisé une femme qui adore les films étrangers, français et américains - elle regardait un reportage sur le cinéma français sur sa tablette assise sous les bambous et mon attention avait été attirée par le fait que j'entendais du français. Elle me montre son reportage: Jean Gabin tout jeune, Gérard Depardieu... Toute contente de rencontrer quelqu'un qui vient de la culture qui l'intéresse, elle me montre sa collection de films étrangers puis me donne des conseils de balade à Chengdu.

Et puis j'ai fait des photos, beaucoup de photos de gens. C'est plus facile à Chengdu apparemment. Les gens aiment bien être pris en photo - ou alors ils s'en fichent. C'est peut-être aussi moi qui loin de chez moi me suis sentie plus à l'aise pour jouer les touristes. Il va falloir que j'essaie cette approche à Foshan.

Petite curiosité vue à Chengdu: depuis quelques semaines les gens se collent une fleur, une feuille ou un fruit en plastique sur la tête - quand je dis les gens je veux dire autant les enfants que les adultes, femmes, hommes confondus. Et ceci à toute occasion. Une amie sur FB me dit que cela vient d'un manga: Pikmin - ça y ressemble en effet beaucoup - tendance cosplay généralisée, donc. Bien. Je n'ai pas encore rencontré le phénomène à Foshan mais cela ne saurait tarder, ce genre de mode se répand rapidement en Chine...

J'écrirais une petite série d'articles sur les divers sites visités au cours de la semaine. Cela ne fera pas de mal à ce blog que je le réveille un peu :-)

Photos: des gens rencontrés, pas tous car il faut garder le contexte des sites pour certaines rencontres

Cours de danse sur la Place de la Musique près du Pont d'Anshun

Lutte des classes par la poussette au parc du Peuple

Cowboy lecteur

Parents cherchant un mari pour leurs filles la trentaine passée

Profil des filles à marier
Pour aller plus loin - article

Le plaisir des bulles n'est pas réservé qu'aux enfants

Vendeuse de brochettes de beignets

Le Pont Anshun avec des bulles soufflées par une passante sympa

Femmes fabricant des couronnes de fleurs pour les touristes à Huanglongxi

Jeune vendeuse de Pikmin pour la tendance Cosplay du moment
Article en anglais sur la mode des barettes végétaux sur la tête

Jeune touriste avec sa couronne de fleurs

En Chine les animaux sont de la bouffe ou des jouets

L'auteur de ce blog tente une expérience "bulles dans une forêt de bambous
sous la pluie" prise par une prof d'uni originaire du Heilongjiang qui semble
très motivée à partager mes expériences humides

A Chengdu j'ai visité le Parc du Peuple (seul jour de beau temps), le parc Wangjiang, le Pont d'Anshun, le cottage de DuFu, la rue Jinli, le village "ancien" de Huanglongxi et un spectacle d'opéra du Sichuan. Au moins 5 articles  venir, donc.

jeudi 14 mai 2015

Et c'est sur la pointe des sabots...


... que je m'éclipse discrètement

Je n'aime pas les musées. Donc j'en visite peu. Mais il m'arrive de céder non pas tant à la tentation qu'à l'ennui. Pas envie de rester chez moi mais pas envie non plus d'être dehors (il fait trop chaud et puis la ville... bof) et je déteste plus les centre commerciaux que les musées (je ne déteste pas les musées, je m'y emmerde).

J'ai donc fait une petit tour - il faut bien découvrir sa ville - au Mausolée du roi Nanyue, un tombeau découvert par hasard en 1983 lors de travaux pour construire un centre commercial. La visite du site a cela d'intéressant que c'est un petit musée sur un site authentique. On peut visiter les chambres funéraires et découvrir ainsi qu'assez probablement, les femmes du rois étaient exécutées pour l'accompagner dans son voyage funèbre. Rien à faire, j'ai toujours eu de la difficulté à admirer l'humanité, surtout au travers des livres d'histoire. Certains trouvent cela intéressant, moi je trouve ça sordide. C'est donc dégoûtée et peu intéressée par les restes de ce roi qui se prenait pour un ... roi, que j'ai parcouru les salles et suis tombée sur une pièce pleine d'écrans où défilaient des films de reconstitution historique que regardait un groupe de touristes tandis que leur guide bouélait de rapides explications dans son micro. Il y en a qui ont du souffle. Je m'avançai vers une borne numérique et touchait l'écran tactile - le menu, uniquement en chinois, me proposait plusieurs flèches. Je choisis celle du bas à droite. A peine l'ai-je effleurée, que la fenêtre de cloture du programme de windows apparaît, avec sa petite musique relayée sur les hauts-parleurs tandis que tous les écrans de la salle s'éteignaient. Oups.

Il faut être loufoque pour mettre le panneau de contrôle des écrans d'une exposition sur une borne publique marmonai-je en français tout en quittant très discrètement la salle et le musée tandis qu'un groupe de touriste surpris commençait à me remarquer...


vendredi 1 mai 2015

Cérémonie d'ouverture cantonaise...


... un quotidien cantonais, petit reportage photo.

Depuis que j'habite dans le Guangdong, j'ai vu d'innombrables danses du lion. Parfois dans des sites dédiés, souvent dans la rue, dans mon quartier.

Je reconnais on premier chant du tambour une danse du lion qui commence. Elle signifie parfois un mariage mais la plupart du temps, c'est une nouvelle boutique qui ouvre et qui ne lésine pas sur la dépense pour placer la boutique sous les meilleurs hospices. Or, les boutiques, ici, elles défilent. On les voit ouvrir puis fermer quelques mois plus tard ou alors tenir, ce qui est plus rare. Pour cela, il faut non seulement qu'elles offrent ce que les autres n'offre pas, mais aussi qu'elle trouve sa clientèle. Or, dans mon quartier, la clientèle ce sont les parents d'enfants en bas-âge. Après une brève apparition d'une boutique pour faire nager les bébés, voici qu'a ouvert aujourd'hui une sorte de cabinet médical ludique pour les touts petits. Je dis cabinet médical ludique car je ne sais toujours pas lire or si la devanture est pleine de jouets, les employés sont en blouse blanche et semblent recevoir les parents et discuter. Peut-être un office de conseils ou quelque chose du genre.

Mais là n'est pas l'intérêt de la chose. Car je n'ai pas d'enfants. Non, l'intérêt c'est que pour une fois, tout s'est déroulé au bas de mon immeuble, côté balcon propre (pas celui côté route auquel j'ai renoncé vu la pollution). J'ai donc pu assister à toute la cérémonie depuis le 14ème étage, ce qui est un angle que je n'avis pas encore exploité concernant la dans du lion.

Cela faisait quelques jours déjà que la boutique avait ouvert mais l'enseigne était cachée par un rideau rouge. Il était logique que l'on attende un jour propice et le 1er mai semble être une bonne date. Je ne fus donc pas étonnée d'entendre résonner maladroitement le tambour ce matin. Fleurs devant la boutique, équipe du lion en train de se préparer et les enfants qui s'amusaient avec le tambour et les toison de lion qui reposaient par terre.






De leur côté, l'équipe des danseurs préparent les divers éléments des trois danses: les bancs, le céleri, les cigarettes, les banderolles, les enveloppes rouges et le piquet sur lequel il va falloir monter.

Tout ce matériel concernent surtout les deux dernières danses durant lesquelles les lions vont être attirés par de la nourriture - ici du céleri - qui sera d'abord caché sous une petite pyramide de banc (j'ai filmé la scène) puis au sommet d'un poteau. Avec le célerie, il y a des cadeaux. Les cigarettes et les enveloppes rouges contenant de l'argent d'abord. Il lui faudra aussi, sur le poteau, dérouler deux bannières commémoratives.

On apporte le céleri et la ficelle


Les danseurs attachent des enveloppes rouges aux paquets de cigarettes et
au céleri

On attaache une botte de céler avec des enveloppes rouges au bout
d'un bras mobile fixé au sommet du poteau de fer

On dresse le poteau



Mais avant cela, il faut lancer la cérémonie.

Devant l'échoppe, deux rangées des fleurs gardent l'entrée. A gauche, sur une petite table on dispose les offrandes: fruits, viande (du lard et un poulet) et encens. Quand tout est prêt, les propriétaires, employés (je ne sais pas si c'est une entreprise familiale) et enfants s'aligent avec de petites fusées à confettis. Ca explose, les confettis volent à la grande joie des enfants tandis que les tambours jouent puis on allume l'encens et les lions s'apprichent.

Le propriétaire reçoit un pinceau et on lui tient un plateau d'encre rouge. Il peint un petit poit rouge sur les yeux des lions puis sur son "3ème oeil" argenté, au centre - comme on pourra le voir plus tard sur une photo après la danse, le costume ayant été abandonné dans une bonne position pour le voir.

Ensuite. le propriétaire distribue une enveloppe rouge à chaque lion et les lions exécutent leur première danse, qui est plutôt une danse de salutation et de remerciements. Je l'ai filmée.

Disposition des offrandes

La cérémonie est ouverte!

On allume l'encens tandis que les lions s'approchent

Le propriétaire reçoit un pinceau

et est invité à s'approcher pour peindre un cercle rouge sur les yeux des lions



Il met ensuite des enveloppes rouges dans la gueule des lions




Après la première danse, on installe les bancs pour la seconde danse. Le lion est alors tenté par la nourriture mais hésite devant la difficulté. Il flaire, tourne autour des bancs, tente de se lancer puis renonce et finit par s'y décider. Très expressif, autant dans ses mouvements que dans ses mimiques, il bat des oreilles et cliggne des yeux, se gratte une oreille, frétille de la queue et semble vivant.



Enfin, la troisième danse, que j'ai filmée le lendemain suite à un problème (heureusement le propriétaire s'est offert une seconde tournée, ce qui est rare). A nouveau, le lion hésite, tâte, renifle, recule mais est tenté par la nourriture. Cette fois, il lui faudra aussi dérouler la bannière. Il s'amuse, joue les équilibristes, se repose, cabotine et fait durer l'épreuve avant d'attraper rapidement et aisément la nourriture et les banderoles. Puis il va humblement offrir légumes et petite banderole à la propriétaire.



La cérémonie arrive à sa fin. Les lions visitent le local puis ressortent. On installe alors le ruban rouge, le coupe puis les patrons font tomber la banderole qui cache l'enseigne. C'est fini, les badauds s'éloignent, les curieux entrent, le commerce est ouvert. Restent les fleurs que les gens vont peu à peu emporter. Ce serait dommage de les laisser pourrir.
Le lion se prépare à grimper

Après la danse il visite les locaux. Les enfants le caresse au passage

Fascinante pelure de lion. On peut voir le point rouge peint sur son 3ème oeil.


On cupe le ruban rouge

Et on découvre l'enseigne

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